Ligue 1: Montpellier, la fin d'une belle histoire

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UNE FIN DE SAISON EN FORME DE TRANSITION POUR MONTPELLIER
UNE FIN DE SAISON EN FORME DE TRANSITION POUR MONTPELLIER

par Dimitri Moulins

MONTPELLIER (Reuters) - Montpellier tourne déjà la page d'une saison compliquée et, alors qu'il reste cinq journées à disputer, se projette sur la prochaine qui verra Jean Fernandez remplacer sur le banc René Girard, l'homme du premier titre de champion de France.

La saison avait mal débuté pour les Héraultais, qui ont eu des difficultés à gérer de front le championnat et la Ligue des champions que la plupart d'entre eux découvraient. Elle s'achève sur fond de polémique entre Girard et son président, Louis Nicollin.

Ce dernier a annoncé l'arrivée de Jean Fernandez lundi. Il avait choisi la date depuis plus d'un mois. La veille, le MHSC avait restitué à la Ligue de football professionnel le trophée qui ne devrait pas échapper au Paris Saint-Germain.

"Pour moi, c'est un honneur, une grosse responsabilité. Avec le président, on a la même passion du football", a expliqué Fernandez, parti de Nancy dans des conditions houleuses cet hiver.

Louis Nicollin a dit se tourner vers "un gars bien" après un déjeuner dans sa propriété de Marsillargues (Hérault), avec son fils Laurent, président délégué, Bruno Carotti, directeur sportif, et Philippe Delaye, coordinateur sportif.

FRACTURE ENTRE NICOLLIN ET GIRARD

Pendant que l'encadrement du club regardait vers l'avenir, René Girard doit terminer sa quatrième saison avec le MHSC.

Après une qualification pour la Ligue Europa la première année, une finale de Coupe de la Ligue la deuxième et le titre lors de sa troisième saison, il vit aujourd'hui une fin de mandat difficile.

Son départ a été annoncé sans grand ménagement et son remplaçant a été présenté alors que le championnat n'est pas terminé même si Montpellier, huitième à dix points du podium, n'a plus grand-chose à espérer.

"Il y a un boss, il a décidé de faire comme cela, c'est son problème, pas le mien", a confié jeudi René Girard.

"Je veux rester au-dessus de tout cela, je n'ai pas envie de me mettre à ce niveau-là, de rentrer dans des querelles de clochers, il n'y a qu'à prendre ces quatre années, ce qu'on a fait, cela parle tout seul. Après, peu m'importe."

Louis Nicollin a de son côté reconnu des difficultés de communication avec le futur ex-entraîneur: "On ne se parle pas trop avec René Girard, je ne sais pas comment cela va se finir", a-t-il lâché en début de semaine.

"Il peut dire merci quand même. Pendant quatre ans, c'est moi qui lui ai fait vivre des bons moments, c'est moi qui suis allé le chercher. Je pense qu'il l'oublie un peu mais ce n'est pas grave, il fait partie des personnages qui ont fait la Paillade, mais on ne va pas pleurer, ni lui, ni moi."

Louis Nicollin évoque là la confiance accordée à René Girard alors que celui-ci était sans poste, après avoir été démis de ses fonctions de sélectionneur des Espoirs en 2008. Aujourd'hui, la fracture est nette entre les deux hommes.

"Le football, ce n'est pas ce que je vis actuellement. Non, ce n'est pas ça. C'est ce que j'ai vécu pendant quatre ans sur le terrain", insiste l'entraîneur. "Cela a été quelque chose de superbe, je me suis éclaté. Maintenant, on tourne la page."

UNE SAISON DÉCEVANTE

La page est tournée d'autant plus vite qu'après sa défaite à domicile le week-end dernier contre Lyon (2-1), Montpellier n'a plus rien à jouer.

Le tenant du titre, touché par de nombreuses blessures durant toute la saison, orphelin de son meilleur buteur Olivier Giroud, parti à Arsenal l'été dernier, n'a jamais pu aligner son équipe type et jamais su revenir dans la course à l'Europe.

"Le fait de s'être maintenu, c'est déjà très bien pour le club, la saison aurait pu être plus délicate", concédait jeudi le défenseur Benjamin Stambouli.

"On a découvert la Ligue des champions avec un effectif plutôt jeune. Finalement, c'était une année de découverte."

De fait, Montpellier n'a pas tenu le rythme.

"Un statut à assumer, ce n'est pas si facile que cela", explique Stambouli. "Il y avait beaucoup d'attentes dans notre camp aussi, une certaine pression difficile à gérer. C'est ça qui a beaucoup changé par rapport à la saison dernière."

Le départ d'Olivier Giroud, auteur de 21 buts la saison passée et que ni l'Argentin Emanuel Herrera (six buts), arrivé du Chili, ni Gaëtan Charbonnier (quatre buts), venu de Ligue 2, n'ont su remplacer, a aussi fait plus de dégâts qu'attendu.

"Ce n'est qu'un seul joueur mais il représentait quand même beaucoup", raconte Stambouli. "C'était le meilleur buteur du championnat, c'est lui qui a souvent marqué le seul but de nos victoires 1 à 0 lors d'un certain nombre de matches, il nous a pas mal manqué."

Sans Mapou Yanga-Mbiwa parti durant le mercato d'hiver, sans Younès Belhanda et Henri Bédimo, annoncés partants, sans René Girard, qui a participé à la professionnalisation du club du point de vue sportif, Montpellier va devoir reconstruire.

Il va aussi retrouver des ambitions beaucoup plus classiques que celles affichées en début de saison: "Se maintenir et faire de temps en temps un parcours en Coupe de France", martèle Louis Nicollin.

Comme avant, quand le MHSC n'était qu'un club comme un autre et n'imaginait même pas devenir un jour champion de France.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Grégory Blachier

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