Ligue des champions: l'Espagne contrainte à l'introspection

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UNE REMISE EN QUESTION S?IMPOSE POUR LE FOOTBALL ESPAGNOL
UNE REMISE EN QUESTION S?IMPOSE POUR LE FOOTBALL ESPAGNOL

par Mark Elkington

MADRID (Reuters) - Les éliminations sans gloire du Real Madrid et de Barcelone en demi-finales de la Ligue des champions et, par contraste, le triomphe des clubs allemands ont ouvert une période d'auto-analyse pour l'Espagne du football, tombée de son piédestal.

Le Barça de Lionel Messi a été sorti mercredi soir sans ménagement par le Bayern Munich après une débâcle 3-0 au Camp Nou, huit jours après la gifle 4-0 reçue en Allemagne.

Quant au Real Madrid, il a battu le Borussia Dortmund 2-0 à Santiago Bernabeu mais a payé le prix de sa lourde défaite 4-1 la semaine dernière en Allemagne.

Comme deux boxeurs groggy, émoussés par des années de rivalité pour l'hégémonie en Espagne, le Real et le Barça sont tombés sur des adversaires plus affamés et plus fringants qu'eux.

Depuis les matches aller, qui avaient conduit les journaux à titrer "Allemagne 8, Espagne 1", les médias espagnols se sont longuement interrogés sur la réalité d'un déclin de la Liga au profit de la Bundesliga.

Les observateurs ont glosé sur la qualité de jeu proposée par le Bayern et Dortmund et sur l'excellente forme de leurs joueurs.

Ils sont aussi abondamment revenus sur la bonne santé des finances en Allemagne, sur le degré d'implication des supporters, sur le plus faible prix des places, et sur l'ambiance dans les stades.

Javi Martinez, qui a préféré l'été dernier le Bayern Munich au Barça, est l'un des hommes les mieux placés pour faire la comparaison entre le pays qu'il a quitté et celui qu'il a rejoint.

"Je n'en suis pas certain à 100% mais on peut dire qu'il y a beaucoup de choses qu'ils font très bien", a répondu le milieu de terrain à la chaîne Canal+ Espagne, qui lui demandait si les Allemands avaient pris l'ascendant.

"QU'ILS RETOURNENT AU TRAVAIL"

"Les stades sont toujours pleins, on joue tous les matches à l'Allianz Arena devant des tribunes combles", a-t-il ajouté.

Peut-être faut-il voir dans le transfert de Javi Martinez de Bilbao à Munich et dans l'arrivée prochaine de l'entraîneur Pep Guardiola au Bayern Munich un signe de l'éventuelle passation de pouvoir entre les deux pays.

Ancienne tête pensante du Barça à l'époque où le club raflait tous les trophées ou presque, l'entraîneur catalan s'assoira la saison prochaine à la place de Jupp Heynckes.

En Espagne, le nouveau président de la Ligue de football, Javier Tebas, a fait campagne sur la nécessité de resserrer la surveillance des finances des clubs et sur la lutte contre les tricheries.

Il a également promis de redistribuer les droits TV plus équitablement.

"Je crois que nous devons aspirer à un championnat économiquement sain, comme la Bundesliga et que nous devons essayer de la vendre comme ils vendent le leur", a dit la semaine dernière Javier Tebas au journal El Pais.

"Il faut essayer de remplir les stades. (...) Je le redis aux clubs: on ne peut pas maintenir les prix à leur niveau actuel."

En attendant, le quotidien AS a déjà dressé, au lendemain de la nouvelle déconfiture de Barcelone, le constat d'un échec de la saison des deux grands d'Espagne.

"L'Allemagne progresse. Le Barça va remporter le championnat et le Real peut encore décrocher la Coupe du Roi mais aucun des deux ne sera satisfait. Maintenant, il faut qu'ils retournent au travail", peut-on lire dans un éditorial.

De son côté, l'entraîneur du Barça, Tito Vilanova, a refusé de céder au catastrophisme ambiant. Et pour bien se faire comprendre, il a pris l'exemple des voisins de l'Espagne.

"Deux des meilleures équipes d'Europe sont espagnoles. Vous devriez peut-être poser la question en Angleterre, en France ou en Italie", a-t-il dit à Canal+ Espagne.

Simon Carraud pour le service français, édité par Julien Prétot

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