Ligue des champions: "Le fusil" donne de l'espoir à Barcelone

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LE BARÇA DEVRA TOUT TENTER
LE BARÇA DEVRA TOUT TENTER

par Iain Rogers

MADRID (Reuters) - Si Barcelone a besoin d'inspiration pour renverser mercredi au Camp Nou le sort de sa demi-finale de Ligue des champions contre le Bayern après sa défaite 4-0 à Munich, il lui suffit de se tourner de l'autre côté de l'Espagne, vers La Corogne.

Aujourd'hui premier non-relégable de la Liga, le Deportivo reste pour les Espagnols le club qui a réussi un des plus beaux retours en Coupe d'Europe.

C'était pendant la saison 2003-2004. Le club de Galice, qui avait remporté son seul titre de champion d'Espagne en 2000, avait écrasé 4-0 le Milan AC de Paolo Maldini, Kaka et Andreï Chevtchenko en match retour des quarts de finale de la Ligue des champions et s'était qualifié 5-4 au total des deux matches.

Un attaquant uruguayen, Walter Pandiani, surnommé "Le fusil", avait ouvert le score à la 5e minute et déclenché une soirée à nulle autre pareille dans le stade du Riazor.

Aujourd'hui âgé de 37 ans et en fin de carrière avec le club de troisième division Atletico Baleares, Pandiani se souvient et pense que le Barça devra lui aussi marquer très vite pour garder une chance de se qualifier pour la finale à Wembley le 25 mai.

"Marquer si tôt dans le match nous avait donné confiance", dit-il sur le site de l'UEFA (www.uefa.com). "Si on ne parvient pas à marquer vite en première mi-temps, on commence à se précipiter. Ce premier but nous avait donné de la sérénité et ça nous avait permis de bien jouer."

DISCIPLINE

Les chances du Barça de renverser le sort de la demi-finale paraissent d'autant plus minces qu'il n'est pas parvenu à marquer à Munich, la semaine dernière, mais Pandiani rappelle que le Deportivo était dans la même situation il y a neuf ans.

"Même si nous avions obtenu de bons résultats, personne ne croyait en nous, en particulier parce que c'est au Milan que nous étions opposés mais nous croyions en nous et nos supporters étaient là pour nous pousser de l'avant."

"L'excitation dans les vestiaires à la mi-temps nous avait portés à croire qu'ils auraient du mal à nous faire mal ce soir-là."

La dernière sortie du Barça en Liga, samedi, à Bilbao, a montré encore une fois, si besoin était, que ses espoirs reposeront en grande partie sur Lionel Messi.

L'Argentin avait été ménagé en début de match et ce n'est qu'après son entrée à l'heure de jeu à la place de Xavi que Barcelone a retrouvé sa verve et Messi lui a permis d'arracher le nul 2-2 en marquant et en faisant marquer Alexis Sanchez.

Barcelone avait déjà dû remonter un 2-0 en huitièmes de finale pour éliminer le Milan AC et c'est Messi qui l'avait conduit à une victoire 4-0 au Camp Nou.

Mais seuls trois clubs ont réussi à se qualifier dans une compétition européenne après avoir perdu le match aller 4-0.

"TOUT TENTER"

Jupp Heynckes, aujourd'hui entraîneur du Bayern, était du côté des vaincus dans une de ces occasions. Il était à la tête de l'équipe de Mönchengladbach vainqueur 5-1 à domicile du Real Madrid mais battu 4-0 et éliminée à Santiago-Bernabeu au 3e tour de la coupe de l'UEFA en 1986.

"Ça a été le pire moment de ma carrière. Je ne voulais plus être entraîneur de football", dit le technicien allemand sur le site de l'UEFA. "C'était pire que quand j'ai reçu des menaces de mort un peu plus tard."

Jupp Heynckes soutient qu'il ne demandera pas à ses joueurs de se réserver en pensant à la finale qui pourrait leur sembler acquise. "J'alignerai la meilleure équipe possible", déclare l'entraîneur du Bayern qui a déjà été sacré champion d'Allemagne alors que Barcelone attend encore d'être couronné.

Jupp Heynckes reconnaît cependant que la menace d'une suspension pourrait peser sur le jeu de son équipe car six joueurs, dont le capitaine Philipp Lahm, le défenseur central Dante et le meneur de jeu Bastian Schweinsteiger, seront privés de finale s'ils reçoivent un carton jaune.

"Mes joueurs devront être disciplinés, cela signifie qu'ils devront s'abstenir de certains gestes, de fautes inutiles et ne devront pas répondre aux provocations. Ce sera décisif", dit l'entraîneur allemand qui, ironie du sort, laissera la place à Pep Guardiola, ancien gourou de Barcelone la saison prochaine.

"Je veux qu'ils aient la même attitude, le même engagement et la même tactique", ajoute-t-il. "Barcelone reste la meilleure équipe du monde. Nous savons qu'ils ont obtenu de grands résultats et fait de beaux retours à domicile. Leur fierté a été blessée et ils vont tout tenter".

Jean-Paul Couret pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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