Ligue 1: la cure de jouvence

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par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - N'en déplaise aux stars du Paris Saint-Germain, toujours en tête de la Ligue 1, les regards se sont davantage tournés ce week-end vers une poignée d'adolescents qui ont fait souffler un vent de jeunesse sur les pelouses de France lors de la 28e journée.

Au sommet, le PSG a creusé l'écart sur Lyon et Marseille après sa victoire 2-1 contre Nancy samedi, doublé de Zlatan Ibrahimovic à la clé, et le match nul 0-0 entre les deux Olympiques dimanche soir.

Mais les Corentin Jean, Adrien Rabiot ou Stéphane Bahoken ont un peu bousculé l'ordre établi en inscrivant chacun le(s) premier(s) but(s) de leur carrière balbutiante.

Pour remporter samedi contre Reims (4-2) son premier match de l'année 2013, Troyes a pu compter sur deux hommes: le gardien de Reims, Kossi Agassa, et son attaquant Corentin Jean, 17 ans et élève de Terminale.

Profitant des erreurs de jeunesse du gardien togolais, dans un très mauvais jour, Jean a inscrit un doublé (7e et 70e).

Stéphane Bahoken, 20 ans, s'est lui aussi offert un doublé dimanche lors de la victoire de Nice 2-0 contre le champion Montpellier. Il a tout bonnement inscrit ses deux premiers buts pour sa première titularisation en championnat.

Cette prestation a fait au moins un surpris: lui-même. "Je n'aurais jamais cru avant de débuter que ça allait se passer ainsi", a-t-il reconnu devant les journalistes.

Avant ce match, il avait moins de trois heures dans les jambes dans le monde professionnel, un maigre temps de jeu qui s'explique par son jeune âge mais aussi par une fracture du péroné en début de saison.

"J'ai été blessé à l'entraînement en octobre. Je suis revenu en CFA où je prends un carton rouge et j'ai été suspendu trois matches. Cinq mois sans jouer... Mais cette semaine, j'ai bien travaillé", a-t-il dit.

Le Nice de Claude Puel a pris l'habitude cette année de faire confiance à des jeunes. Avant Stéphane Bahoken, Neal Maupay s'était distingué en marquant plusieurs buts décisifs à 16 ans et demi à peine.

Adrien Rabiot, lui, ne sort pas de nulle part puisqu'il a effectué un bref passage au centre de formation de Manchester City et qu'il a commencé la saison dans l'effectif parisien avant d'être prêté cet hiver à Toulouse pour se faire les dents.

LAPALISSADE

Samedi, il a inscrit son premier but en championnat. Et pas n'importe quel but: une frappe lointaine qui a traversé la surface de réparation de Brest dans le sens de la diagonale pour finir dans le petit filet. Résultat, 1-0.

Comme Corentin Jean, il est né en 1995, à une époque où David Beckham jouait déjà à Manchester United, et n'avait que trois ans quand la France est devenue championne du monde sur son sol.

En revanche, la jeune garde de l'OL, emmenée par Samuel Umtiti et Gueïda Fofana n'a pas réussi à renverser Marseille en clôture du week-end (0-0) malgré l'association de Bafétimbi Gomi, Lisandro Lopez et Alexandre Lacazette en attaque.

Interrogé sur cette mauvaise opération, l'entraîneur lyonnais, Rémi Garde, s'en est tiré par une lapalissade au micro de Canal +: "Elle est moins bonne que si on avait pris les trois points."

Compte tenu de ce résultat, les Parisiens ont réussi un week-end idéal contre Nancy, alors même que toutes les conditions semblaient réunies pour assister à un nouveau revers parisien.

D'abord, Zlatan Ibrahimovic et ses coéquipiers affrontaient un "petit" de Ligue 1, une semaine après un camouflet contre Reims et trois semaines après une humiliation contre Sochaux.

Ensuite, ils venaient de jouer contre Valence au Parc des Princes en Ligue des champions - et avaient assuré à cette occasion leur qualification pour les quarts de finale. A peine trois jours plus tard, ils alignaient une équipe quasiment inchangée.

Et surtout, Nancy a ouvert le score par Benjamin Moukandjo contre des Parisiens visiblement éreintés. Mais Zlatan Ibrahimovic a surgi pour inscrire un doublé en l'espace de quatre minutes, ses 23e et 24e buts en 24 titularisations en championnat.

"Après deux jours et demi, on ne peut pas avoir la même intensité que d'habitude", a dit Carlo Ancelotti en conférence de presse pour expliquer la petite forme manifeste de ses joueurs.

"Aujourd'hui, l'équipe est fatiguée parce que nous avons joué cinq matches, les deux matches contre Marseille, Reims, Valence et Nancy. Donc la semaine prochaine sera importante, pour avoir une bonne récupération."

Le PSG, qui a rendez-vous dimanche prochain avec Saint-Etienne, quatrième à deux points de Marseille et invaincu en 2013, a désormais quatre points d'avance sur Lyon et sept sur Marseille.

Avec Etienne Ballérini à Nice, édité par Grégory Blachier

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