Logement : de nouvelles mesures attendues

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Les mises en chantier atteignent leur plus bas niveau depuis 1998.

Alors qu'il manquerait en France environ 800.000 toits, selon les acteurs de l'immobilier, Matignon planche sur de nouvelles dispositions pour favoriser la construction. Harlem Désir, le secrétaire d'État aux Affaires européennes, l'a confirmé mardi matin sur RMC: «Des mesures urgentes vont être annoncées rapidement parce que la relance de la construction de logements est une priorité.» François Hollande avait déjà placé la crise du logement au c½ur de sa campagne présidentielle. Il s'était alors engagé sur un rythme de construction de 500.000 logements par an pendant son quinquennat. Cet objectif devait être atteint grâce à un vaste choc foncier.

Las! Depuis trois ans, malgré de multiples engagements, les mises en chantier n'ont pas dépassé les 350 000 logements. Et la production, anticipée par les dépôts de permis de construire, s'annonce encore plus mauvaise pour 2014 et 2015. Les statistiques du deuxième trimestre 2014 ont ainsi révélé une nouvelle chute des mises en chantier dans le neuf de 19 % en un an. Elles atteignent un point bas depuis 1998. Ce ralentissement de l'activité plonge le secteur du BTP et l'ensemble de ses salariés dans une crise inédite.

Harlem Désir n'a pas précisé, mardi matin, le calendrier ou la teneur des futures mesures. Dans l'entourage de Sylvia Pinel, la ministre du Logement et de l'Égalité des territoires, on précise qu'aucune annonce n'est à attendre pour le Conseil des ministres de ce mercredi. Les réflexions devraient aboutir dans le courant du mois de septembre.

Simplifier la construction

Début juillet, Manuel Valls s'était également engagé sur ce terrain. Le premier ministre avait réuni les professionnels du logement - promoteurs, constructeurs, bailleurs sociaux, banques... - pour entendre leur opinion sur la dégradation de la conjoncture. Il leur a donné un nouveau rendez-vous en octobre. À la sortie de cette rencontre, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), François Payelle, avait déclaré: «Un nouveau train de mesures est en réflexion et pourrait figurer dans le projet de loi de simplification ou le projet de loi de finances 2015.»

En juin, le gouvernement s'était accordé sur un premier plan de relance avec deux mesures clés: élargissement du prêt à taux zéro pour aider à l'acquisition de logements et plafonnement des honoraires des agences immobilières. À défaut du choc de l'offre initialement promis, le gouvernement s'est donc résigné à jouer classiquement sur la demande des ménages. Cinquante mesures de simplification des normes et des procédures dans la construction ont également été adoptées. Elles devraient être complétées en octobre par un nouveau panel. Les professionnels tablent aussi sur un aménagement du dispositif défiscalisant «Duflot» pour l'investissement locatif qui permettrait de louer à ses ascendants ou descendants.

Ils espèrent surtout l'abandon par Matignon des dispositions de la loi Alur (pour un accès au logement et un urbanisme rénové). Cette loi portée par l'écologiste Cécile Duflot quand elle était ministre du Logement a été votée en février dernier. Le texte prévoit notamment l'encadrement ou la garantie universelle des loyers.

À la demande des professionnels qui décriaient la lourdeur des nouvelles formalités et jugeaient la loi responsable du blocage du secteur, le Parlement a déjà commencé à la détricoter. Le sujet reste toutefois sensible politiquement. Le premier ministre ne s'est pas prononcé officiellement sur ce texte très favorable aux locataires. La définition des décrets d'application ne semble pas une priorité. Sur les 208 décrets prévus, seuls trois ont été pour l'instant publiés au Journal officiel.

Le livre de Cécile Duflot va provoquer quelques vagues...

De l'intérieur. Voyage au pays de la désillusion. Ce livre de Cécile Duflot relatant son expérience au gouvernement, à paraître chez Fayard le 25 août et rédigé avec la journaliste Cécile Amar, s'annonce comme l'un des livres événements de la rentrée politique pour son potentiel polémique.«Un récit sincère», assure l'ex-ministre, «personnel mais politique». Dans un extrait publié par Le JDD, Duflot assure avoir «essayé d'aider le président de la République à tenir ses promesses, de l'inciter à changer la vie des gens, de le pousser à mener une vraie politique de gauche». «Et j'ai échoué, écrit-elle. Alors je suis partie.»

Ce livre va alimenter les discussions des écologistes lors de leur université d'été à Bordeaux, de jeudi à dimanche. Invité mardi d'Europe 1, le président du groupe des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, a, lui, préféré botter en touche, indiquant ne pas l'avoir lu. Mais dans un entretien à Valeurs actuelles, mi-août, il a regretté le départ des écologistes du gouvernement. «Je ne comprends pas que nous ayons fait le choix de l'isolement alors que la Conférence climat se tiendra en France à la fin 2015, et qu'on nous proposait le renforcement de notre poids à l'intérieur du gouvernement.» Pour lui, l'incapacité de justifier politiquement «ce départ en signe l'incohérence».

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  • danquign le dimanche 24 aout 2014 à 13:20

    Si les logements étaient moins chers, ça permettrait de dépenser et de consommer.Vivement un krach des prix de l'immobilier !

  • ccoudra2 le vendredi 22 aout 2014 à 14:50

    encore un choc, choc foncier cette fois-ci .... les socialistes n'ont à la bouche que le mot choc ...

  • supersum le mercredi 20 aout 2014 à 08:11

    Si leur réflexions et leur commissions aboutissent on est sauvé, enfin presque les investisseurs eux ont déjà fait leur choix et ils ne reviendront pas de si tot

  • CHAKHO le mercredi 20 aout 2014 à 04:03

    Au lieu d investir dans la recherche et l innovationles francais preferent acheter de l immobilier qui nene produit aucune richesse. On s etonne ensuite quela France va mal

  • croixv le mardi 19 aout 2014 à 23:47

    immobilier, emploi salarié, même combat. Quand nos gouvernants (et le peuple ...) comprendra que les malfaisants doivent pouvoir être virés sans complications on aura fait un grand pas. Pas demain la veille ? Il faut SIMPLIFIER les lois et les codes.

  • M5061253 le mardi 19 aout 2014 à 20:58

    jardiniers,agents immobiliers,et j'en passe.J'avais une vision sociale dla location de logements,je ne l'ai plus,je le regrette,mais ce n'est pas ma faute.

  • M5061253 le mardi 19 aout 2014 à 20:56

    Revoyez les relations locataires/ propriétaires,,et vous aurez fait un grand pas en avant.Oourquoi pensez vous qu'un propriétaire,qui n'a pas volé son bien,continue à avoir une vie IMPOSSIBLE,(je dis bien impossible)alors qu'il peut vendre et trouver des placements plus rentables et sans problèmes.Tout le monde n'est pas "maso".Pour ce qui me concerne ,je mets en vente petit à petit,et ne dépense plus que le strict minimum.Plus de frais de menuisiers,plombiers,électriciens,architectes, gérants

  • vlatour1 le mardi 19 aout 2014 à 20:48

    Mais c'est vrai qu'à force de décourager les investisseurs...et de les taxer à tout va pour entretenir Mr et Mme Glandeur il n'y a pas de miracle

  • vlatour1 le mardi 19 aout 2014 à 20:47

    Juste une précision, nos ELUS ne sont pas fonctionnaires, je n'irai pas jusqu'à dire que tout est parfait mais ce n'est pas pire que la plupart des boites du privé... Donc la diffamation pourquoi pas mais en connaissance de cause merci pour eux

  • villanti le mardi 19 aout 2014 à 20:20

    le summum des foireux ou comment détruire aussi le bâtiment en France : vive nos winners fonctionnaires !