Ligue 1: Lyon revient à la raison

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LYON DÉCOUVRE L'AUSTÉRITÉ
LYON DÉCOUVRE L'AUSTÉRITÉ

par André Assier

LYON (Reuters) - Habitué à mener grand train, Lyon découvre l'austérité à l'orée de sa première saison sans Ligue des champions depuis l'an 2000.

Contraint à se comporter en fourmi plutôt qu'en cigale au sortir d'un troisième exercice déficitaire - perte de 9,3 millions d'euros après 35 millions en juin 2010 et 28 millions en juin 2011 -, Lyon ne s'en revendique pas moins ambitieux.

"Cette saison, il y aura très peu de changements donc nous n'aurons pas l'excuse de ne pas se connaître. Si nous démarrons bien le championnat, il faudra compter sur nous", prévient l'attaquant Jimmy Briand.

La préparation a déjà permis à Lyon de garnir son palmarès d'un Trophée des champions supplémentaire, le septième. Le vainqueur de la Coupe de France a battu aux tirs au but le champion, Montpellier, dans cette rencontre jouée à New York.

"Ce titre, c'est beaucoup plus important qu'il n'y paraît", affirmait après le match le président de l'OL, Jean-Michel Aulas. "L'OL a retrouvé le goût de la victoire et j'espère que cela va créer une dynamique pour la saison à venir."

Même s'il n'est pas monté sur le podium pour la première fois depuis 1998, Lyon a en effet profité de la saison dernière pour gagner à nouveau, inscrivant une coupe à un palmarès qui restait vierge depuis 2008.

MEILLEUR CLUB FRANÇAIS

A l'heure où l'ogre français des années 2000 voit le Paris Saint-Germain, épouvantail de la Ligue 1, lui voler la vedette, Jean-Michel Aulas sait exploiter ce sursaut.

"Nous sommes qualifiés pour la 16e fois de suite en coupe d'Europe, rappelle-t-il. Nous restons aussi 10e à l'indice UEFA, ce qui fait de Lyon le meilleur club français, loin devant le PSG qui est 46e. Et avec le Trophée des Champions, nous en sommes à 17 titres gagnés en douze saisons."

L'OL sait pourtant que derrière le triomphe annoncé du PSG, la lutte sera rude. Il n'est plus question de titre mais plutôt de retrouver la plus prestigieuse des scènes européennes.

"J'espère que nous allons nous qualifier l'an prochain pour la Ligue des Champions. Et cela sans prendre d'engagement. Il faut tenir compte d'un certain nombre de réalités économiques", dit Jean-Michel Aulas.

Ces réalités ont déjà contraint l'OL à réduire son effectif et avec lui une masse salariale imposante. Après le Brésilien Ederson et le Ghanéen John Mensah, le Suédois Kim Källström est parti après six ans au club. D'autres départs majeurs sont attendus, d'autant que le patron du club a eu des mots sévères sur plusieurs de ses joueurs durant l'été.

Quant au projet du Stade des Lumières, censé incarner une nouvelle ère et permettre au club d'assouvir plus aisément ses ambitions à l'avenir, il a pris du retard. La pose de la première pierre est désormais prévue en fin d'année.

"Nous avons failli nous brûler les ailes car nous sommes allés trop loin, avoue Jean-Michel Aulas. Nous avons la volonté de rester parmi les meilleurs clubs français pendant la construction du stade. Une fois celui-ci construit et avec les revenus associés, l'objectif sera de revenir parmi les meilleurs européens."

LA LIGUE EUROPA À DÉCOUVRIR

Sans les revenus de la Ligue des champions et en attendant cet écrin, Lyon s'est mis au régime, loin des derniers étés fastes en investissements sur de nouveaux joueurs - 90 millions d'euros en 2009, ou 22 millions pour le seul Yoann Gourcuff en 2010.

Aujourd'hui, Lyon doit, comme la plupart des clubs français, vendre avant d'acheter, quitte à laisser passer des joueurs qu'il convoitait, comme le Troyen Djibril Sidibé, parti à Lille pour un peu plus de deux millions.

L'entraîneur Rémi Garde s'en accommode.

"Manquer la ligue des champions, ce n'est pas la fin du club. Nous étions dans une phase de transition. Nous y sommes encore et il faut continuer de travailler", dit-il.

Cette saison, il emmènera ses joueurs sur le terrain de la Ligue Europa auxquels ils ne sont pas habitués mais, à entendre l'attaquant Bafétimbi Gomis, qu'ils découvriront avec appétit.

"En France, on a l'habitude de dénigrer l'Europa League. Personnellement, voir chaque année des équipes portugaises ou espagnoles en finale, cela me fait mal. Ce sera un beau challenge à relever. Pour le club, c'est une superbe aventure."

Elle donnera, quoi qu'il arrive, du piment à une saison que Jean-Michel Aulas espère plus belle que la précédente, malgré des moyens moindres. Cette ambition, dit-il, a motivé les critiques formulées envers les "cadres" cet été.

"Ces propos étaient collectifs et réfléchis. La traduction de ce que j'ai dit c'était 'attention, cela ne va pas se passer comme la saison dernière'. (...) J'ai toujours défendu les joueurs. J'ai peut-être été trop généreux avec eux", dit-il.

Edité par Grégory Blachier pour le service français

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