Ligue 1: le Niçois Eric Bauthéac y a toujours cru

le
0
RECONNAISSANCE TARDIVE POUR LE NIÇOIS ÉRIC BAUTHÉAC
RECONNAISSANCE TARDIVE POUR LE NIÇOIS ÉRIC BAUTHÉAC

par Etienne Ballerini

NICE (Reuters) - Arrivé sur la pointe des pieds l'été dernier à Nice, Eric Bauthéac est aujourd'hui un titulaire indiscutable dans le onze de départ de Claude Puel chaque week-end, une reconnaissance tardive pour ce milieu de terrain au parcours atypique.

"Se battre et ne rien lâcher". Telle est la devise de ce joueur de 25 ans, originaire de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard.

Un coup d'oeil rapide à son CV suffit à être persuadé de la pertinence de cette maxime de vie.

Né d'une mère professeur d'athlétisme, Eric Bauthéac a longtemps pratiqué ce sport en parallèle du football jusqu'à ce qu'il décide à 13 ans, de se consacrer pleinement à ce qui allait devenir plus tard son futur métier.

Avant de goûter au professionnalisme, la route fut toutefois longue.

Licencié à l'AS Orange, il se fait remarquer à l'adolescence par l'AS Saint-Etienne qui l'attire dans son centre de formation. Mais à l'issue de celle-ci, les Verts ne lui proposent rien, visiblement pas intéressés par son profil et son petit gabarit (1,68 m).

Touché mais pas coulé par cette désillusion, Eric Bauthéac file alors en National, à l'AS Cannes. Là-bas, il tape vite dans l'oeil de plusieurs clubs de Ligue 2, dont Dijon, qui décide de l'enrôler pour la saison 2010/2011, l'année où les Bourguignons accéderont à la Ligue 1.

L'été dernier, alors que le DFCO prenait l'ascenseur pour retrouver la L2, Nice a sauté sur l'occasion.

"Dans le football, il faut parfois un brin de chance et tomber sur les bonnes personnes. Ce ne fut pas le cas pour moi lors de ma dernière année à Saint-Etienne. Le coach ne comptait pas sur moi. Peut-être qu'aussi, je n'étais pas prêt pour la Ligue 1", confie-t-il lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Mais j'ai continué à bosser et à garder confiance car je savais qu'au fond de moi j'y arriverais. Je ne me suis jamais dit 'J'en ai marre, j'arrête'", raconte-t-il.

"C'ÉTAIT MAINTENANT OU JAMAIS"

Après son échec dans le Forez, Eric Bauthéac a su faire preuve de persévérance mais aussi d'esprit d'initiative car c'est lui qui décide à l'issue de cette déconvenue de prendre son téléphone et d'appeler Patrice Carteron, l'entraîneur de l'AS Cannes.

"Je lui ai dit que s'il voulait que je vienne à Cannes, c'était maintenant ou jamais. Et j'ai signé dans la foulée puis je l'ai suivi à Dijon. Il a beaucoup compté pour moi, il m'a pris sous son aile, il m'a fait progresser. J'ai vécu des moments très forts avec lui et une saison exceptionnelle avec la montée en Ligue 1."

Au cours de cette période difficile, Eric Bauthéac a pu aussi compter sur sa première supportrice, sa mère, qui l'a aidé à développer ses qualités d'aujourd'hui: l'abnégation, la persévérance et la combativité.

"Elle a toujours été là pour me soutenir et m'épauler, en sacrifiant son travail s'il le fallait. Elle a fait énormément pour moi. Si j'en suis là aujourd'hui, c'est aussi grâce à elle", dit-il.

Quand Dijon est redescendu en Ligue 2, Eric Bauthéac aurait pu, lui, retomber dans la division inférieure, mais il faut croire que sa première saison dans l'élite n'avait laissé que peu de recruteurs potentiels indifférents, dont ceux de Nice.

Séduit par le discours des dirigeants, et notamment par les grandes manoeuvres engagées du côté de la Côte d'Azur avec la construction d'un nouveau stade et la nomination de Claude Puel sur le banc niçois, Eric Bauthéac n'a pas hésité une seule seconde.

"J'ai très vite vu que l'alchimie allait prendre. Il y avait l'envie de tous de travailler ensemble, d'aller vers le haut avec un staff de qualité et de développer un projet de jeu basé sur des passes courtes et une grande possession de balle qui régale, à l'entraînement comme en match", souligne-t-il.

Au contact de Claude Puel, qui a entraîné jadis Monaco, Lille ou encore Lyon, Eric Bauthéac dit avoir déjà beaucoup appris, lui qui compte cette saison cinq buts inscrits en Ligue 1 et six passes décisives.

"J'avais tendance à être un peu fou-fou, à me disperser et dézoner sur le terrain, il fallait canaliser ma générosité naturelle afin de progresser sur le repli défensif, les appels de balles", raconte-t-il.

Celui qui rêve d'équipe de France vise aujourd'hui à améliorer ses statistiques personnelles afin d'être encore "plus décisif pour l'équipe". L'occasion lui en sera donnée dès dimanche, au stade du Ray, face à Montpellier.

Edité par Olivier Guillemain et Hélène Duvigneau

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant