Ligue 1: Monaco, l'atout de la fortune

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UN RECRUTEMENT DE STARS À L'AS MONACO
UN RECRUTEMENT DE STARS À L'AS MONACO

par Etienne Ballérini

MONACO (Reuters) - À peine revenus dans l'élite, l'AS Monaco et son propriétaire milliardaire, le Russe Dmitry Rybolovlev, ont frappé fort cet été avec un recrutement de stars, Radamel Falcao en tête, afin de concurrencer très vite le Paris Saint-Germain.

Les Monégasques tournent ainsi la page d'une période sombre, durant laquelle ils ont traversé des difficultés financières, multiplié les erreurs de gestion et de recrutement, usé plusieurs entraîneurs et, finalement, chuté en Ligue 2 en 2011.

Contraint de faire sa métamorphose, le club a cédé une participation majoritaire (66,67%) à Rybolovlev, 119e fortune mondiale selon le magazine Forbes. Une fois président, il a promis de donner au club les moyens de ses ambitions.

Parole tenue.

Grâce à ses premiers investissements - environ 40 millions d'euros -, l'ASM a fini premier de son championnat en mai et validé son billet pour l'étage supérieur.

Mais la boulimie des nouveaux dirigeants ne se limite pas aux frontières françaises.

La prochaine étape consiste à se qualifier dès cette saison pour la Ligue des champions afin de retrouver le grand monde européen en 2014, dix ans après la finale perdue contre Porto.

Pour ce faire, Monaco a déboursé plus de 150 millions d'euros pour attirer des stars, comme Radamel Falcao, l'ancien "goleador" de l'Atlético Madrid, James Rodriguez et Joao Moutinho, venus de Porto, et les Français Jérémy Toulalan et Eric Abidal.

Mais, assure-t-on sur le Rocher, Monaco a fait sa révolution sans trahir son identité.

"On a voulu rester en harmonie avec ce qui fait l'ADN de Monaco, le beau jeu", dit le directeur sportif, Vadim Vasilyev.

"Notre recrutement est fait dans cet esprit, alliant expérience et jeunesse, lui permettant d'être compétitif au haut niveau. Le président est là pour construire une grande équipe."

Car en dépit de la venue de ces joueurs d'expérience, l'ASM continue de miser sur des jeunes, qu'ils soient issus du centre de formation comme Yannick Ferreira Carrasco, ou d'horizons plus lointains, comme Lucas Ocampos, Nicolas Isimat-Mirin ou Fabinho.

TEMPS LIBRE

Ces espoirs, en lesquels Monaco veut voir des héritiers de Thierry Henry, David Trezeguet ou Lilian Thuram, sont invités à se mettre le plus vite possible au niveau dans un contexte où le temps presse.

Le promu devra vite rivaliser avec des clubs bien installés dans le Top 5, comme Lyon, Marseille et, surtout, le Paris Saint-Germain, l'autre nouveau riche du football français.

Pour l'instant, les joueurs comme l'entraîneur, Claudio Ranieri, louent la bonne atmosphère dans le vestiaire. Et le technicien "apprécie le relationnel qui s'est créé entre les nouvelles recrues et les anciens".

Le défenseur Gary Kagelmacher souligne "la dynamique de concurrence et l'état d'esprit affiché pour relever le défi".

Valère Germain préfère évoquer "la disponibilité et l'humilité des nouvelles recrues, soucieuses de s'intégrer et en même temps d'apprendre aux jeunes. Ils sont simples et intelligents et ils ont suffisamment de talent et de qualités pour les mettre au service du collectif."

Monaco se prépare donc à relever le défi du championnat avec un groupe de joueurs aux dents longues et avec l'avantage de ne pas avoir, comme ses principaux rivaux, un calendrier encombré par les rencontres européennes.

"On aura plus de temps libre pour préparer nos matches et travailler", relève Claudio Ranieri, qui ne s'en plaint pas. Même s'il sait que, pour ses stars, elles sont une motivation supplémentaire.

Malgré tous ses atouts, l'ASM devra faire avec deux points retirés par la Ligue de football professionnel (LFP) en sanction d'incidents survenus lors du dernier match à domicile, en mai.

Il devra aussi faire avec les éventuelles conséquences de son litige avec les instances du football français qui veulent le contraindre à installer son siège social sur le sol français par souci d'équité fiscale.

Il n'empêche, ce groupe est vu comme le possible successeur de celui qui, en 1977-78, avait réalisé une prouesse : être sacré champion l'année de son retour dans l'élite.

Edité par Simon Carraud et Grégory Blachier

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