Logement : l'appel d'Ayrault aux banques et aux assureurs

le
10
Le premier ministre veut réunir une table ronde dans les prochaines semaines pour inciter les institutionnels à financer des logements neufs.

Alors que le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ouvrait le congrès HLM à Rennes mardi matin, les chiffres de la construction communiqués au même moment ont montré qu'il y avait urgence à agir dans ce domaine. Entre juin et août, les mises en chantier de logements neufs ont chuté de 10%. Du coup, entre septembre 2011 et août 2012, on aura construit 341.800 logements. On est bien loin de l'objectif fixé par François Hollande: bâtir 500.000 logements par an.

Pour y parvenir, Jean-Marc Ayrault compte sur la cession gratuite des terrains et l'obligation de construire 25% de HLM contre 20% aujourd'hui. Des dispositions contenues dans un projet de loi examiné actuellement à l'Assemblée nationale. Mais, mardi, il a évoqué une nouvelle piste: inciter les institutionnels (banques, compagnies d'assurance, foncières...) à financer la construction de logements neufs. «Les investisseurs institutionnels se sont en partie retirés de ce marché, explique-t-il. Je souhaite qu'ils y reviennent. Je réunirai prochainement (NDLR dans les prochaines semaines) à Matignon une table ronde avec les compagnies d'assurance, les banques et les autres principaux investisseurs pour établir avec eux un diagnostic des raisons de leur retrait et déterminer les moyens de leur remobilisation.»

«Il faudrait au moins des avantages fiscaux»

Une proposition qui ne va pas déclencher, a priori, l'enthousiasme des entreprises concernées. Si elles ont préféré investir dans l'immobilier de bureau et dans les centres commerciaux, c'est que le rendement est bien supérieur à celui généré dans le logement. Sans compter que la gestion d'un parc d'appartements avec une multitude de particuliers locataires est beaucoup plus chronophage que des relations avec quelques entreprises qui louent plusieurs milliers de m2 dans une tour à La Défense. «Revenir dans le logement ne nous enchante pas, explique le patron d'une petite foncière. Pour faire passer la pilule, il faudrait au moins des avantages fiscaux.» Une idée pas vraiment dans l'air du temps alors que l'heure est aux économies budgétaires.

En fait, sur le terrain, des experts planchent depuis quelques mois pour trouver une solution admissible par tout le monde. Une des pistes? «Que les institutionnels achètent du logement avec des structures dédiées où ils mettraient 30 à 40% de fonds propres et emprunteraient le reste, explique un spécialiste. Et pour qu'ils aient de revenus immédiats conséquents, les organismes HLM leur rachèteraient 3 à 5% de leur patrimoine chaque année.»

LIRE AUSSI:

» Logement social: la cession des terrains de l'État votée

» L'ex 1 % Logement mis à contribution pour les HLM

» Le gouvernement dévoile l'après-Scellier

» «Un dispositif fiscalement plus incitatif, mais plus exigeant»

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1158399 le jeudi 27 sept 2012 à 10:20

    Chercher l'origine d'un problème simple à comprendre démontre s'il en était besoin combien il est facile d'occuper pendant des semaines et des semaines des fonctionnaires sérieux bardés de diplômes à ne rien faire sinon d'écrire des évidences que chacun est capable de comprendre.

  • laeti453 le mercredi 26 sept 2012 à 23:41

    que les bons à politicarder continuent..... nous allons droit dans le mur!les vérités sont simples.....- le vrai salaire minimum est celui que quelqun accepte dans le monde pour un travail donné.-la démographie a imposé à l'usine France le recours à une immigration massive accélérée par le modèle social .-comment concurrencer les mêmes pays d'ou vient cette main d 'oeuvre ou les mêmes gens travaillent à des salaires 10 fois moindres?etc etc

  • gepadtun le mercredi 26 sept 2012 à 19:36

    Quel rapport avec les banques ? Si le pékin veut emprunter plus qu'il ne peut, la banque ne suit pas, épicétout. Du coup, le pékin est moins solvable et les prix baissent faute de pékins. Au final le pékin emprunte moins et la banque suit normalement. C'est un problème de bulle immobilière.

  • saumon-m le mercredi 26 sept 2012 à 17:40

    Nest-ce pas le député phippe meunier qui disait lundi : "si les Français ont une idée très négative des logements sociaux, c'est uniquement dû au fait qu'ils sont très souvent attribués d'abord à des ressortissants étrangers". Le GVT s'attaque aux conséquences mais toujours pas aux causes !!!

  • saumon-m le mercredi 26 sept 2012 à 17:33

    Ayrault devient pathétique !Vu qu'en France la loi protège plus les locataires que les propriétaires (à l'inverse de l'Allemagne qu'ils prennent souvent comme référent), on comprend que les investisseurs freinent des quatre fers !

  • M3115769 le mercredi 26 sept 2012 à 17:15

    Pourquoi les institutionnels se détournent du logement au profit des bureaux ?Parce qu'on empêche les propriétaires de logements de virer des locataires mauvais payeurs, contrairement aux entreprises qui ne paient pas la location de leurs bureaux.

  • akelacca le mercredi 26 sept 2012 à 16:58

    Chercher l'origine d'un probleme est le premier pas vers la solution. Donc moi je salue le fait qu'ils aient décidé de rencontrer les grands investisseurs long termes pour comprendre pourquoi le marché n'est plus interessant pour eux.Apres faudra voire si ils sont pres a accepter de vrais solutions en s'attaquant a la source du probleme. Ou si on aura encore des rustines, ce qui est hélas plus probable.

  • cyrgod le mercredi 26 sept 2012 à 14:28

    C'est bien de faire appel aux assureurs après leur avoir déjà fait mettre la main à la poche dans la santé et l'assurance vie entre autre chose. On veut maintenant leur demander de gagner moins en travaillant plus pour faire plaisir au gouvernement. A mourir de rire si ce n'était pourtant la réalité ... Le changement c'est maintenant.

  • M1310580 le mercredi 26 sept 2012 à 12:22

    les socialos idéalistes qui crachent sur les investisseurs comprennent qu'ils ont besoin d'eux maintenant, mais qu'est-ce qu'ils croient que ces mêmes investisseurs vont se laisser rouler dans la farine, faire de beaux logements pour des cas sociaux et qui ne rapporteront rien en retour d'investissement, on donne pas de la confiture aux cochons !

  • march.ma le mercredi 26 sept 2012 à 12:01

    ...surtout si c'est pour gérer des logements avec -20% sur le loyer moyen sur le secteur; question : comment sera calculé le loyer "moyen" du secteur...?...et dans quels secteurs ??? seront-ils "attractifs" pour les investisseurs et les locataires ; les locataire qui ont loué dans du scellier n'auront-ils pas intérêts de quitter leur scellier pour des loyers 20% moins chers, etc...etc....