Ligue 1: Paris ne veut plus partager

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LE PSG VISE UNE DOMINATION SANS PARTAGE SUR LA LIGUE 1
LE PSG VISE UNE DOMINATION SANS PARTAGE SUR LA LIGUE 1

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Le triomphe de Montpellier a été une petite révolution du mois de mai mais un grand et riche bourgeois parisien complote pour prendre le pouvoir sur la Ligue 1 lors de la nouvelle saison qui commence ce week-end.

L'enthousiasme du club héraultais et de ses troupes a eu raison de tous les notables du football français dont certains -Lyon ou Marseille- font l'apprentissage d'une vie plus chiche.

Longtemps, le Paris Saint-Germain a cru pouvoir mater ce rival aux moyens bien plus modestes, qui a su puiser dans son collectif l'élan pour marcher sur la capitale.

La deuxième place a tout de même conforté les propriétaires qataris qui veulent faire de Paris la nouvelle -et unique- place forte nationale.

Après un an passé à remanier ses effectifs sur le terrain comme en coulisses, le PSG est entré dans la deuxième phase du processus, celle qui doit installer puis asseoir sa domination.

Comme lors de leur première année à Paris, les Qataris ont dépensé une centaine de millions d'euros en transferts pour se donner les moyens sportifs de leurs ambitions sans limites.

Au contraire de l'été et de l'hiver derniers, qui avaient vu arriver une dizaine de joueurs, Paris a peu recruté mais cherché -et trouvé- ce qui se fait de mieux en Europe.

Le défenseur brésilien Thiago Silva, considéré comme le meilleur au monde à son poste et le génial attaquant suédois Zlatan Ibrahimovic ont été arrachés au Milan AC.

L'Argentin Ezequiel Lavezzi, moins connu que ses deux nouveaux partenaires mais aussi talentueux qu'il est tempétueux, a lui aussi rejoint la Ligue 1, qui n'avait plus accueilli de tels joueurs depuis de très longues années.

NICOLLIN SE VOIT VOLONTIERS DEUXIÈME

Avec eux et sur la lancée d'une fin de saison pleine de promesses en terme de qualité de jeu, le PSG semble intouchable tant sur le pré qu'en dehors.

Il est entré dans une dimension médiatique inconnue aux autres clubs français, que résume bien cette phrase de la star Ibrahimovic à son arrivée à Paris : "Qui parlait de la Ligue 1 avant que le PSG ne transforme ce rêve en réalité?"

Le titre 2013 n'est bien évidemment pas acquis au PSG, qui l'attend depuis 1994. Paris devra honorer son statut d'équipe la plus impressionnante et donc la plus attendue du championnat, ce qui ne lui rendra pas la partie facile.

Ses principaux adversaires devraient être Lille et Montpellier, si les Héraultais parviennent à concilier la Ligue 1 et l'exigeante Ligue des champions, qu'ils vont découvrir.

L'alliage de jeunes pousses et d'habitués du championnat a réussi au-delà des espérances à Montpellier, qui a su préserver l'essentiel de son capital.

A l'exception du meilleur buteur du championnat, Olivier Giroud, le champion a conservé tous ses talents -dont Mapou Yanga-Mbiwa et Younès Belhanda- et réalisé de beaux coups sans rompre avec la modération qu'il a érigé en règle de vie.

Les arrivées de Daniel Congré, défenseur parmi les plus solides de Ligue, et du virevoltant Anthony Mounier s'annoncent déjà comme de bonnes idées. Quant au remplaçant de Giroud, Emanuel Herrera, il a les qualités pour se révéler.

L'ambition légitime d'un champion sortant devrait être de garder son titre, mais le président Louis Nicollin sait que ce sera dur: "Deuxième, cela m'irait parfaitement", dit-il.

LYON ET L'OM À LA DIÈTE

Cette place conviendrait aussi à Lille, seul autre club à s'être donné les moyens de troubler le projet parisien.

Orphelin d'Eden Hazard, meilleur joueur de Ligue 1 depuis deux ans, Lille a réagi vite et enrôlé le meneur de jeu Marvin Martin et l'attaquant ivoirien de Chelsea Salomon Kalou.

Les Nordistes, champions de France 2011, continuent de grandir et vont entrer dans un écrin de 50.000 places qui symbolise leur enracinement au plus haut niveau.

"Etre vice-champion, ce serait déjà un exploit, le championnat va être disputé pour la deuxième place", assure toutefois l'entraîneur Rudi Garcia.

Le technicien lillois pense peut-être à Lyon ou Marseille qui ont pourtant vécu un été pour le moins austère.

Contraints par des finances exsangues, les deux clubs français les plus réguliers des dernières années sur la scène européenne sont à la diète.

Leur absence de la Ligue des champions sera remarquée et leurs ambitions en Ligue 1 dépendront de leur début de saison -particulièrement pour l'OM, piètre dixième l'année dernière et dirigé par un nouvel entraîneur, Elie Baup.

Bordeaux, cinquième en mai et dont le groupe n'a pas bougé, Saint-Etienne, actif sur le marché des transferts, Toulouse et son nouveau capitaine Jonathan Zebina, ou Rennes seront encore les premiers à mener la poursuite.

Derrière, une longue liste de clubs désargentés et condamnés à réduire leur train de vie tenteront de sauver leur tête.

Ce sera aussi le cas des promus Bastia, Troyes, et Reims, double finaliste européen dans les années 1950.

En Champagne, la réception du PSG fera remonter le souvenir des longues campagnes européennes auxquelles le PSG est promis, car la Ligue 1 ne semble désormais plus qu'un tremplin. Après la révolution, Paris entend bien devenir la capitale d'un empire.

Edité par Jean-Paul Couret

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