LinkedIn dans le collimateur du fisc français

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Le réseau social professionnel a fait l'objet d'une perquisition dans le cadre de la lutte contre les techniques d'optimisation fiscales de multinationales.

Six. C'est le nombre de multinationales officiellement dans le viseur du fisc français. Après Microsoft, Google, Amazon, Facebook et eBay , LinkedIn est venu grossir la liste. D'après une information révélée par Le Point , le réseau social pour professionnels a fait l'objet d'une perquisition du fisc dans ses locaux parisiens le 21 février dernier. L'information a très vite été confirmée par la société: «A l'instar d'autres sociétés du secteur technologique, LinkedIn France SAS a reçu la visite des autorités fiscales françaises dans ses locaux parisiens», explique-t-elle. «Nous estimons être en conformité avec les règles fiscales françaises et internationales applicables, et avons pleinement coopéré avec les autorités et coopérerons à nouveau si cela est nécessaire», est-il indiqué dans un communiqué transmis à l'AFP

Le fisc soupçonne LinkedIn, comme d'autres multinationales essentiellement américaines, de pratiquer des techniques d'optimisations fiscales qui lui permettent d'éviter un impôt sur les sociétés trop lourd en France. «Les enquêteurs se sont présentés en fin de matinée au 14, avenue d'Eylau, dans le 16e arrondissement de Paris, et ont notamment demandé l'accès au contenu des ordinateurs des employés», écrit l'hebdomadaire sur son site internet.

Avant LinkedIn, eBay a fait l'objet de deux contrôles fiscaux et d'un redressement de 7 millions d'euros. Amazon a de son côté annoncé en novembre dernier que l'Etat lui réclamait 252 millions de dollars en arriérés d'impôt et pénalités. A chaque fois, les sociétés contestent les montants. Aujourd'hui encore, LinkedIn estime «être en conformité avec les règles fiscales françaises et internationales applicables» et assure vouloir «pleinement coopér(er) avec les autorités et coopér(er) à nouveau si cela est nécessaire».

Pressions internationales

Pour le gouvernement français, les pratiques de ces multinationales sont pourtant contestables. La France perdrait 500 millions à 1 milliard d'euros de recettes par an, selon Éric Vernier, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques. Des sommes qu'il entend bien récupérer. D'après des rumeurs de presse, les récentes perquisitions aux sièges parisiens de ces grandes entreprises pourraient servir à constituer un dossier en vue de l'élaboration d'un texte de loi. Objectif: lutter contre la pratique consistant à localiser les produits de vente dans des coquilles vides installées dans des paradis fiscaux comme les Bermudes ou les îles Vierges britanniques. Le gouvernement n'a d'ailleurs jamais caché son intention de trouver une solution pour faire contribuer à l'effort fiscal les géants du net qui «éludent ou minorent» leur imposition en France.

A l'heure de la rigueur budgétaire, la France n'est pas la seule à mener le combat. Outre-Manche, le premier ministre David Cameron a vigoureusement dénoncé début janvier ces tours de passe-passe légaux et exhorté les multinationales à «payer leur juste part d'impôts». Starbucks, Amazon ou encore Google étaient alors pointé du doigt. Le débat a pris une dimension nationale lors du G20 de Moscou avec la présentation d'un rapport cinglant de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la question. «Les multinationales sont accusées d'éviter l'impôt partout dans le monde, y compris dans les pays en développement», s'insurge l'auteur du rapport. Les pratiques fiscales sont qualifiées d' «agressives» et démontrent que les règles actuelles, dont abusent les grandes entreprises, sont «dépassées». L'OCDE se donne deux ans pour changer les règles. L'enjeu financier est important: Bruxelles chiffre son manque à gagner à près de 1000 milliards d'euros par an et le fisc américain à 1375 milliards de dollars.

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  • jyth01 le lundi 4 mar 2013 à 11:03

    Ils finiront pas ne plus avoir de siège français, ce qui ne pose pas de problèmes avec internet. La dictature bureaucratique pour nourrir des légions de fonctionnaires n'a plus de limites dans sa voracité. Bientôt ils vont taxer les automates et robots dans les usines, et les ordinateurs centraux des entreprises. Il faut comprendre que les augmentations du nombre de fonctionnaires, de leur rémunération, de leurs primes, de la surface de leurs bureaux avec chauffage demande toujours plus

  • M8743521 le lundi 4 mar 2013 à 09:21

    Renforcer l'enfer fiscal français...pourquoi pas? A condition d'étouffer définitivment les paradis fiscaux à l'étranger sinon, comme d'habitude,ce sera la fuite des capitaux et des enrepreneurs...et le pays mourra, guéri mais vertueux.