Ligue 1: l'Olympique de Marseille contraint à la rigueur

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L'OM À L'HEURE DE LA RIGUEUR
L'OM À L'HEURE DE LA RIGUEUR

par Francois Revilla

MARSEILLE (Reuters) - La crise qui couvait dans les coulisses de l'Olympique de Marseille a fini par éclater au sortir d'une saison médiocre. Didier Deschamps est donc parti et le club a lancé un chantier de reconstruction aux paramètres financiers plus que serrés.

Dixième l'année dernière, deux ans après avoir gagné son premier titre de champion de France en près de vingt ans, l'OM a laissé filer son entraîneur vers l'équipe de France et se trouve condamné à faire des économies.

Pour la première fois après cinq participations d'affilée, Marseille ne disputera pas la lucrative Ligue des champions et son avenir européen reste incertain puisqu'il devra franchir l'obstacle turc Eskisehirspor (1-1 à l'aller, retour jeudi) puis un barrage pour disputer la Ligue Europa.

La mission a été confiée à Elie Baup, qui retrouve un banc après trois ans sans club.

Il doit réanimer un groupe aux contours encore incertains et dont les ambitions ont été douchées par une série de 12 matches sans victoire l'année dernière.

L'OM ayant du mal à se situer sportivement, Elie Baup refuse de fixer des objectifs en Ligue 1 à l'entame de cette saison.

"Il n'y a pas à se fixer d'objectifs. Il y a des objectifs, entre nous, c'est une reconstruction. On verra après le début de la compétition", dit l'ancien entraîneur de Bordeaux.

"J'essaye de rentrer dans ce projet qui m'a été proposé, ce projet de reconstruire, de repartir, de travailler à la fois avec des jeunes joueurs et des joueurs plus expérimentés pour arriver à mettre en place une équipe compétitive."

Confirmé dans son rôle de capitaine par le nouveau coach, le gardien international Steve Mandanda se veut confiant.

"On a un groupe qui ne change pas et je sais que même si on a fini dixième, c'est un groupe de qualité, qui n'était pas à sa place la saison dernière", assure-t-il.

"On repart sur de nouvelles bases après une saison compliquée. On doit faire preuve d'humilité, beaucoup travailler et faire un bon début de saison. Après on aura le temps de fixer les objectifs et de voir comment ça évolue. On se doit d'être ambitieux, conquérant et d'avoir envie de réussir un bon parcours en championnat", ajoute Mandanda.

JOUEURS À VENDRE

Malgré les 27 millions d'euros qu'a rapportés au club sa présence en quart de finale de la dernière Ligue des champions, la baisse des droits télés et celle des recettes due aux travaux de rénovation du stade Vélodrome laissent prévoir un manque à gagner d'une trentaine de millions.

Aussi l'actionnaire Margarita Louis-Dreyfus a-t-elle exigé le retour à l'équilibre financier après trois années marquées par une politique de transferts dispendieuse.

L'heure est donc à la réduction de la masse salariale, ce qu'ont déjà permis les départs de plusieurs joueurs dont l'impact était tout relatif et de l'attaquant brésilien Brandao.

"Nous sommes dans une situation économique compliquée, les ventes de joueurs détermineront tout le reste", a confirmé à Reuters Vincent Labrune, le président marseillais.

Le défenseur espagnol Cesar Azpilicueta et le milieu de terrain Stéphane Mbia sont susceptibles de partir si une offre se présente, de même que l'attaquant Loïc Rémy, très courtisé l'été et l'hiver dernier.

Pour l'heure, seul l'attaquant nantais Florian Raspentino, un espoir de 23 ans, est arrivé et l'OM ne devrait pas recruter de joueurs majeurs, s'appuyant d'abord sur les présents.

"Il y a des situations momentanées dans des clubs, des cycles de travail, des moments où vous pouvez recruter, d'autres non... Ce qu'il faut c'est une cohérence dans le projet, un projet porté par tout un club. C'est le cas. L'OM a eu son parcours, a gagné des titres. Aujourd'hui, c'est un nouveau départ", expose Elie Baup.

A son arrivée, après la reprise de l'entraînement, Baup a fait participer une douzaine de jeunes du centre de formation à la préparation estivale. Certains devraient être appelés en renfort au cours de la saison.

Au terme de trois années plombées par le conflit larvé entre le directeur sportif José Anigo et Didier Deschamps, le club compte aussi sur Baup pour créer un électrochoc dans un groupe qui ne semblait plus réceptif au discours du champion du monde 1998 et où des rancoeurs se sont fait jour l'an dernier.

"Quand il y a un nouveau coach et un nouveau staff, l'état d'esprit change inconsciemment. Ça peut changer la donne dans la tête de certaines personnes", espère Steve Mandanda.

Edité par Gregory Blachier

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