Logement : attention aux vendeurs de listes

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Depuis leur apparition vers la fin des années 70, les marchands qui commercialisent des listes de biens à louer suscitent plaintes et polémiques. Malgré les mises en garde, l'activité demeure.

L'UFC-Que choisir vient de porter plainte contre 13 enseignes spécialisées dans la vente de listes d'annonces immobilières. Pour Alain Bazot, le président de l'association, ce sont des «marchands de vent», un service où «on paie pour être moins bien servi qu'avec des annonces gratuites, c'est un comble». Selon l'enquête menée par l'association de consommateurs, ces professionnels qui fournissent contre paiement des listes de biens censés être disponibles à la location cumulent les mauvaises pratiques. Ils entretiennent notamment la confusion sur leur activité réelle en essayant de se faire passer pour des agents immobiliers et fournissent des listings qui ne correspondent pas aux demandes des clients et qui sont rarement mis à jour. Pire, ils demandent à être payés avant de fournir leur précieuse liste, contrairement à une obligation légale qui leur est faite.

Apparue vers la fin des années 1970, l'activité s'est développée avec la crise du logement. Se présentant, comme c'est toujours le cas, comme des «agences de location sans commission», les vendeurs de listes se sont multipliés en faisant miroiter un coût bien moindre que des frais d'agence immobilière. Pourtant leur prestation n'est en rien comparable, ils ne garantissent aucun résultat et ne peuvent signer de bail.

La fraîcheur des annonces en question

Face au nombre grandissant de plaintes, l'activité a été un peu plus réglementée. Depuis 1995, les vendeurs de listes doivent être titulaires d'une carte professionnelle et depuis 2004, ils se doivent de présenter leur liste au client avant d'en réclamer le paiement. En 2010 et 2011 encore, une enquête de la DGCCRF établissait de nombreux manquements aboutissant à des sanctions contre certains marchands. À noter: si les marchands ont obligation d'avoir l'accord du propriétaire du bien qui figure sur leur liste, rien n'est évoqué sur la «fraîcheur» et la précision de la liste.

Si les mauvais comportements persistent, c'est que le métier peine à prouver son utilité, coincé entre les agents immobiliers, plus chers mais avec des prestations beaucoup plus larges et payées lorsqu'on est logé, et les annonces disponibles gratuitement sur Internet, plus nombreuses et mieux mises à jour selon l'UFC-Que choisir. Donc pour attirer le chaland, il faut ruser. Le client est souvent appâté par des petites annonces de biens à louer tandis que les points de vente évoquent des services qu'ils n'effectueront pas, comme les visites, états des lieux et autres signatures de bail. Surtout, la quasi-totalité de ces marchands se font payer avant de fournir leur document. Dans certains cas de figure le service fourni est chèrement payé: 450 euros à Paris pour une liste... de 3 annonces.

Adresses exclusives

Dans ces conditions pourquoi ne pas tenter d'interdire l'activité? «Ce n'est pas notre approche, résume Alain Bazot. Comme pour le crédit revolving nous préférons que l'activité soit encadrée strictement et laisser le marché faire le ménage». De son côté, la Fnaim (Fédération nationale de l'immobilier) préférerait voir réformer la loi Hoguet qui encadre les métiers de l'immobilier (mais ne s'applique pas pour l'instant aux marchands de listes). «J'ai toujours refusé l'adhésion de ces professionnels à notre fédération, explique René Pallincourt. Le texte qui régit leur activité n'est pas assez clair, ils n'ont pas d'obligation de résultat, ni même vraiment de moyens. Et leurs clients paient sans savoir vraiment ce qu'ils achètent.»

À défaut d'être florissant, ce commerce comporte aujourd'hui encore de nombreuses enseignes dont certaines disposent d'une dizaine d'agences principalement installées dans les villes universitaires. Pour lever toute ambiguïté, sachez que tout professionnel qui vous prélèvera des frais sous une appellation quelconque pour pouvoir visiter un logement est forcément un marchand de liste. Ensuite, pour ceux qui souhaitent recourir à ce service en toute connaissance de cause, il convient de s'assurer que la liste comporte des adresses exclusives, seule valeur ajoutée du service.

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  • tassi le mardi 28 aout 2012 à 17:20

    Il faut légiférer, et si des lois existent alors... il faut les faire appliquer!