Ligue 1: Saint-Etienne garde la tête froide

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par André Assier

SAINT-ETIENNE (Reuters) - Preuve qu'elle a clairement passé un cap, l'AS Saint-Etienne ne verse pas dans une euphorie béate après sa victoire vendredi contre Valenciennes (1-0) qui l'installe sans doute durablement dans le peloton de tête de la Ligue 1.

Ce septième succès de la saison en championnat a provisoirement placé les Verts en tête du classement, 26 mois après leur dernière apparition à ce niveau, le 25 septembre 2010 à l'issue du 100e derby de l'histoire remporté 1-0 contre Lyon à Gerland.

Pendant qu'à l'extérieur du stade, la sono ravive le passé glorieux en passant en boucle "Qui c'est les plus forts, évidemment, c'est les Verts", célèbre tube qui fut disque d'or dans les années 1970, dans les vestiaires, tout le monde entonne le même refrain sur le thème: "pas d'euphorie prématurée".

"C'est bien pour le club d'être au-devant de la scène, mais il faut surtout rester humbles et encore plus travailler", dit Fabien Lemoine, relayé par Pierre-Emerick Aubameyang.

"Nous n'étions pas focalisés sur cette première place. Nous avions juste l'envie de gagner face à un concurrent direct. Le reste, c'est anecdotique."

Romain Hamouma, héros d'un soir après avoir inscrit le but de la victoire, 10 minutes après son entrée en lice dans une rencontre débutée sur le banc des remplaçants, insiste sur le fait que Saint-Etienne ne doit "pas se tromper d'objectif", même s'il est bien de montrer l'équipe est présente.

A la constance des dernières semaines s'ajoute une autre donnée, la présence de Saint-Etienne dans les dix premiers à l'issue des deux dernières saisons (10e puis septième), ce qui n'était plus arrivé depuis 1981.

ESPRIT D'ÉQUIPE

"Ma plus grande satisfaction dépasse les résultats de matches", dit Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance de l'ASSE.

"Ce qui me plaît actuellement, c'est l'esprit partageur de tous: joueurs, staff, dirigeants. Aujourd'hui, je vois des joueurs heureux d'être ensemble. Tant que tous, sans exception, seront dans l'esprit collectif, l'ASSE ne craindra rien."

Un groupe est donc né et, comme le souligne Pierre-Emerick Aubameyang, "personne n'est indispensable".

L'image de Max-Alain Gradel, remplacé par Hamouma et bougon à la 63e minute mais qui est le premier à tomber dans les bras du buteur, est révélateur de cet état d'esprit.

"Ce but est la récompense du travail de ceux qui ont joué avant que j'entre sur le terrain. Pour moi, marquer à Geoffroy-Guichard est toujours un grand plaisir et une fierté personnelle. Mais cela a fait du bien à l'équipe et c'est le plus important", a dit Hamouma.

Christophe Galtier, l'entraîneur, ne se prive pas de saluer ses joueurs davantage qu'il ne met en avant son coaching.

"Les changements réussissent quand on a de bons joueurs à disposition. Nous avons des garçons intelligents qui me laissent manager assez simplement en les mettant en forme et en injectant du sang frais quand c'est le bon moment", dit-il.

TESTS DÉCISIFS

Un message qui trouve un écho même chez les "déçus" du jour.

"Nous avons un bon effectif avec de bons joueurs", résume Gradel. "Il y en a un qui commence le travail et un autre qui entre pour le terminer."

Cette recette gagnante est sans doute aussi le fruit de la nouvelle politique du club, lancée à l'été 2010 et qui a imposé un salaire en partie indexé sur les performances.

Un rapport gagnant-gagnant entre dirigeants et joueurs: les premiers voient le budget repasser dans le vert, les seconds y puisent les ingrédients d'une émulation collective.

Aujourd'hui, plus que le nombre de points après 14 matches, c'est la série d'invincibilité de onze rencontres depuis le 15 septembre (10 en L1 et un en Coupe de la Ligue) qui interpelle.

"Ceci dit (...), nous n'en sommes qu'à un tiers du championnat et nous n'avons rien gagné. La route est encore longue", tempère Renaud Cohade, qui sait que les échéances à venir ont de quoi refroidir un trop plein d'enthousiasme.

D'ici le 22 décembre, Saint-Etienne rencontrera mardi prochain le PSG en Coupe de la Ligue, avant un déplacement à Ajaccio, puis le derby face à Lyon, un déplacement à Bordeaux, la réception de Lorient et un voyage à Marseille.

Autant de tests décisifs pour un club qui semble aujourd'hui en pleine résurrection.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Jean-Loup Fiévet

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