Ligue 1: Nancy prépare déjà sa descente

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par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Lanterne rouge de Ligue 1 avec sept points de retard sur le premier non relégable, Ajaccio, l'AS Nancy-Lorraine commence à oeuvrer en coulisses pour préparer son possible retour en Ligue 2.

Après 16 journées de championnat sanctionnées de neuf défaites, six nuls dont quatre lors des quatre derniers matches et une seule victoire, le club lorrain voit ses espoirs de maintien s'amenuiser de semaine en semaine.

Son calendrier jusqu'à la trêve -déplacement chez le leader Lyon ce mercredi puis à Bastia, réception de Bordeaux entre ces deux voyages-, n'incite pas à l'optimisme dans ce club qui dispute sa huitième saison d'affilée dans l'élite.

"Si on n'anticipait pas la descente, nous serions irresponsables", tranche le vice-président Nicolas Holveck, dont le quotidien est désormais rythmé par le pire scénario.

"C'est une entreprise qui fait vivre 550 personnes qu'il faut protéger. Aujourd'hui, la descente est la plus grande hypothèse. Le président a parlé d'une chance sur dix de se maintenir. Il est peut-être même un peu optimiste."

L'ajustement du budget en vue d'une descente en Ligue 2 est de toutes les réunions et réflexions au club pour "amortir le choc le moins mal possible". Dans ce contexte, la réduction de la masse salariale des joueurs est la priorité.

"Faut-il vendre un joueur cet hiver alors qu'on pourrait en avoir besoin si on s'en sort? C'est toute la complexité. Nous avons des contacts, on verra dans trois matches où nous en sommes", explique encore Nicolas Holveck.

"REMONTER TOUT DE SUITE? IMPOSSIBLE"

Les agents et les clubs rôdent. L'arrière gauche Massadio Haïdara, issu du centre de formation, est un des éléments les plus convoités. Il pourrait partir dès cet hiver en cas de situation irrémédiable à la trêve et d'offre conséquente.

"La différence L1-L2 est abyssale. Le budget est divisé par trois, la chute des droits télé astronomique. Il y dix ans, une descente faisait moins mal. Les droits étaient deux fois moins importants et les écarts de salaires plus réduits", détaille une source proche du club.

Si Nancy devait descendre, ses dirigeants pensent tout de même disposer d'atouts suffisants pour envisager l'avenir avec confiance, quand bien même les exemples de clubs ayant retrouvé l'élite immédiatement sont rares.

"On a un centre d'entraînement qui est l'un des cinq plus beaux de Ligue 1, un centre de formation avec, chaque semaine, des joueurs dans toutes les sélections de moins de 16 ans à moins de 20 ans", souligne Nicolas Holveck.

"C'est un gage de pérennisation et d'amortissement pour la Ligue 2."

Une façon aussi de dessiner les contours du plan privilégié en cas de descente: bâtir sur les acquis pour ne pas mettre l'institution en danger sur le plan économique, en n'excluant pas de passer plusieurs saisons à reconstruire.

"Dire qu'on remontera tout de suite? Impossible", dit un cadre du club.

"On l'envisagera, sans garantie", dit un cadre du club. On reconstruira avec nos très bonnes générations 1993, 1994, 1995 et quelques pros qui ont connus la Ligue 2. On baissera le prix des abonnements aussi."

L'équipe, si elle n'est bien entendu pas encore définie, pourrait s'articuler autour de quelques joueurs actuels comme Romain Grange, Thomas Ayasse, Thomas Mangani ou Vincent Muratori, qui ont tous connu l'étage inférieur.

"La base sera forte et certaine. Il y aura aussi des valeurs plus régionales, plus identitaires", énonce Holveck qui veut néanmoins "encore croire au maintien".

Dernier avec six points à reprendre au 17e après 16 journées l'an dernier, Ajaccio l'avait fait.

Edité par Gregory Blachier

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