Ligue 1: Lille veut soigner sa relance

le
0
SOUS LA HOULETTE DE RENÉ GIRARD, LE LOSC ENTAME UN NOUVEAU CYCLE
SOUS LA HOULETTE DE RENÉ GIRARD, LE LOSC ENTAME UN NOUVEAU CYCLE

par Pierre Savary

LILLE (Reuters) - Privé de coupe d'Europe cette saison et obligé de vendre des joueurs cadres pour boucler son budget, le Losc démarre un nouveau cycle avec un nouvel entraîneur, René Girard, un effectif rajeuni mais beaucoup d'ambitions.

En terminant sixième du dernier championnat, le champion de France 2011 a réalisé sa plus mauvaise saison depuis 2007-2008.

Devenu un habitué de la Ligue des champions, Lille paye aujourd'hui les conséquences financières de ce raté puisque le manque à gagner est de plus de 20 millions d'euros, même pour un club qui n'y a jamais brillé.

Il a en outre dû gérer une masse salariale qui a explosé après le doublé Coupe-championnat d'il y a deux ans. A l'orée d'une nouvelle saison, ne restent plus des cadres d'alors que Franck Béria et Florent Balmont.

Même doté d'un nouveau stade, qui est aussi générateur de coûts, sans possibilité de recettes supplémentaires, sans mécène non plus, le Losc a réduit son train de vie et vendu à l'intersaison ses meilleurs atouts sportifs, les plus cotés sur le marché.

Aurélien Chedjou, pièce maîtresse de la défense lilloise, a rejoint les Turcs de Galatasaray. Lucas Digne, grand espoir français au poste de latéral gauche, est parti au PSG. Dimitri Payet, qui avait tenu l'équipe à bout de bras l'an dernier (12 buts, 12 passes) a filé à Marseille.

Quant à Salomon Kalou, au salaire très important, il est encore là et devrait rester. Mais il ne serait pas non plus retenu si une offre intéressante l'incitait à partir.

Lille a ainsi récupéré plus de 30 millions d'euros d'indemnités de transferts et a passé sereinement l'examen de la Direction nationale du contrôle de gestion. Mais cette saignée pose question quant au niveau de l'équipe.

Pour entamer ce nouveau cycle, les Nordistes ont choisi René Girard pour remplacer Rudi Garcia, l'entraîneur du doublé, parti à l'AS Rome. L'ex-Montpelliérain, champion en 2012, positive même s'il sait disposer de moins de moyens que son prédécesseur.

"Nous nous devons d'être ambitieux, j'ai la volonté d'aller haut, d'aller titiller les plus gros, les meilleurs", dit-il. "Cette équipe a de la qualité, j'en suis certain, du potentiel, nous sommes ambitieux et impatients de prouver ce que nous sommes capables de faire."

L'ANNÉE MARTIN?

Dépouillé de ses meilleurs éléments comme à chaque mercato depuis deux ans, le Losc n'est pas pour autant dénué d'atouts.

Le gardien international nigérian Vincent Enyeama est de retour de prêt et sera le numéro un du poste. L'international danois Simon Kjaer, passé par Palerme et Wolfsburg, est venu pallier le départ de Chedjou.

Et le néo-champion du monde des moins de 20 ans Florian Thauvin, malgré la cour pressante de Marseille, devrait porter des espoirs, tout comme les prometteurs Soualiho Meïté (ex-Auxerre) ou Pape Souaré (retour de prêt de Reims).

Le premier a toutefois réussi à s'attirer l'hostilité du public du stade Pierre-Mauroy avant même d'en avoir foulé la pelouse puisqu'aux sirènes de l'OM, il a répondu en disant regretter d'avoir signé à Lille dès janvier.

Lille fait aussi le pari que plusieurs joueurs retrouveront cette année leur meilleur niveau, à commencer par Marvin Martin.

Timide et dans l'ombre de Dimitri Payet, l'ex-Sochalien a parfois été transparent l'an dernier. Mais il semble avoir retrouvé au cours des matches de préparation le niveau qui l'avait hissé en équipe de France.

"L'année dernière va me servir sur le plan mental, j'ai beaucoup appris. J'ai mûri. Il fallait en passer par là", dit-il. "Quand on est milieu et passeur, avoir des attaquants avec différents profils, ce qui est le cas à Lille, c'est super intéressant. On a tout pour faire une belle saison, le groupe a peu changé, même s'il y a eu de gros départs. On peut faire un bon truc."

Ryan Mendes, absent sur blessure depuis décembre, revient aussi en forme et offre des solutions offensives, tout comme Divock Origi, lancé par Rudi Garcia l'an passé et dont la progression est intéressante.

Avec beaucoup de jeunes, ce qu'il avait déjà à Montpellier et qui lui a bien réussi, René Girard ouvre une nouvelle ère dans le Nord. Elle débutera samedi avec la réception de Lorient.

Edité par Gregory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant