Ligue 1: le Stadium de Toulouse malade de sa pelouse

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par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Mal en point en Ligue 1, le Toulouse FC dit pâtir du mauvais état de la pelouse du Stadium, où les Violets peinent à faire le jeu et où ils s'apprêtent à disputer deux matches d'affilée.

Le terrain a été particulièrement sollicité ces dernières semaines, les rencontres du TFC ayant alterné avec deux matches de rugby du Stade Toulousain contre Clermont en Top 14 puis contre les Ospreys en Coupe d'Europe.

Par malheur, le club de Ligue 1 s'apprête à enchaîner deux réceptions sur ce gazon, d'abord contre Marseille, samedi, puis contre Sochaux, le week-end suivant.

Après le nul 0-0 contre Bastia le week-end dernier, Alain Casanova a vivement regretté les mauvaises conditions de jeu et d'entraînement de son équipe et appelé la ville de Toulouse, propriétaire du stade, à trouver une solution.

"On a eu certaines journées où on était la risée de la France et on ne s'est pas exprimés, on n'a rien dit", a dit l'entraîneur à la presse. "Mais au bout d'un certain temps, ça devient pénible."

"J'espère qu'il y aura un moyen de trouver une solution. J'espère que personne ne se sent attaqué. Il faut essayer de voir les choses objectivement et de trouver des solutions."

Car les trous, les bosses et les faux rebonds risquent d'empêcher les joueurs du TFC de développer le jeu de passes léché prôné par leur entraîneur, qui espère ne pas être contraint de "renier (ses) idées".

"On me demande: 'Avec cette pelouse vous n'avez pas envie de revenir à un jeu plus direct ?'", a-t-il expliqué.

"À certains moments c'est quelque chose qui me traverse l'esprit parce que je ne veux pas que mes joueurs se mettent en difficulté sur le plan du jeu", a-t-il ajouté, même s'il assure ne pas vouloir chercher de "faux-fuyants" face à la mauvaise passe de son équipe.

LA MAIRIE APPELLE À LA "PATIENCE"

"Quand je sens que le club est en danger, je le dis. Mais je ne prends pas ce prétexte-là pour expliquer un nul contre Bastia ou un mauvais match, ça, ça ne m'intéresse pas du tout", a-t-il poursuivi.

François Briançon, adjoint au maire de Toulouse chargé des sports, reconnaît le problème soulevé par le technicien mais parle d'une situation héritée de longue date.

"On a une pelouse qui est en difficulté depuis un certain nombre d'années, parce qu'elle vit sur un substrat qui date de la création du stade, c'est-à-dire des années 1940", a dit l'élu à Reuters.

Il a toutefois exclu un renouvellement immédiat de cette couche de terre de 60 cm où doivent s'enraciner les plaques de gazon mais qui est par endroit "dure comme de la pierre".

"On y a renoncé, parce qu'on sait que dans le cadre des travaux d'aménagement de l'Euro 2016, on aura la possibilité d'intervenir (...) de façon lourde et rapide. Ce sera à la fin de la saison 2015. On sait depuis deux ans qu'on a quelques années compliquées devant nous."

Pour l'adjoint au maire, l'état actuel du terrain est également lié à un concours de "circonstances pas très agréables", avec un match de rugby "très engagé" il y a deux semaines, puis dix jours de pluie et un match de football où la pelouse est partie en lambeaux.

"On appelle à la patience, à se dire qu'on a un problème technique devant nous qui est ancien et qui aujourd'hui prend de l'importance parce qu'on a eu une série d'épisodes malencontreux", fait-il valoir, soulignant que d'autres gazons de Ligue 1 ne font pas mieux.

Après la victoire de Marseille à Bastia mercredi soir (2-1), le milieu de terrain de l'OM Joey Barton a ainsi qualifié sur Twitter la pelouse du stade de Furiani de "champ de labour".

Edité par Grégory Blachier

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