Ligue 1: la métamorphose inespérée de Nancy sous Patrick Gabriel

le
0

par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Trois semaines après avoir confié son destin à un nouvel entraîneur, Patrick Gabriel, en remplacement de Jean Fernandez, Nancy, 19e de Ligue 1, commence de nouveau à croire au miracle : le maintien dans l'élite.

Celui qui est également directeur du centre de formation a déjà fait exploser les statistiques de son prédécesseur avec sept points empochés en quatre rencontres - dont une victoire à Marseille - contre 11 en 19 matches sous l'ère Fernandez.

Quasiment personne n'osait espérer une telle métamorphose.

"On a soigné la tête, mais ça reste fragile", tempère l'ancien milieu de terrain de l'ASNL, avant la réception samedi de Reims, 18e et aussi relégable.

"Je ne suis pas le personnage essentiel. Ce sont les joueurs. Je ne suis qu'un pion. Ce groupe commence à me ressembler. J'avais dit que j'irais à la guerre. Et ils m'ont suivi", poursuit celui qui, au plus fort de la crise entre le club et Jean Fernandez, n'avait rien revendiqué.

La résurrection a débuté par un match nul 2-2 nul contre Lille en Ligue 1 et une qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe de France aux tirs aux buts à Nice.

Une défaite à Toulouse (2-1) a rappelé aux Lorrains qu'il leur restait encore du chemin à parcourir. Avant deux succès probants : contre Lorient (2-1) et, surtout, à Marseille (1-0).

La transfiguration du jeu, et donc des résultats, n'est pas le fruit du hasard. Le quinquagénaire a relancé des laissés-pour-compte comme Paul Alo'o Efoulou, puis a fait confiance à des jeunes issus de la formation : Julian Jeanvier ou Ziri Hammar.

"J'ai fait à l'instinct, à ma sensibilité. Et je les ai certainement un peu choqués au départ car je peux avoir un langage un peu cru. Ils n'ont peut-être pas l'habitude, je dis les choses devant tout le monde. J'ai besoin d'une relation directe et que les choses soient claires", explique Gabriel.

"6% DE CHANCES"

Le changement de méthode a trouvé l'adhésion de tout le groupe, jusque-là rongé par les doutes et cible de railleries. Le départ de Jean Fernandez, pourtant respecté et chevronné, a sonné comme une libération.

"Ça a entraîné un changement de communication, relancé une concurrence. C'était le but. On est tous à l'écoute et disponible pour le coach. Ça fait du bien à tout le monde, on le voit dans les résultats et au travers des entraînements", raconte le milieu de terrain Thomas Ayasse.

Dans le jeu, Nancy a semblé libéré malgré les départs de cadres comme Yohan Mollo (prêté à Saint-Etienne), André Luiz (rupture de contrat) ou Massadio Haïdara (transféré à Newcastle), et un recrutement limité avec l'arrivée en prêt du défenseur rennais Yassine Jebbour.

Incapable de remonter au score en début de saison ni de conserver un résultat, l'équipe a su faire preuve de sang-froid contre Lille puis au Vélodrome, dimanche dernier, où les Nancéiens ont ouvert le score sans jamais se faire rejoindre.

"Certes, mais si on perd contre Reims et Montpellier, on reprend une claque", prévient Patrick Gabriel.

Au doigt mouillé, il estime aujourd'hui à 6% les chances du club de se maintenir en Ligue 1.

Il y a de quoi rester prudent. Le calendrier lorrain durant les quatre prochains mois comporte de nombreux pièges, avec notamment un déplacement à Paris en mars, et la descente reste le scénario le plus envisagé et le plus envisageable.

"Quatre mois, c'est long. Il nous faut une série de trois victoires pour recoller. Après Reims, il y a Montpellier, Saint-Etienne, Sochaux. Il reste sept matches à domicile. Si on doit descendre, ça ne sera pas un problème. Puisqu'on était en Ligue 2 (avant que j'arrive, NDLR)", dit-il.

Edité par Simon Carraud et Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant