Ligue 1: Nancy fait "un truc de ouf", selon Jacques Rousselot

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JACQUES ROUSSELOT ENTHOUSIASTE FACE À LA RÉUSSITE NANCÉIENNE LORS DE LA PHASE RETOUR DE LA LIGUE 1
JACQUES ROUSSELOT ENTHOUSIASTE FACE À LA RÉUSSITE NANCÉIENNE LORS DE LA PHASE RETOUR DE LA LIGUE 1

par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Nancy est sorti le week-end dernier de la zone de relégation qu'il occupait depuis la sixième journée de Ligue 1 grâce à sa victoire 3-1 à domicile contre Evian-Thonon-Gaillard et peut désormais espérer se maintenir.

Le club lorrain, que tout le monde du football donnait pour mort à Noël avec ses 11 maigres points à l'issue de la phase aller, a souffert pendant sept mois et compte une unité d'avance sur les relégables avant d'aller à Valenciennes pour la 34e journée, samedi.

Doutes et questionnements ont ponctué une saison qui restera quoi qu'il arrive particulière et sur laquelle revient déjà le président Jacques Rousselot dans un entretien à Reuters.

Reuters: Comment avez-vous vécu cette semaine hors de la zone de relégation, la première depuis 27 matches ?

Jacques Rousselot: On est heureux, mais rien n'est fait pour autant. Il faut aller chercher les points nécessaires au fabuleux challenge qu'on s'est fixé. Ce qu'on est en train de vivre, est merveilleux, fantastique presque incroyable. Depuis les matches retour, je savoure, je me délecte. Je vis avec un groupe remarquable de talent, d'envie, de détermination et d'ingéniosité. C'est ce qui fait le renouveau de cette ASNL. Mes joueurs sont en train d'écrire la plus belle page de l'histoire de l'ASNL, peut-être même du football français voire européen. On ne s'enflamme pas, on reste prudent. Il faut encore deux ou trois bons résultats. Prendre 23 points en 14 matches c'est remarquable. On est cinquième de la phase retour. C'est vraiment fabuleux. Le public est derrière nous, on a un coefficient de sympathie, un engouement comme jamais je n'en ai connu.

Reuters: Vous aviez 11 points à la trêve. Y avez-vous toujours cru ?

J.R.: Oui et non. Je me suis dit qu'on allait tenter le coup. Je leur ai dit qu'il restait 19 matches, 57 points. Je m'étais dit que si on n'en prenait que la moitié, il y avait peut-être un coup à jouer avec nos 11 points déjà pris. Ils ont pris conscience qu'il y avait quelques choses à faire. Certains étaient laissé pour compte, avaient besoin de temps de jeu et montrer qu'ils pouvaient répondre présent comme Thomas Mangani, Thomas Ayasse. Ils ont été tous les deux les ressorts du renouveau de l'ASNL. Je pense aussi à Benjamin Moukandjo même s'il était mis au pilori par beaucoup. Si on se maintenait, ce serait unique en France, mais on n'en est pas encore là (...) Mais on est sur la bonne trajectoire pour aller quelque chose de fa-bu-leux, de merveilleux, de fantastique, d'incroyable.

Reuters: Avez-vous pensé à quitter vos fonctions cette saison ?

J.R.: Quand on est acculé, pris dans la nasse, que c'est compliqué, qu'on ne voit pas la sortie du tunnel, qu'on est englué dans un bourbier sans nom, ça vient à l'esprit parce que c'est très très long. Mais je ne lâche pas comme ça. Il y a eu des moments de découragements, c'est sûr. J'ai connu des saisons difficiles, compliquées. On a connu des traversées du désert, en Ligue 2, la descente en 2000 notamment. Mais aujourd'hui, il y a une telle incidence économique, une descente serait une catastrophe industrielle. A Noël, je me suis dit que ça allait être une galère. C'est pour ça que j'ai dit aux garçons: "il reste 19 matches, on y va, on ne lâche pas, on ne baisse pas les bras, il faut réussir un truc de ouf".

Reuters: Et Patrick Gabriel a remplacé Jean Fernandez...

J.R.: Ce qui manquait, c'était une fraîcheur, une joie de vivre. Patrick Gabriel a enlevé la chape de plomb qui était sur le groupe. Il a redonné le goût à certains de se libérer. Certains se sont transformés. Je pensais qu'il aurait du retard à l'allumage, le temps de prendre la mesure du groupe. Mais non. On a l'impression qu'il a 10 ou 15 ans de carrière d'entraîneur de Ligue 1. Lui, il travaille beaucoup. Ce serait dégueulasse de ma part de ne pas le reconduire et de ne pas lui proposer quelques chose. C'est l'homme de la situation. On va en rediscuter. Mais ça va de soi. Si Patrick Gabriel réussit ce challenge, il méritera une statue. Je ne sais pas où je la mettrais (rires). Quant à Jean Fernandez, tant mieux pour lui d'avoir retrouvé un club. Ça ne me pose aucun problème (...) Si on peut lui dire merci d'être parti? Joker. Mais l'environnement nancéien a compris que le groupe était libéré.

Reuters: Vous êtes-vous lancé un challenge personnel en cas de maintien ?

J.R.: Si on réussit, ce qui n'est pas fait, on partira du stade Marcel-Picot et on se fera un Nancy-La Schlucht à vélo (un col qui délimite Alsace et Lorraine, ndlr). On le fera avec tous ceux qui voudront bien partir avec nous, avec tout le staff. Certains seront dans les voitures-balais (rires). Mais je le ferai quitte à crever en haut, après avoir dégusté une bonne bouteille de champagne à l'arrivée.

Reuters: Où en êtes-vous de la recherche d'investisseurs ?

J.R.: On a laissé la question de côté parce qu'on avait d'autres préoccupations. Je voulais continuer en tant qu'investisseur principal et actionnaire. Et je ne voulais pas laisser la société au milieu du gué. Il y a toujours trois investisseurs en contact avec nous. Il faut qu'on rediscute. On va revoir ça d'ici la fin de saison. On en avait un mais il voulait avoir la majorité. Et j'étais un peu réticent car l'ASNL m'est chevillée au corps et je ne voulais pas laisser partir mes parts comme ça. C'est un club qui me procure des joies, des peines aussi. Plus de peines que de joies, mais je suis attaché aux hommes, aux collaborateurs.

Edité par Gregory Blachier

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