Linde: SG 'déçu' après Praxair, mais toujours à l'achat.

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(CercleFinance.com) - Certes, les analystes de Société Générale (SG) se montrent “déçus” que le projet de fusion entre Linde et Praxair ait été abandonné. Mais ils restent cependant à l'achat sur l'action du grand groupe allemand de gaz industriels et médicaux, en estimant que Linde rapproche malgré tout son modèle économique de celui, plus efficace, de Praxair. L'objectif de cours à 12 mois reste fixé à 150 euros.

A la Bourse de Francfort, l'action Linde se reprend de 1,2% à 140,1 euros après avoir reculé hier, à l'annonce de la fin des discussions, de 7%.

Hier, Linde a mis fin aux négociations en vue d'une fusion annoncées mi août avec son homologue américain Praxair. Ironie de l'histoire, c'est aujourd'hui qu'Air Liquide, grand concurrent de Linde, annonce les détails de l'augmentation de capital qui servira à financer en partie l'acquisition d'un autre acteur des Etats-Unis, Airgas.

Linde a invoqué des raisons de gouvernance pour mettre fin aux discussions. Selon l'agence de presse Bloomberg, le groupe allemand, qui en Bourse capitalise moins que Praxair, n'a pas voulu se résoudre à perdre des services entiers à son siège de Munich. 'Nous avons toujours considéré que les questions culturelles et de contrôle étaient potentiellement plus difficiles à régler que celles portant sur la concurrence', souligne SG dans une note de recherche.

Quoi qu'il en soit, cette rupture des négociations 'est décevante' selon les analystes, puisqu'avec cette éventuelle opération, Linde aurait pu régler l'une de ses grandes faiblesses : sa présence limitée aux Etats-Unis, où il n'est que le 4e acteur du secteur, notamment dans la région du golfe du Mexique et dans le secteur des gazoducs. SG rappelle que cette fusion avortée n'est pas sans rappeler le projet d'union du britannique BOC (finalement racheté par Linde) et de Praxair, en 1999.

Bref, voilà Linde de retour à la 'case départ', soit à son état avant la fusion. Mais est-ce si grave ? Pas vraiment selon SG, car même s'il ne fusionne pas avec Praxair, le groupe allemand adopte 'indubitablement' son modèle économique plus performant, qui se traduit notamment par une rentabilité plus élevée. Ce qui passe notamment par davantage de discipline financière, et surtout pas une politique de “densité” que Praxair pratique depuis longtemps : schématiquement, Praxair se concentre très fortement sur les gaz industriels, et peu sur les équipements et les gaz médicaux. Il met aussi l'accent de longue date sur ses sites industriels et ses marchés régionaux les plus importants, ce qui permet des économies d'échelle - et des marges plus élevées.

Or à l'instar de Praxair, estime SG, Linde détient une part de marché supérieure à 30% dans 65% de ses activités, ce qui lui fournit une bonne base pour se “densifier”. Et le groupe allemand a indiqué qu'il souhaite privilégier la rentabilité aux volumes.


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