Logement : les mesures complexes de Sarkozy

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Les promoteurs ne sont pas persuadés que l'augmentation des droits à construire de 30% fera baisser les prix.

En annonçant l'augmentation du COS (coefficient d'occupation des sols) de 30% et la cession de terrains constructibles de l'État, Nicolas Sarkozy poursuit deux objectifs: produire plus de logements et faire baisser leurs prix. Une nécessité car il manque 900.000 appartements et maisons en France et les ménages consacrent généralement plus de 30% de leur budget pour se loger.

Une préoccupation devenue un thème de campagne à la satisfaction des professionnels de l'immobilier. «Les candidats à la présidentielle ont pris conscience de l'ampleur du problème, ce qui n'était pas gagné il y a quatre mois», souligne Guy Nafilyan, PDG du promoteur immobilier Kaufman & Broad.

Sur les solutions proposées par le président de la République, en revanche, les acteurs du secteur se montrent plus circonspects. «Nicolas Sarkozy n'est pas allé au bout de son raisonnement, estime Alain Dinin, PDG du promoteur Nexity. Il n'a pas plafonné le prix du foncier et les prix de vente des logements. Or, aujourd'hui, avec la hausse des taux d'intérêt, la mensualité des Français, à achat équivalent, a augmenté de 14% en un an.» En clair, sans baisse des prix, il n'est pas certain qu'il y ait suffisamment d'acquéreurs solvables pour ces logements supplémentaires.

Quant à la mise en œuvre du relèvement du COS, elle soulève pas mal d'interrogations. «Les propriétaires apprécient rarement qu'on construise des immeubles plus hauts dans leur quartier, estime François Bertière, PDG de Bouygues immobilier, par ailleurs plutôt favorable à cette augmentation du COS. On risque donc d'assister à une explosion des recours contre les permis de construire.»

Terrains plus chers

Autre souci, avec des droits à construire revus à la hausse, les propriétaires de terrains vont forcément tenter de vendre leur bien plus cher. Enfin, les maires qui jusqu'ici avaient la haute main sur le COS ont toujours des moyens de s'opposer à des projets d'immeubles neufs plus haut. Surtout, les élus de gauche pas fâchés de contrarier Nicolas Sarkozy. Ainsi, lundi, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a affirmé qu'il s'opposerait à ces mesures dans la capitale.

Compte tenu de ces éléments, François Bertière trouve un peu optimistes les prévisions du secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, de construire 40.000 logements supplémentaires par an. D'autant plus qu'il ne faut pas attendre que des immeubles soient surélevés. «Les propriétaires ne voteront jamais à l'unanimité un tel projet», souligne Étienne Ginot, président de l'Unis, syndicat professionnel des administrateurs de biens et des agents immobiliers.

Quant à l'accélération des ventes de terrains de l'État, tout le monde la salue. Encore faudra-t-il que ces cessions soient réalisées plus vite que par le passé. Chez Bouygues, on se souvient d'avoir gagné un concours pour construire 1500 logements au fort d'Issy-les-Moulineaux, une propriété de l'armée. Finalement, les premiers appartements ont été livrés onze ans plus tard. Compte tenu de ces éléments, il ne faut pas attendre des résultats trop rapides de ces mesures. «Elles ne porteront pas leurs fruits avant 2013», analyse Guy Nafilyan.

 

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  • glebret5 le mardi 31 jan 2012 à 12:29

    Il faut augmenter la surface de terrains constructibles.. en baissant le prix des terrains en campagne ou en province, vous ferez baisser les prix parisiens..Faciliter les révisions du PLU, et favoriser les communes qui augmentent leur surface de terrain à bâtir..

  • M4984827 le mardi 31 jan 2012 à 11:17

    tres bonne idee ce surcos de 30 % car la france n'est pas Paris et beaucoup de foncier pourrontabsorbes cette constructibilite sans forcement sureleve.Pour les vendeurs de foncier il y aura plus d'acquereurs, les promoteurs auront une incidence fonciere moins importante et cela devrait impacter les prix de ventes dans la grande majorite des operations immobiliere. Effectivement la ou il y a penurie ce sera moins vrai mais il y aura plus d'offres.Chapeau bas a notre President.