Ligue 1: Montpellier ou Lyon, l'OM refuse de choisir

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L'OM FACE À UN DILEMME
L'OM FACE À UN DILEMME

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Entre une rencontre de prestige mercredi à domicile contre le leader de la Ligue 1, Montpellier, et une finale de Coupe de la Ligue samedi contre Lyon, capitale pour son avenir européen, Marseille est face à un dilemme cornélien.

Les Marseillais, qui n'ont plus rien à espérer en championnat, peuvent être tentés de préserver leurs forces avant le choc du Stade de France. Mais ils ne veulent surtout pas être accusés de fausser la phase finale de la Ligue 1, dans ce match en retard de la 30e journée face à Montpellier.

En cas de victoire, Montpellier reprendrait le large au sommet de la Ligue 1, avec trois points d'avance sur le Paris Saint-Germain et une différence de buts favorable (+4), à sept journées de l'épilogue.

A l'OM, chacun est conscient que la Coupe de la Ligue est la dernière chance pour le club d'obtenir une qualification européenne, indispensable à son équilibre financier.

Marseille reste sur 11 rencontres sans victoire, dont dix défaites, la pire série dans l'histoire du club. "Quand on est entraîneur, c'est un long tunnel. C'est une période très difficile pour tout le monde", reconnaît Didier Deschamps.

Dans ce contexte, la tentation est grande d'économiser les cadres d'une équipe, physiquement et moralement émoussés.

"En tant qu'entraîneur, c'est impossible que je prépare mon équipe en lui disant: 'jouez le match mais ne le gagnez pas et encore moins perdez-le'. Je ne fonctionne pas comme ça", déclare Didier Deschamps, pour couper court à toute polémique.

"Si Montpellier gagne, c'est qu'ils l'auront mérité", estime le coach phocéen, tout en reconnaissant que ses joueurs ont le match contre Lyon "déjà dans la tête".

"Aujourd'hui deux équipes sont à la lutte pour le titre. Montpellier est en confiance. Le classement parle pour eux. Ils ont démontré sur le terrain qu'ils ont le potentiel pour être champion de France", ajoute-t-il.

L'APPEL À PERDRE DES SUPPORTERS

Battu dimanche sans démériter à Paris face au PSG (2-1), Marseille affirme vouloir jouer à fond son rôle d'arbitre. "La seule différence, c'est qu'il y a un match qui peut donner un titre mais, dans notre situation, les trois points sont importants", dit l'entraîneur de l'OM.

Sauf que certains supporters marseillais appellent à laisser Montpellier l'emporter au stade Vélodrome, en incitant leur équipe à ne pas "oublier les leçons de l'histoire", référence à la victoire de Bordeaux face au PSG en 1999 qui a offert le titre aux Girondins aux dépens de l'OM.

"Pour que le PSG ne finisse pas champion cette année, donnons le maximum de possibilité à Montpellier. Que les joueurs restent à leur niveau et qu'ils prolongent cette série de mauvais résultats", écrit ainsi le club des South Winners sur son site internet.

A Montpellier, on s'amuse de l'appel de ces supporters marseillais, mais on ne croit guère à une démobilisation de l'adversaire. "Que les supporters marseillais disent qu'ils préfèrent que ce soit nous plutôt que Paris, cela vous étonne?", demande avec un brin de malice l'entraîneur René Girard.

"Mais lâcher un match...Ce n'est quand même pas eux qui jouent (...) Quand vous êtes compétiteurs, ce sont des choses qui ne vous viennent même pas à l'esprit", poursuit-il.

Selon Olivier Giroud, c'est une équipe revancharde que Montpellier aura en face. "Marseille nous attend de pied ferme après la série noire qu'ils sont en train de vivre, ils vont avoir à coeur de réagir", juge le meilleur buteur de Ligue 1 (18 buts).

Pour ce déplacement, le plus court de la saison pour Montpellier, René Girard peut compter sur un effectif au complet. Geoffrey Dernis a cependant été jugé trop juste pour faire partie du groupe.

Avec une équipe à la 9e place à 23 points du duo de tête, Deschamps devrait de son côté laisser au repos son meilleur artificier, Loïc Rémy (dix buts en championnat) et probablement le défenseur César Azpilicueta, touché à une cheville dimanche.

"J'ai une gestion d'effectif à faire avec la répétition des matches et certains joueurs éliminés d'office, comme Loïc Rémy, qui serre les dents mais ne peut pas accélérer son jeu. Cela semble aussi difficile pour Azpi, même s'il n'y a pas de gravité", déclare le champion du monde 1998.

Avec Dimitri Moulins à Montpellier, édité par Pascal Liétout et Gilles Trequesser

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