Ligue 1: Landry Chauvin enfin dans la lumière avec Brest

le
0

par Pierre-Henri Allain

BREST, Finistère (Reuters) - Après avoir connu le caractère bien trempé d'Alex Dupont, le Stade Brestois va découvrir cette saison la personnalité plus discrète de son nouvel entraîneur, Landry Chauvin, dont ce sera, à 43 ans, la première expérience en Ligue 1.

"J'aborde cette nouvelle étape tout à fait sereinement car je n'ai jamais rien calculé. Le challenge est excitant mais aussi difficile", dit l'homme arrivé de Nantes en juin.

"C'est une chance extraordinaire et j'espère honorer la confiance qui m'a été donnée", ajoute dans un entretien à Reuters ce natif de Chateau-Gonthier, en Mayenne.

A écouter Landry Chauvin, qui remporta à deux reprises le premier prix du concours du jeune footballeur mais ne parvint pas à devenir professionnel au Stade Lavallois, son parcours ne serait qu'affaire de circonstances.

Sa carrière est d'abord marquée par les quinze années passées au centre de formation du Stade Rennais.

Il y a encadré plusieurs générations de joueurs très doués, comme Jimmy Briand et Yoann Gourcuff avec lesquels il remporta en 2003 la coupe Gambardella et, un an plus tard, le championnat de France des réserves professionnelles.

"J'ai vécu avec Patrick Rampillon, directeur du centre de formation, toute son évolution. Au début, on jouait sur des terrains stabilisés et on est passé durant cette période de la 12e à la 1ère place au classement des centres de formation en France", relate avec fierté Landry Chauvin.

Promu adjoint de l'entraîneur Pierre Dréossi en 2007 - sa seule expérience en Ligue 1 -, il est évincé six mois plus tard avec l'arrivée de Guy Lacombe, et rejoint, après une période de chômage, le club de Sedan, en Ligue 2.

"A Sedan, on m'a laissé le temps de construire un groupe qui me correspondait et la troisième année, nous sommes passés tout près de la L1", se souvient-il.

BOSSEUR

En 2011, il prend la direction de Nantes où les choses se passent moins bien, ses relations devenant assez vite exécrables avec le président Waldemar Kita. Ce dernier tient des propos assassins dans la presse sur Chauvin qui, lance-t-il, "ne réussira jamais dans le football".

"Cela m'a rendu plus costaud", commente l'intéressé.

Tout entier tourné vers le nouveau défi que lui a confié le Stade Brestois, dont il devra assurer le maintien, Landry Chauvin espère y parvenir en tirant "la quintessence des joueurs placés sous (s)a coupe".

"Compte tenu de l'effectif, il faut être humble et ambitieux à la fois. Je crois aux vertus du travail mais la notion de plaisir doit aussi être permanente", explique t-il.

Cet adepte des jeux collectifs et construits rappelle, toutes proportions gardées, la figure de faux calme d'un Arsène Wenger, l'entraîneur d'Arsenal, plutôt que celui d'un Frédéric Antonetti, bouillonnant responsable des voisins rennais.

"J'ai connu Landry quand il était animateur sportif cantonal à Vitré. C'était quelqu'un de très motivé, avec une forte envie de progresser", se souvient Patrick Rampillon.

L'homme qui l'a côtoyé longtemps au centre de formation rennais décrit une personne "ouverte et conviviale", ayant su apporter sa pierre à l'évolution du centre.

"C'est quelqu'un qui ne se met pas en évidence mais a de grandes qualités de management. C'est un bosseur qui a tous les atouts pour réussir car il a passé beaucoup d'étapes dans sa formation", ajoute t-il.

Titulaire d'une maîtrise de management sportif avant d'obtenir son diplôme d'entraîneur professionnel en 2007, Landry Chauvin aura gravi tous les échelons avant de rejoindre l'élite.

A la veille du début du championnat, celui qui pensait à 19 ans devenir professeur d'éducation physique et sportive se voit désormais autant en compétiteur qu'en pédagogue.

"Il y a sans doute plus de moments de doute que de joie et les soirs de défaites comme les soirs de victoires, on s'interroge beaucoup. Mais quand il n'y a pas de compétition, il manque quelque chose, c'est un peu comme une drogue", confie t-il.

Pour évacuer les tensions, Landry Chauvin n'a qu'une recette : courir, courir et courir encore. Quant à ses loisirs, ils les consacre à son épouse et à ses trois enfants.

Edité par Gregory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant