Ligue 1: Nancy, la tête et les jambes aux urgences

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par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Avant-dernière de Ligue 1 après une nouvelle défaite à Bordeaux et désormais absente de la future fête de l'Euro 2016 en France, l'AS Nancy-Lorraine vient de traverser l'une des semaines les plus sombres de son histoire.

La Communauté urbaine du Grand Nancy (CUGN) a renoncé à accueillir le Championnat d'Europe en 2016 en raison des coûts financiers jugés trop élevés pour agrandir et rénover le stade Marcel-Picot.

Les dirigeants du club lorrain portaient depuis plus de quatre ans ce projet de Grand Stade de 32.000 places, qu'ils considéraient comme crucial pour l'avenir de l'ASNL.

Au point que le président Jacques Rousselot s'interroge désormais sur son avenir au club et est parti s'isoler toute la semaine dans sa villa du sud de la France.

"Ce qui est le plus choquant, c'est la méthode", explique un salarié du club sous le sceau de l'anonymat, en critiquant l'attitude des responsables de la CUGN.

"Ils annoncent ça sans prévenir le club. On se demande si les élus ont, un jour, voulu de ce stade et de cet Euro. Et s'ils n'ont pas tardivement renoncé pour éviter que le club ne trouve un plan B de financement entièrement privé", estime un proche de Jacques Rousselot.

"C'est compliqué pour lui. Ce revers sur le stade et l'Euro, c'est la plus grosse raclée qu'il ait prise depuis plusieurs années. Il faut qu'il digère", juge un intime de Rousselot, devenu depuis l'été dernier membre du comité exécutif de la Fédération.

"SAUVER LE SOLDAT ASNL"

Le patron de l'ASNL, au club depuis 1994 et qui a fêté mardi ses 62 ans, était déjà affecté par la situation sportive de l'ASNL, engluée dans la zone de relégation et aux résultats en dents de scie plus qu'inquiétants dans la course au maintien.

"Dans la symbolique, cette histoire de stade et d'Euro est assez logique. Depuis la quatrième place de Ligue 1 en 2008, la gestion n'a pas été bonne: recrutement douteux, revalorisations et prolongations de contrat tous azimuts sous l'ère (de l'ancien entraîneur Pablo) Correa", regrette un ancien du club.

Jacques Rousselot, ancien PDG d'un grand groupe de distribution, a tout connu avec le club lorrain.

Il a traversé les heures noires du début des années 2000, marquées par une descente en Ligue 2, une 20e place synonyme de possible relégation en National avant, finalement de parvenir à "sauver le soldat ASNL".

"Il a toujours été trop gentil. Et c'est sa gentillesse et sa générosité qui l'ont perdu depuis 2008. La crise n'était pas là. Mais la crise, elle a aussi bon dos. Il faudrait que tout le monde soit aussi inquiet que lui. Je ne sais pas si c'est le cas", assure un proche.

Le trophée de la Coupe de la Ligue 2006 trônant toujours dans son bureau, Jacques Rousselot mûrit donc sa décision.

Un de ses anciens associés envisage les hypothèses: "Il rentre, vend quelques joueurs pour se rembourser un peu de tout ce qu'il a investi dans le club, trouve un repreneur et dit au revoir."

"Mais il peut aussi se lancer en politique", ajoute-t-il.

Après la remontée dans l'élite en 2005, les dirigeants de Nancy s'étaient fixés comme objectif de pérenniser le club au plus niveau.

Pari tenu pour l'instant, mais aujourd'hui les joueurs, qui reçoivent la lanterne rouge Ajaccio samedi, courent après le maintien, et le club a raté le train de l'Euro.

Edité par Pascal Liétout

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