LODH : "Nous ne sommes pas encore au point bas"

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Jean-Louis Nakamura, président du directoire de LODH (Lombard Odier Darier Hentsch Gestion), prône la prudence.

Après le rebond du début de semaine, les marchés connaissent à nouveau un fort repli, et ce malgré les efforts conséquents des politiques. Les marchés peuvent-ils se redresser tout seul ?

Jean-Louis Nakamura : Les marchés finissent toujours par se redresser seuls. Cela ne veut pas dire que la politique économique n’influe pas sur leur comportement et leur évolution. Je ne dirai pas que les récentes mesures européennes n’ont pas eu d’influence car d’une certaine façon elles ont permis d’éloigner le risque d’un chaos financier total, come cela a pu être le cas au moment des annonces de faillites bancaires.

Malgré tout, le marché ne semble pas réagir à ces mesures. Comment l’expliquez-vous ?

J-L. N. : En réalité, les marchés sont passés d’un risque à un autre. Il y a 3 semaines, la très forte baisse était du à la crainte que le système financier pouvait se désintégrer. La nouvelle chute des marchés de cette semaine est due à une acceptation du pessimisme. Les marchés ont intégré que l’économie réelle allait se dégrader. Nous assistons aujourd’hui à un réalignement de l’appréciation consensuelle des perspectives économiques vers un scénario de récession mondiale, voire de dépression et de déflation.

Malgré cette baisse assez constante depuis plusieurs semaines, on a assisté également à de très fortes chutes du Dow Jones notamment.

J-L. N. : Il s’agit du phénomène dit de « déleveraging ». Certains acteurs ont une stratégie d’achat d’actifs risqués qui repose sur le recours à la dette. Dans la précipitation, ces acteurs doivent éliminer leur effet de levier, c’est-à-dire vendre. Il y a donc des flux vendeurs extrêmes. A part certaines exceptions, les baisses intervenues ces dernières semaines sont intervenues dans des volumes très modérés. Cela signifie que nous sommes dans des scénarii de survente où des acteurs ont besoin de déboucler des positions et ainsi tirent le marché à la baisse. Pour que l’on constate une vraie capitulation sur les marchés, il faut des volumes. A l’heure actuelle, et dans une perspective de moyen terme, nous ne sommes pas encore arrivés au point bas des marchés.

Aujourd’hui certains gérants conseillent de redevenir agressifs sur les marchés. Or c’est un discours très difficile à entendre pour les particuliers. Quelle est votre position ?

J-L. N. : Notre politique d’investissement est très prudente. Nous ne voyons pas l’intérêt d’être les premiers dans la hausse. La probabilité d’être dans les débuts d’une phase durable à la hausse nous parait très faible. Notre approche est patrimoniale. En termes de balance des risques, ce n’est pas le moment de redevenir agressif sur les marchés. Ceux qui ont du temps peuvent certes y revenir mais de façon progressive.


Propos recueillis par Lucie Morlot


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