Loi Macron : la lutte des classes chez les notaires

le
0
Avec sa loi, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a bousculé le monde feutré des notaires (illustration).
Avec sa loi, le ministre de l'Économie Emmanuel Macron a bousculé le monde feutré des notaires (illustration).

Oui, Emmanuel Macron a réveillé d'entre les morts ce bon vieux Karl Marx. Qui l'eut cru ? En tentant de déverrouiller la profession de notaire, il souhaite, à travers sa loi, offrir aux jeunes notaires salariés la possibilité de s'établir et de devenir à leur tour maître de leur office. Une intention certes louable mais qui a réveillé, dans le monde feutré du notariat, une sourde lutte des classes entre trois catégories : au sommet de la pyramide, les quelque 9 651 notaires plénipotentiaires qui sont, pour 7 048 d'entre eux, associés au sein d'études partagées (on en compte 2 984). Depuis des mois, ils défendent bec et ongles les acquis plutôt confortables de leur profession.Juste en dessous se trouvent les notaires salariés. Beaucoup moins bien payés, ils possèdent bien le diplôme, les compétences, mais ils n'ont pas pu ou voulu acheter une charge et se trouvent donc dans la position de vendre leur force de travail en espérant qu'un jour les propriétaires de l'office leur accordent soit une part du capital, soit la totalité de la charge elle-même. C'est à eux qu'Emmanuel Macron s'adresse quand il entend, par sa loi, permettre le développement de la concurrence par l'installation de nouveaux offices notariaux. C'est grâce aux notaires salariés que les grosses études peuvent traiter de nombreux actes par jour. Or, il n'y a pas de différences de nature entre le travail d'un notaire et celui d'un notaire salarié. C'est en jouant sur cette...

Lire la suite sur Le Point.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant