Ligue 1: Monaco, rocher dans la chaussure du PSG ?

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par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - A peine la Ligue 1 a-t-elle fait le Paris Saint-Germain roi que déjà un rival venu de principauté menace de le détrôner.

Dans les 18 autres clubs, renvoyés pour la plupart à leurs difficultés économiques, dirigeants ou joueurs sont nombreux, déjà, à résumer la saison qui débute ce week-end au duel entre Paris et Monaco.

L'un, toujours abondé par ses propriétaires qataris, a fait le nécessaire sur le marché des transferts pour étendre son règne. L'autre, assis sur la fortune de son président russe, s'est offert un peu de ce qui se fait de mieux en Europe.

Si l'histoire, même très récente, s'écrit aussi grâce aux petits qui en remontrent aux grands, comme Montpellier, capable il y a un an de retarder la prise de pouvoir parisienne, il n'y a plus grand monde, pour ne pas dire personne, pour y croire.

Au printemps dernier, Paris n'a eu besoin que d'accélérer un peu pour décrocher les suiveurs. Marseille a fini en roue libre après avoir assuré sa deuxième place et échoué à 12 longueurs. Lyon, qui lui tenait encore tête à la 22e journée, à 16.

L'un comme l'autre ont besoin de la Ligue des champions. Un besoin vital. Mais l'un comme l'autre paraissent bien loin du PSG, et l'émergence de Monaco risque de les réduire une lutte pour la troisième place qui fera des dégâts.

"NOUS PARTONS DE ZÉRO"

Rien, pourtant, n'a été simple dans la capitale et sur le Rocher.

Le premier titre du PSG depuis 1994 aurait dû être une fête, accompagné qu'il avait été d'une présence en quart de finale de la Ligue des champions.

Des débordements du Trocadéro qui ont gâché les célébrations au départ de Leonardo, suspendu plus d'un an pour avoir bousculé un arbitre, en passant par les difficultés à trouver un successeur à Carlo Ancelotti, Paris a rarement été souverain.

L'arrivée de Laurent Blanc sur le banc -même s'il n'était pas le premier choix des Qataris- et la mise en route du mercato ont apaisé les esprits.

Edinson Cavani a rejoint le PSG pour 64 millions d'euros, un nouveau record en Ligue 1, et promet de former une attaque des plus redoutables avec Zlatan Ibrahimovic.

La meilleure au monde, selon Leonardo, qui a ensuite bouclé les arrivées de Marquinhos et Lucas Digne, pour un total des trois d'environ 110 millions. Et puisqu'aucun élément majeur n'est parti, il n'y a pas de raison que le PSG soit moins fort.

Laurent Blanc veut que son équipe séduise et aura l'avantage de faire évoluer ensemble des joueurs qui se connaissent déjà bien. Atout dont ne disposera pas son homologue monégasque Claudio Ranieri.

"Il va falloir recréer une équipe, un collectif, une identité et une histoire. Nous partons pratiquement de zéro", a-t-il dit dans un entretien à Reuters.

Sa chance est de construire avec du costaud. Du brillant, même. Autant Paris a mis du temps à dégainer, puisqu'il lui fallait d'abord un entraîneur, autant Monaco a agi vite.

ARCS ET FLÈCHES CONTRE BAZOOKAS

Dès juin, le président Dmitry Rybolovlev puisait dans sa fortune -la 119e mondiale selon Forbes-, pour attirer Radamel Falcao, James Rodriguez et le Portugais Joao Moutinho.

Un recrutement à 130 millions d'euros, soit davantage que le budget de Marseille, autant que celui de Lyon. Puis sont arrivés les deux Français Jérémy Toulalan et Eric Abidal, ainsi qu'un défenseur expérimenté avec Ricardo Carvalho. Entre autres.

Champion de Ligue 2 en mai, Monaco alignera un des onze les plus attrayants de Ligue 1 et les défenses s'apprêtent à souffrir face à Falcao, buteur qui a peu d'équivalent, ou Moutinho, maître dans l'art de déchirer les lignes adverses.

Si Ranieri parvient à trouver l'alchimie, il sera sans doute à la tête du principal rival du PSG, même si sa propre défense n'offre pas tant de garantie.

Et quand bien même il lui faudra peut-être partir avec deux points de moins -il devait en savoir plus ce jeudi après avoir fait appel- et gérer le conflit qui l'oppose aux instances fédérales sur la localisation de son siège, donc sa fiscalité.

En cas d'échec du projet monégasque, l'OM et l'OL seront en embuscade, comme à un degré moindre Saint-Etienne, qui a perdu son buteur Pierre-Emerick Aubameyang, voire Nice et Lille.

Marseille apparaît le mieux armé puisqu'il a conservé toutes ses troupes et a été le seul autre club vraiment actif sur le marché des transferts en dépensant un peu plus de 20 millions.

Dimitri Payet, international aux 12 buts et 12 passes l'an dernier, l'attaquant Saber Khlifa (13 buts avec Evian TG), ainsi que le meilleur joueur de Ligue 2 la saison dernière, Gianelli Imbula, 20 ans, sont arrivés.

L'entraîneur Elie Baup, parti pour atteindre la cinquième place en août dernier et bien mieux loti au final, veut croire que cela sera suffisant pour au moins faire le match.

"(Paris et Monaco) sont armés avec du lourd mais on ne va pas se lancer dans cette bataille avec des arcs et des flèches face à des bazookas ou des armes nucléaires", lance-t-il.

Quant à Lyon, il a dégraissé, s'est renforcé à moindre frais en attendant une qualification pour la Ligue des champions qui pourrait modifier ses perspectives et la jeunesse de son groupe le ramène de plus en plus à l'âge où certains jouent aux cowboys et aux indiens.

Mais les Maxime Gonalons ou Clément Grenier affirment être prêts au combat, même avec des arcs et des flèches.

Avec Etienne Ballerini à Monaco et Francois Revilla à Marseille; édité par Julien Prétot

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