Livrets d'épargne : l'offensive des banques en ligne

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Face à la surenchère des banques de réseaux, certaines remontent leur taux de rémunération.

À l'heure où la concurrence s'intensifie sur le marché de l'épargne en ligne, Cortal Consors veut redonner de la voix. La filiale de BNP Paribas spécialisée dans l'épargne et le courtage en ligne vient de lancer une campagne d'image dont l'objectif est de renforcer sa notoriété. Elle rappelle notamment qu'elle a été à l'origine de plusieurs innovations sur le marché de l'épargne, comme la commercialisation de l'ensemble des sicav. L'établissement en ligne y met les moyens, avec un budget de communication en hausse de 30%. «Ces dernières années, nous avons moins investi que nos concurrents», admet Benoît Gommard, directeur général de l'enseigne qui revendique 530.000 clients et espère en conquérir 25.000 à 40.000 par an.

À travers cette campagne, Cortal Consors se démarque de la majorité de ses concurrents directs (BforBank, ING Direct, Fortuneo...) en mettant l'accent sur le conseil patrimonial personnalisé. Et, en proposant un livret d'épargne rémunéré 3,25% pendant un an (2,23% net), alors que la majorité des offres promotionnelles réservées aux nouveaux clients culminent à 4% ou 6% brut, pendant trois mois. La banque en ligne espère de cette façon retenir des épargnants de plus en plus volages, prompts à faire la chasse aux bonnes affaires.

Des clients plutôt riches

D'autant que le marché de l'épargne est très bataillé. Les banques en ligne, qui ont fait des livrets leur produit de conquête (selon une enquête du Credoc pour Monabanq, 56% de leurs clients en possèdent au moins un) doivent désormais faire face à l'offensive des banques traditionnelles. «Nous avons davantage de difficultés à faire valoir notre différence», reconnaît André Coisne, directeur général de BforBank, filiale du Crédit agricole.

En cause? Les nouvelles règles prudentielles (dites de Bâle 3) qui exigent qu'à l'avenir les banques aient plus de fonds propres et des actifs facilement mobilisables, donc plus «liquides». Résultat, celles-ci orientent de plus en plus l'épargne de leurs clients vers des livrets bancaires et autres compte à terme. Au cours des 4 premiers mois de l'année, les livrets non réglementés ont ainsi drainé près de 10 milliards d'euros d'épargne.

Pour rester compétitives, les banques à distance multiplient les innovations marketing (taux promotionnels réservés aux premiers clients...). Elles se veulent aussi optimistes. D'autant que, selon l'étude du Credoc, «près de 31% des clients envisageraient d'en faire leur banque principale». Des clients d'autant plus intéressants qu'ils sont financièrement au-dessus de la moyenne: plutôt riches, jeunes, parisiens et diplômés. Ils détiennent aussi davantage de produits financiers que la moyenne...

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