Lisbonne va couper dans la dépense après la censure des "Sages"

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LISBONNE MAINTIENT SES OBJECTIFS MALGRÉ LA CENSURE DES "SAGES"
LISBONNE MAINTIENT SES OBJECTIFS MALGRÉ LA CENSURE DES "SAGES"

par Andrei Khalip et Sergio Goncalves

LISBONNE (Reuters) - Le Premier ministre du Portugal, Pedro Passos Coelho, a annoncé dimanche soir que les dépenses publiques seraient réduites pour compenser l'invalidation par la Cour constitutionnelle de plusieurs mesures de son plan d'austérité et respecter les objectifs budgétaires du pays.

Les treize "Sages" ont censuré vendredi soir une partie des mesures d'austérité adoptées par le gouvernement. Leur décision devrait priver l'Etat d'au moins 900 millions d'euros de recettes et d'économies (des médias portugais avancent une estimation de 1,3 milliard d'euros).

Soulignant que le Portugal devait éviter d'avoir à négocier un second plan de sauvetage avec ses partenaires européens et le FMI, Pedro Passos Coelho a estimé qu'il n'était pas possible de compenser ce manque à gagner en augmentant encore les impôts.

La réduction des dépenses publiques constitue donc le seul moyen de pallier l'invalidation de quatre des neuf mesures du plan d'austérité.

S'exprimant à la télévision, Passos Coelho a déclaré que la décision de la Cour constitutionnelle constituait "des obstacles et des risques sérieux" pour l'exécution du budget cette année et en 2014.

Mais il a réaffirmé dans le même temps l'engagement de son gouvernement à mettre en oeuvre le programme d'ajustement des finances publiques et de l'économie portugaise dans le cadre du plan de renflouement de 78 milliards d'euros négocié avec l'UE et le FMI en 2011.

"Nous n'hésiterons pas", a-t-il dit. "Notre gouvernement est lié par tous les objectifs de ce programme."

Lisbonne s'est engagé à ramener son déficit public de 6,4% du PIB en 2012 à 5,5% cette année.

La Cour constitutionnelle a censuré la baisse programmée des primes de vacances dont bénéficient les fonctionnaires et les retraités. De même, les diminutions des indemnités-maladie et des indemnités-chômage ont été jugées contraires à la constitution.

Les hausses d'impôts, d'une ampleur sans précédent de mémoire d'homme, ont en revanche été validées.

Pour les économistes, cette censure partielle ne devrait pas remettre en question la trajectoire d'assainissement des finances publiques portugaises, qui prévoit au total des mesures d'austérité de l'ordre de 5 milliards d'euros pour le budget 2013.

Elle fragilise un peu le Portugal avant une réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro cette semaine à Dublin, au cours de laquelle une prolongation de l'échéance de prêts accordés au Portugal et à l'Irlande devrait être approuvée.

Passos Coelho a déclaré cependant que son ministre des Finances, Vitor Gaspar, ferait tout pour protéger les intérêts du Portugal et obtenir cette prolongation, que le gouvernement juge essentielle afin de réussir la sortie du programme de renflouement, prévue en 2014.

Henri-Pierre André pour le service français

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  • M9095115 le lundi 8 avr 2013 à 06:08

    Au moins le Portugal va couper les dépenses publiques ce que la France n'a pas fait mais va devoir faire.