Ligue 1: Nancy, le nouveau miracle de Jean Fernandez

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L'AS NANCY EN PLEINE MÉTAMORPHOSE
L'AS NANCY EN PLEINE MÉTAMORPHOSE

par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - L'AS Nancy-Lorraine, 11e de Ligue 1 avec 39 points, vit depuis cinq semaines une véritable métamorphose qui l'a faite passer du statut de candidate à la descente à celui de trouble-fête du championnat.

Grâce à leur victoire samedi à Dijon (2-0), les protégés de Jean Fernandez ont enregistré leur quatrième succès consécutif après avoir battu Montpellier, Brest et le PSG.

"Un grand bravo aux joueurs", a simplement dit l'entraîneur Jean Fernandez, à l'issue du match, le visage inhabituellement envahi d'un large sourire.

"Ce soir, j'ai un sentiment fort, le sentiment qu'avec ce groupe, je peux partir à la guerre", a ajouté le technicien dont le choix des hommes et les choix tactiques, inopérants en début de saison, ont fini par provoquer une mue spectaculaire.

L'ASNL avait, avant cette période de cinq semaines d'invincibilité, vécu dans la peur avec 16 journées de championnat passées dans la zone de relégation. Aucun ressort, malgré la réputation de "gourou" de l'entraîneur, n'était apparent dans une formation en proie aux doutes.

"On part de très, très loin. De l'équipe-type de la saison dernière, il n'y a qu'un titulaire, André Luiz. On a rebâti une équipe en plein championnat avec des joueurs qui n'étaient pas bien physiquement, d'autres arrivés au mercato", rappelle Jean Fernandez.

TRAORÉ, l'HOMME PROVIDENTIEL

Les signatures du milieu de terrain Yohan Mollo, débarqué en Lorraine en janvier en provenance de Grenade, et de Sébastien Puygrenier, libéré par le Zénit Saint-Pétersbourg, sont pour beaucoup dans le réveil nancéien.

"C'est un groupe extraordinaire qu'on est seulement en train de construire. L'esprit est bon, la dynamique est bonne, le jeu beaucoup plus cohérent. Mais l'équilibre reste fragile. On a mis du temps à le trouver, alors restons humbles", prévient Jean Fernandez.

Pourtant, depuis le succès à domicile face à Lyon (2-0) qui a marqué le 3 mars le début d'une belle série, l'ASNL n'a à aucun moment été mise en danger par ses adversaires, à l'image du succès de samedi à Gaston-Gérard.

Les Lorrains ont outrageusement dominé la rencontre, marquant d'entrée par l'homme providentiel du moment, le milieu de terrain Bakaye Traoré, dès la sixième minute. L'international malien a par la suite doublé la mise à la 84e sur une magnifique frappe lointaine.

"Bakaye revient de loin, il était malade du paludisme, il a eu six mois compliqués. Il est parti à la CAN, cela été le déclic. Quand il est revenu, ce n'était plus le même joueur. Il est devenu déterminant", analyse Fernandez, qui n'évoque en général que très rarement les cas individuels.

"Personne ne nous pensait capable de faire ce qu'on fait, mais il faut rester calme, il manque encore quelques points. Mais on est bien partis pour rester en Ligue 1", ose dire Jean Fernandez, qui refuse toutefois de s'enflammer tant qu'un nouveau bail parmi l'élite ne sera pas mathématiquement assuré.

L'AS Nancy-Lorraine a appris à rester prudente. En mai 2000, les Lorrains, forts de 42 points, avaient rejoint le purgatoire à la différence de buts. Un traumatisme qui hante encore tous les esprits.

Edité par Olivier Guillemain

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