Ligue des Champions - Arsenal : Avant de s'imposer, Coquelin s'est forgé dans l'adversité

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Ligue des Champions - Arsenal : Avant de s'imposer, Coquelin s'est forgé dans l'adversité
Ligue des Champions - Arsenal : Avant de s'imposer, Coquelin s'est forgé dans l'adversité

Arsenal a longtemps cherché une sentinelle pour évoluer devant la défense avant de la trouver avec Francis Coquelin. Ce dernier a pourtant mis le temps avant de s’imposer chez les Gunners. Mais cette période de gestation a nourri l’envie et la détermination qui le guident désormais.

S’il y avait un titre honorifique à décerner au Français de l’étranger le plus sous-coté, Francis Coquelin ferait incontestablement partie des candidats. Peut-être parce que son départ de Laval, sa ville de naissance, à dix-sept ans pour rejoindre Arsenal l’a fait disparaitre des radars. Peut-être parce que son passage à Lorient en prêt pendant une saison (2010-11) n’a pas laissé un souvenir impérissable dans les rétines des suiveurs de la L1. Peut-être parce que son éclosion tardive chez les Gunners, où il ne s’est imposé que depuis début 2015, a mis à l’épreuve la patience des plus endurcis. Coquelin a son propre avis sur la question : « Je ne suis pas à un poste qui fait rêver, je fais un travail de l’ombre, a-t-il expliqué dans un entretien accordé à la chaîne L’Equipe et diffusé lundi. Je ne suis pas choqué que mes performances ne soient pas mises en valeur en France. Elles sont reconnues ici, les gens se reposent sur moi au sein du club. Ça me va très bien. »

79 matchs avec Arsenal depuis deux ans

Il faut dire que Coquelin n’est pas de ceux qui profitent de leurs performances pour monter une opération de communication autour et quémander un départ, une revalorisation salariale ou une sélection en équipe de France. Lui donne dans la discrétion. « Je suis quelqu’un qui ne m’expose pas beaucoup médiatiquement. C’est un trait de ma personnalité, j’ai un caractère de chien fou sur le terrain, mais j’aime bien garder ma vie intime pour moi en dehors. » Mais ce qui a convaincu Arsène Wenger d’en faire l’un des piliers de son onze de départ depuis bientôt deux ans, c’est ce qu’il apporte sportivement. Tout est parti d’un concours de circonstances, d’une cascade de blessures contraignant le manager d’Arsenal à rappeler en catimini Coquelin d’un prêt à Charlton, en Championship. Tout ça pour lui donner des miettes de temps de jeu, jusqu’à le titulariser contre West Ham lors de la période des fêtes de fin d’année, si importante en Angleterre. Une victoire à Upton Park (1-2) et le tour était joué. Depuis lors, Coquelin ne sort quasiment jamais du onze de départ (79 matchs disputés toutes compétitions confondues en deux ans).

Pour Wenger, Coquelin « a pris une autre dimension » 

En partie parce que Santi Cazorla, Aaron Ramsey ou Jack Wilshere, avant son départ pour Bournemouth, ont pris un abonnement pour l’infirmerie. Mais c’est surtout par ses prestations que Coquelin s’est fait une place à Arsenal. Wenger a recruté Mohamed Elneny l’hiver dernier, puis Granit Xhaka cet été, pour le mettre en concurrence. Rien n’y a fait, le Français est indéboulonnable. « Il a pris une autre dimension depuis qu’il évolue dans l’axe », soulignait récemment le manager des Gunners. Parce qu’avant de se fixer à ce poste, Coquelin était régulièrement baladé sur les côtés. Voilà pourquoi il ne s’était jamais installé dans la durée, à Arsenal, à Lorient ou à Fribourg, où il avait passé l’exercice 2013-14. « Je n’ai jamais renoncé, même quand j’étais en Allemagne. (…) A l’été 2014, je voyais que c’était à un fil que l’histoire avec Arsenal se termine. Le fait d’être allé en Allemagne, j’ai eu un déclic. Je pensais être fort, mais je me suis rendu compte que je pouvais puiser plus loin. J’avais une relation compliquée avec l’entraîneur. Ça m’a touché au fond de moi et j’avais envie de prouver que j’étais plus fort que ce qu’il pouvait penser. »

Les Bleus ? « Même si ce n’est qu’une fois… »

Entraîneur d’alors de Fribourg, Christian Streich doit être convaincu de son erreur, tant Coquelin brille semaine après semaine avec Arsenal. Depuis des années, le club londonien peinait à trouver une sentinelle pour stabiliser son équipe, il l’a dénichée dans ses rangs. Le numéro 34 d’Arsenal a la faim de ceux qui ont trimé plus que d’autres. C’est ce qui fait sa force, parfois sa faiblesse, quand son activité se perd dans des courses inutiles et le sanctionne d’avertissements évitables. Mais à force de monter en puissance, Coquelin ne s’interdit pas de rêver encore plus grand. Après avoir porté sept fois le maillot de l’équipe de France Espoirs, il caresse l’espoir de revêtir celui des A. « Je ne me prends pas la tête avec l’équipe de France, a-t-il tempéré. Il y a de très grands joueurs, quand je vois ceux qui ne sont même pas titulaires, ça montre le niveau. Si elle tournait mal, peut-être que le sélectionneur aurait envie de regarder ailleurs. J’ai 25 ans, j’espère porter le maillot un jour, même si ce n’est qu’une fois. » Wenger pourrait rétorquer qu’une fois lui a suffi pour le convaincre de ne plus s’en passer.
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