Logements sociaux à Paris : l'UMP en guerre contre Hidalgo

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La volonté municipale de préempter des appartements provoque un séisme à droite.

Anne Hidalgo vient-elle de mettre le feu à la capitale? En annonçant son intention de préempter 8 021 logements parisiens au sein de 257 immeubles en copropriété, la maire de Paris provoque la fureur dans les rangs de l’UMP. La délibération sera soumise au vote du Conseil de Paris le 15 décembre, au nom d’une politique de «cohésion sociale» conçue théoriquement pour favoriser la «mixité de palier».

Les immeubles visés se trouvent dans les IIe, Xe, XIe, XIIe, XVe, XVIIe, XVIIIe et XXe arrondissements.

Cette nouvelle possibilité offerte à la municipalité parisienne, lui permettant d’appliquer un droit de préemption urbain renforcé (DPUR), est une révolution immobilière car, jusqu’à présent, la mairie ne pouvait préempter que des blocs d’immeubles.

Ian Brossat, adjoint au logement (PCF), souligne qu’il s’agit d’un engagement pris pendant la campagne électorale. L’ambition est de respecter le quota de 25 % de logements sociaux dans la ville de Paris, qui doit en produire près de 7 000 par an. La préemption d’appartements est donc considérée comme un levier supplémentaire et complémentaire de la construction.

Paris veut ainsi défendre une politique de mixité sociale «à l’échelle de la cage d’escalier». Ian Brossat affirme que l’objectif est de maintenir les classes moyennes dans la capitale tout en essayant de développer le logement social dans l’Ouest parisien. Les préemptions d’appartements seront aussi privilégiées dans le parc d’immeubles des classes moyennes et populaires.

Pour Claude Goasguen, maire du XVIe arrondissement, la nouvelle est une bombe. «Ils sont complètement dingues, tempête l’élu, c’est mettre Paris sous cloche et foutre en l’air les classes moyennes.» Des classes moyennes déjà très sollicitées, selon lui, sur le plan fiscal et victime désormais de la «double peine».

Le député estime aussi qu’une telle décision, qu’il qualifie de «phase ultime de l’archéo-socialisme», correspond simplement à une politique du chiffre conduite dans un contexte où la mairie parisienne se heurte à la baisse des constructions et à l’hostilité d’associations de riverains, de plus en plus puissantes et structurées. Selon lui, ce «travail de gribouille» se traduira inévitablement par des ventes figées à cause d’une hausse mécanique des prix.

Claude Goasguen s’inquiète également, en imaginant la gestion «considérable» que cela impliquera dans une ville qui sera endettée à hauteur de sept milliards d’euros en fin de mandature, il fustige la politique d’Anne Hidalgo qui prétend ne pas vouloir augmenter les impôts alors que, selon lui, l’élue socialiste «augmente tout». «Cantines, conservatoires, stationnement, fourrières, contraventions… c’est une fuite en avant. La situation s’aggrave. La maire de Paris est soumise à une surenchère de gauche.»

Pour le député UMP Pierre Lellouche cette mesure «idéologique» est «incompréhensible». Il y voit une volonté municipale d’imposer une «discrimination positive au détriment des classes moyennes.» Il pense que cela fera fuir les petites classes moyennes de la capitale en asséchant encore davantage le marché immobilier. Il estime aussi qu’en «bidouillant des logements existants», un tel changement de la sociologie parisienne est «contre-productif» et «discriminatoire.»

S’il assume totalement la volonté municipale d’empêcher Paris de devenir un «ghetto de riches», Ian Brossat assure que les classes moyennes ne sont pas visées. «L’objectif est bien de maintenir les locataires dans leur logement, promet-il. 70 % des Parisiens sont éligibles aux logements sociaux puisque le plafond de revenu est élevé à 8 000 euros mensuel pour un couple.»

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