Ligue 1: huit ans après, Nancy retrouve le purgatoire

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par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Après huit années parmi l'élite du football français, l'AS Nancy-Lorraine a n'a pu éviter samedi soir sa descente en Ligue 2 après s'être inclinée à domicile face à Bastia 2-1, enregistrant ainsi sa 18e défaite en 37 matches disputés cette saison.

Les Lorrains, qui comptaient avant la rencontre deux points de retard sur le premier non-relégable Evian Thonon-Gaillard, se devaient pour garder espoir de ne pas faire pire que les hommes de Pascal Dupraz qui recevaient Valenciennes et qui l'ont finalement emporté 2-0.

"Nous y sommes. C'est dur, très dur à vivre", a avoué le président Jacques Rousselot, actionnaire majoritaire de l'ASNL, après la rencontre.

"Il va falloir repenser l'avenir. Mais je remercie Patrick Gabriel (l'entraîneur-NDLR), un homme fantastique et les joueurs qui ont quand même montré qu'il y avait de la qualité dans cette équipe."

Désormais 19e avec 35 points, Nancy ne peut mathématiquement plus rattraper Sochaux, 40 points et premier non-relégable à la différence de buts, après sa défaite 2-1 à domicile contre Toulouse.

L'AS Nancy-Lorraine laisse derrière elle une coupe de la Ligue conquise en 2006 -l'année de sa remontée en Ligue 1- et une quatrième place de Ligue 1 en 2007 qui lui ont permis de participer à deux campagnes européennes.

L'entraîneur historique Pablo Correa, ancien attaquant du club qui avait repris les rênes de l'équipe première en 2002, avait laissé sa place en juin 2011 à un technicien à la solide réputation: Jean Fernandez.

L'ancien coach de Sochaux, Marseille et Auxerre -entres autres- avait procédé à son arrivée à une sérieuse lessive parmi l'effectif, avant de sauver de justesse le club de la relégation en juin dernier.

"MARCHE TROP HAUTE"

Le début de la saison qui s'achève, sa deuxième à Nancy, aura finalement été celle de toutes les désillusions avec seulement une victoire et 11 points à la trêve et une démission le 10 janvier.

"Mon seul regret est que monsieur Fernandez ne soit pas parti plus tôt", a lâché samedi soir Jacques Rousselot à l'issue du match fatal, estimant que le technicien avait "laissé une ASNL en Ligue 2" et le rendant responsable de la situation.

Patrick Gabriel, ancien joueur du club et responsable du centre de formation, devait assurer un simple intérim au poste d'entraîneur. Il a finalement terminé la saison sur le banc, prenant 24 points en 18 matches.

"Les joueurs ont fait les efforts, ont cravaché jusqu'au bout. On a tout tenté. On a été au bout du bout mais la marche était trop haute. C'est une grosse déception mais l'aventure a été belle", a dit Gabriel sans aucun regret.

Son président, qui fêtera l'an prochain ses 20 ans de présidence de l'ASNL, ne semblait pas réaliser, tant il avait fondé d'espoirs sur la métamorphose de son équipe dans le jeu et la prise de points depuis janvier.

"Ce challenge était fou, insensé, inouï. On voyait l'ASNL regravir les échelons à partir de Noël, avec ces huit points de retard sur le premier non-relégable. Je vais essayer de digérer, mais ça ne va pas être facile", a-t-il dit.

Si Nancy -relégable entre le 22 septembre et le 21 avril soit sept mois- avait quitté la zone de relégation après la 33e journée, le 0-0 à Valenciennes ajouté aux trois défaites contre Lyon, Bordeaux et Bastia ont scellé son sort.

"On a été handicapé ces derniers matches par des blessures. La prise de points aurait été toute autre", veut croire Rousselot qui aurait voulu voir son club jouer sa tête en Ligue 1 lors du dernier match, à Brest, également relégué.

"JOUER LES PREMIERS RÔLES"

La priorité est désormais à une feuille de route pour la Ligue 2 que le club au chardon avait déjà connu entre 2000 -Nancy était descendu à la différence de buts- et 2005. Il pourrait s'écrire avec Patrick Gabriel, au moins à court terme.

"On va se rencontrer mardi pour en discuter. Si le club est en danger financièrement? Oui, en grand danger. Il faudra trouver des arguments financiers pour assurer la continuité", a ajouté Rousselot.

La vente, au mercato d'hiver, de Massadio Haïdara à Newcastle et la résiliation à l'amiable du contrat du capitaine brésilien Andre Luiz avaient déjà permis de considérablement réduire la masse salariale.

"Redescendre en Ligue 2, c'est l'enfer (économiquement). Il y aura en plus un trou entre quatre et six millions d'euros en fin de saison", précise encore le patron de l'ASNL qui espère toujours trouver de nouveaux investisseurs pour entrer au capital.

Une partie du déficit devrait être comblée par la vente du milieu de terrain Yohan Mollo, prêté cet hiver à Saint-Etienne, vainqueur de la coupe de la Ligue et dont la cote est au plus haut en Angleterre.

"Je me garderai bien de donner un objectif de remontée. On va essayer de bâtir une équipe pour jouer les premiers rôles. On va s'appuyer sur notre fond de commerce qui est notre centre de formation", annonce Jacques Rousselot.

Le dernier match du championnat entre relégués, dimanche prochain à Brest, prendra alors des allures de première rencontre de préparation à la Ligue 2 pour les deux formations.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Hélène Duvigneau

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