Ligue 1: Troyes s'attendait à souffrir, dit Furlan

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TROYES S'ATTENDAIT À SOUFFRIR
TROYES S'ATTENDAIT À SOUFFRIR

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Promis à un retour immédiat à l'étage inférieur dès la fin de saison, Troyes est bon dernier de Ligue 1 mais son entraîneur, Jean-Marc Furlan, s'attendait à ces débuts difficiles.

Il y trouve même des raisons d'espérer.

En six journées de championnat, l'Estac n'a pris que deux points. Seule équipe à toujours courir après un premier succès, elle n'a pourtant jamais été surclassée.

"Sur le plan du jeu, je pensais qu'on allait être en retard mais ce n'est pas le cas", souligne Jean-Marc Furlan dans une interview accordée à Reuters avant la réception de Toulouse pour la septième journée de Ligue 1.

"Sur le plan comptable, c'est compliqué, on aurait préféré être plus à l'abri. C'est une situation désagréable mais ça ne met pas le feu au club parce qu'on s'y attendait", expose-t-il.

"On avait anticipé parce qu'on est promu. L'an dernier on est monté logiquement, alors qu'on n'était pas favori. Une équipe de Ligue 2 bien structurée, vous savez, en trois, quatre ans, elle a toujours une chance de monter."

Depuis début août, Troyes est donc dans l'apprentissage et a parfois payé sa naïveté, comme à Lyon où, à vouloir attaquer à dix contre onze, les Champenois ont perdu pied (4-1).

Ailleurs, ils n'ont jamais démérité mais ont rarement été récompensés de leurs efforts d'autant qu'ils ont pâti d'un "manque flagrant" de réussite.

"On a pris beaucoup de buts par notre faute, mais on a pris aussi des buts venus d'ailleurs", rappelle Jean-Marc Furlan.

"A Lyon, (Michel) Bastos nous met un ciseau de 18 mètres dans la lucarne. A Brest, on prend un but à 15 secondes de la fin avec Geoffrey Dernis qui frappe du droit de 25 mètres alors que c'est un pur gaucher et que ça peut partir en tribunes..."

POSSESSION

Si les ballons cessent de filer sous la barre quand ils devraient échouer dans le public, Troyes peut donc aspirer à bien mieux, à entendre son entraîneur.

D'abord parce que son effectif, renforcé tardivement et avec un des plus petits budgets du championnat, a souffert des absences du défenseur Stéphen Drouin et du capitaine Eloge Enza-Yamissi, blessés, et vient de perdre pour trois matches son poumon du milieu Mounir Obbadi, dont le père est décédé.

Leurs retours stabiliseront une équipe qui a, de l'autre côté du terrain, des arguments à faire valoir.

"A part à Valenciennes (1-0, première journée), on a toujours claqué un but. On a toujours su revenir au score et le caractère ne suffit pas, il faut aussi de la compétence", dit Jean-Marc Furlan.

"Actuellement, l'idée est de ne pas prendre de but et d'être difficile à battre pour récolter des points. Après, compte tenu du profil de nos joueurs, on peut toujours chercher à gagner."

Dans ces propos affleure une doctrine dont Furlan refuse de se départir, même sous la pression du résultat - quitte à être relégué en fin de saison.

"L'idée, c'est d'être efficace défensivement, ça, c'est très clair. Après, mon style de jeu c'est de préconiser la possession du ballon", dit le technicien de 54 ans, réputé pour sa volonté de faire bien jouer ses équipes.

"L'année dernière, on passait pour une équipe qui jouait mais on avait la deuxième défense, un but derrière Le Havre", ajoute-t-il, défendant l'idée que confisquer le ballon est le meilleur moyen de priver l'adversaire d'occasions.

"Refuser le jeu, ce n'est pas ma philosophie. Je suis à la recherche de l'équilibre. Bétonner ? On peut sur un an, deux ans, mais à terme ce n'est pas une solution pour réussir. Il faut que les joueurs soient confortés dans le jeu."

SOUFFRANCE

Le simple plaisir de jouer ne suffit pourtant pas à entretenir la dynamique d'un groupe et Jean-Marc Furlan en convient : "Le problème quand une équipe ne prend pas de points, le gros souci qu'on a, c'est (de s'assurer) que les joueurs ne doutent pas."

"Mais je n'ai pas le sentiment qu'ils doutent", ajoute un entraîneur satisfait de l'investissement de ses hommes.

Sera-ce suffisant pour commencer enfin à capitaliser et à se mêler à la lutte ? Jean-Marc Furlan mise sur la deuxième moitié de saison et, s'il dit avoir beaucoup de motifs d'espérer, ne cache pas que le maintien dans l'élite relèverait de l'exploit.

"Quand mon président m'a engagé (en 2010-NDLR), je lui ai dit (...) dans trois ou quatre ans tu as la Ligue 1 et moi je me casse", se souvient-il.

"Les probabilités de se maintenir sont infimes et un entraîneur veut gagner. C'est très agréable de se confronter à des équipes de haut niveau, on est dans la lumière. Mais en même temps, c'est beaucoup de souffrance."

Edité par Gilles Trequesser

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