Ligue 1: le derby breton passionne moins mais fait encore recette

le
0
LE DERBY BRETON FAIT ENCORE RECETTE
LE DERBY BRETON FAIT ENCORE RECETTE

par Pierre-Henri Allain

LORIENT, Morbihan (Reuters) - Le stade du Moustoir affichera complet samedi pour le derby breton entre Lorient "l'ouvrière" et Rennes "la bourgeoise", auquel le public reste attaché bien qu'il n'ait plus tout à fait la même saveur qu'autrefois.

"Il y a un impact sur le public, c'est certain, mais ce n'est plus celui d'il y a trente ans", observe Christian Gourcuff, entraîneur des Merlus, passé par Rennes il y a une dizaine d'années.

"Aujourd'hui, avec les retransmissions télé, il y a une banalisation des matches. Auparavant c'était des affiches incontournables, on en parlait huit jours avant."

"Les joueurs sont eux-mêmes complètement déconnectés de ça. Ils ne sont plus attachés au club comme c'était le cas auparavant. Il y a très peu de joueurs qui sont des locaux. Pour eux, Rennes est d'abord une bonne équipe, c'est surtout ça qu'ils ont en tête", poursuit-il.

Arnaud Le Lan, l'un des rares Bretons de l'équipe, confirme l'indifférence des joueurs concernant les rivalités entre clubs d'une même région. Seul le stade plein pour le match et "trois pages dans le journal" retiennent désormais leur attention.

La banalisation des rencontres n'a cependant pas effacé les différences ataviques qui perdurent entre une ville moyenne de tradition ouvrière et une capitale régionale "bourgeoise", pour reprendre le mot du coach lorientais.

"Ce sera à nouveau le petit contre le gros, c'est aussi un aspect qui suscite de l'intérêt chez les supporters", reconnaît-il, même si deux points séparent au classement son équipe, huitième de Ligue 1, et sa rivale, quatrième.

"Et, même s'il y a une perte de personnalité au niveau des clubs, il subsiste des caractéristiques qui correspondent à des populations et c'est très bien comme cela."

"CONDESCENDANCE"

Quand Lorient, dont le budget plafonne à 35 millions d'euros, se concentre sur "le jeu" et cultive son "humilité", Christian Gourcuff voit une "certaine condescendance" chez le voisin rennais, dont l'homme d'affaires François Pinault a repris les commandes en 1998 et qui dispose d'un budget de 48 millions d'euros.

"Quand il y avait des Rennes-Guingamp, c'était caricatural, il y avait une différence de personnalité terrible", dit-il en se rappelant les récents passages du petit club des Côtes d'Armor parmi l'élite.

Après avoir connu le Stade Rennais comme joueur puis comme entraîneur en 2001 - il fut limogé après une saison alors que son bail devait durer cinq ans -, l'ancien professeur de mathématiques dit ne nourrir aucun esprit de revanche.

"Mon seul regret est de ne pas avoir pu travailler dans la durée, mais c'était il y a plus de dix ans et j'ai gardé d'excellents contacts avec des personnes que j'ai connues au club durant cette période", dit t-il.

Pour ce derby entre des Lorientais qui ont montré une toute petite forme à Nancy (défaite 2-1) le week-end dernier et des Rennais tranchants face à Marseille (2-2), Christian Gourcuff espère surtout que son équipe relève la tête.

"Après notre contre-performance à Nancy et des performances moyennes en janvier, il est important que l'on retrouve une dynamique", souligne le coach, qui sera privé pour ce match du milieu Benjamin Corgnet et du gardien Fabien Audard, blessés.

L'attaquant Alain Traoré est retenu en Afrique du Sud pour la Coupe d'Afrique des nations (Can), comme les Rennais John Boye, Fatamady Diara et Jonathan Pitroipa, dont le coéquipier Chris Mavinga est, lui, suspendu.

Edité par Gregory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant