Ligue 1: Yann M'Vila à l'ombre des doutes

le
0
RENNES À LA PEINE
RENNES À LA PEINE

par Pierre-Henri Allain

RENNES (Reuters) - Depuis le début de la saison, le prometteur international Yann M'Vila, 22 ans, n'est que l'ombre de lui-même. Dans son sillage, c'est tout le Stade Rennais qui peine en Ligue 1, où il pointe à la 18e place.

S'il a gagné cette semaine en Coupe de la Ligue, Rennes n'a que quatre points en championnat alors qu'arrive un match difficile, vendredi, contre Lille (20h45).

Yann M'Vila cristallise les critiques en ce début de saison. Signe patent du désamour entre le public du Stade de la Route de Lorient et son milieu de terrain, il est sorti du terrain sous des sifflets nourris lors du derby perdu face à Lorient.

L'équipe de l'homme d'affaires François Pinault a sombré corps et âme durant ce match où Yann M'Vila, pilier de l'équipe bretonne depuis plusieurs saisons, fut totalement transparent.

Cet épisode a été suivi lors du déplacement à Toulouse (2-2), d'une initiative inédite du coach Frédéric Antonetti qui n'a pas hésité pas à reléguer son joueur vedette sur le banc des remplaçants.

"Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'on met Yann M'Vila remplaçant. Yann est un de nos meilleurs joueurs. Il faut le remettre en selle. Il prouvera dans le futur qu'il est un joueur de très haut niveau", a expliqué le Corse jeudi.

Frédéric Antonetti a encore prédit à son joueur "plusieurs semaines" de travail pour retrouver son niveau et son statut, et lui préférera vraisemblablement encore l'expérimenté Jean II Makoun, associé à Vincent Pajot, dans l'entre-jeu, face à Lille.

"J'AI SENTI LE DANGER"

Un Euro raté et des frasques extra-sportives ont largement contribué à enrayer le bel élan sur lequel surfait Yann M'Vila.

Le mercato d'été, durant lequel l'ex-protégé de Laurent Blanc chez les Bleus espérait rejoindre un grand club européen pour relancer sa carrière avant de se résoudre à rester sur les bords de la Vilaine, a aussi certainement contribué à sa baisse de régime.

"Quand je ne suis pas parti à l'intersaison, j'ai senti le danger. Car je n'ai pas envie de devenir personne du jour au lendemain", confiait récemment l'intéressé.

Malgré ses efforts pour éviter le piège, Yann M'Vila a conscience d'être loin du niveau auquel on l'attend et s'est livré, après l'épisode calamiteux du match contre Lorient, à un mea culpa.

"Si je fais des mauvais matches, c'est de ma faute. L'extra-sportif, c'est de ma faute", a-t-il lâché, se désignant comme "seul responsable" de sa propre disgrâce mais assurant dans le même temps avoir adopté une nouvelle hygiène de vie et fait le ménage parmi ses fréquentations.

"J'ai changé énormément de choses. Je sors moins, j'essaie de mieux manger", assurait-il.

Malgré ces bonnes résolutions, le changement tarde à venir et prive l'équipe d'un de ses éléments essentiels.

D'autant qu'à l'instar du natif d'Amiens, d'autres joueurs cadre, tel le capitaine Romain Danzé, également sur le banc à Toulouse, ou Julien Féret, sont loin de leur meilleur rendement.

Avant de rencontrer Lille, qui a aussi du mal a décoller en ce début de saison, le Stade Rennais s'est un peu rassuré mardi en Coupe de la ligue face à Nancy (3-2). Yann M'Vila, lui, s'est encore montré bien timide dans ses interventions.

"Dans le foot, tout va très vite", constate le milieu de terrain aux 22 sélections.

"Hier, j'étais en haut et tout le monde parlait de moi avec beaucoup de bien. Aujourd'hui, on me casse mais c'est à moi de retrouver confiance."

Et avec lui, tout un groupe en manque de cohésion et de résultats.

Edité par Gregory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant