Ligue 1: la deuxième vie d'entraîneur de Pascal Dupraz commence

le
0

par André Assier

LYON (Reuters) - Confronté à sa première crise dans une croissance jusque-là exponentielle, Evian-Thonon-Gaillard vivra samedi face à Bastia un important virage de son histoire avec Pascal Dupraz.

Appelé pour remplacer Pablo Correa, premier entraîneur de Ligue 1 remercié cette saison, Pascal Dupraz ne part pas dans l'inconnu. Il connaît tous les rouages de ce club pour y avoir évolué, depuis 1991, en tant que joueur puis comme entraîneur.

Lorsqu'il s'est assis sur le banc du club haut-savoyard cette année-là, pour ne plus le quitter jusqu'en 2009, il s'appelait le FC Gaillard. Au fil du temps et des fusions des petites équipes de la région des bords français du lac Léman, il est devenu Croix de Savoie puis Evian-Thonon-Gaillard.

Pascal Dupraz peut donc mieux que quiconque raconter "son" club. Le natif d'Annemasse, non loin d'Evian, qui traîna ses crampons d'avant-centre de Sochaux à Toulon en passant par Brest, Mulhouse ou Gueugnon fait partie de ceux qui ont façonné cet ancien club amateur.

Evincé en 2009 après une saison en National honorable, il choisit dans la foulée de se mettre en carence de son poste au Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour exercer des fonctions de directeur sportif à l'ETG.

"C'est un choix quasi naturel", a dit dans les heures qui ont suivi sa nomination son président, Patrick Trotignon.

"Il a toujours été au quotidien avec nous", se souvient Olivier Sorlin, capitaine du navire savoyard. "On le connaît tous par coeur et lui nous connaît par coeur également. Cela nous permet de travailler plus vite. Il sait ce qu'on vaut et où nous devons évoluer sur le terrain pour que chacun donne le maximum", poursuit l'ancien Rennais.

D'autres joueurs saluent, en privé, son "discours franc, frais" et qui va mettre "un bon coup de fouet" à l'équipe.

"UN DÉFI QUI DOIT DEVENIR UN PLAISIR"

A l'entendre, il ne faudra pas pour autant compter sur lui pour jouer les sauveurs alors que l'ETG traverse sa première crise après une progression vertigineuse qui l'a vu passer de National en Ligue 1 en trois saisons, entre 2009 et 2011.

"Je ne suis pas le messie", répète-t-il à chaque interview depuis sa nomination au début du mois. "Je n'ai pas d'expérience en Ligue 1, seulement celle d'un modeste entraîneur amateur, mais j'ai l'expérience de la vie et du foot."

A la tête désormais d'une équipe classée 18e de Ligue 1 avec un seul point pris en quatre journées, Pascal Dupraz a de nombreux chantiers devant lui.

"La chose que nous aimerions tous changer, ce sont les résultats. Mais ce serait présomptueux de dire que je veux tout changer", a-t-il glissé cette semaine lors de sa première conférence de presse.

"Nous sommes aujourd'hui en difficulté comptable, mais seulement quatre journées se sont écoulées", dit-il. "Je compte rappeler que l'institution est importante. Nous voulons tout faire et nous allons tout faire pour rester en Ligue 1."

Selon lui, l'ETG est coupable peut-être de "s'être vu trop beau, trop vite" et il convient aujourd'hui de faire "primer la notion de groupe et faire fi des egos".

Plus de vingt ans après ses débuts sur le banc tout en bas de l'échelle du foot amateur à Gaillard, Pascal Dupraz avance humblement qu'il va faire avec ses idées, sans "surjouer" et sans se plaindre d'avoir à oeuvrer dans l'urgence.

"Reprendre une équipe n'est pas un acte de courage. Se lever le matin et bosser pour gagner le smic ou lutter contre la maladie, ça l'est. Ce que je fais, ce n'est qu'un défi qui doit devenir un plaisir", dit-il.

Edité par Olivier Guillemain et Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant