Ligue 1: Evian ne veut pas grandir trop vite

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EVIAN NE VEUT PAS GRANDIR TROP VITE
EVIAN NE VEUT PAS GRANDIR TROP VITE

par André Assier

EVIAN, Haute-Savoie (Reuters) - Passé en deux ans du National à la Ligue 1, Evian-Thonon-Gaillard y a assuré tranquillement son maintien l'an dernier et veut éviter de connaître une crise de croissance pour sa deuxième saison dans l'élite.

Après avoir avalé deux divisions, le "lièvre" ETG veut se muer en tortue, vertueuse et ambitieuse à la fois, ce que n'ont pas su faire d'autres clubs ayant eux aussi gravi très vite les échelons - Boulogne-sur-Mer, Arles-Avignon ou Grenoble.

La patience est d'autant plus nécessaire que tout va très vite dans ce club pas totalement comme les autres.

Il possède en Danone un partenaire de référence mondialement connu mais aux subsides calculés sous la surveillance de Franck Riboud, le patron du groupe alimentaire, qui n'est pas actionnaire du club, au contraire de Zinédine Zidane ou de Bixente Lizarazu.

L'ETG doit en outre vivre "écartelé" entre plusieurs sites. L'entraînement a lieu à Amphion, sur les rives du Lac Léman, d'où il sera délogé fin septembre, et les matches à Annecy, 85 km plus loin.

Cette situation est appelée à durer. Le centre de formation ne sera livré qu'en juillet 2013 et le club attend toujours le feu vert des autorités locales pour la construction d'un stade dont la livraison est prévue à l'horizon 2016.

Evian doit donc s'installer doucement dans l'élite, sans faire de folies financières, même s'il est nanti du pécule récolté grâce à une neuvième place inespérée l'année dernière.

Arrivé en janvier 2012 après le départ forcé de Bernard Casoni, l'entraîneur Pablo Corréa s'en contente, après avoir déjà connu à Nancy les difficultés des lendemains de montée.

"Nous sommes sur nos gardes, avoue-t-il. Mais mon message est le suivant: la deuxième saison n'est compliquée que si les joueurs se la rendent ainsi."

"Nous devons laisser de côté notre costard de promu mais nous n'avons pas le droit de laisser de côté notre esprit de promu. Nous devons viser la barre des 25 à 26 points à la trêve pour pouvoir vivre une deuxième partie de saison plus sereine."

GOVOU EST AMBITIEUX

Pour son président, Patrick Trotignon, la neuvième place acquise au terme d'une première année convaincante n'a rien changé. Ni dans le discours, ni dans les objectifs.

"Il y a un an, j'employais les mots de détermination, d'application et d'appréhension pour démarrer. Pour cette saison, c'est pareil", souligne-t-il.

"Nous avons pour ambition de pérenniser notre club en Ligue 1, ajoute l'homme fort de l'ETG. Si on finit mieux que la 15e place ce sera un grand succès mais si on finit entre la 15e et la 17e on sera content car on sera maintenu. Et ce n'est pas un manque d'ambition."

Les mots collent aux moyens de ce club doté d'un budget de 28 millions d'euros, comme l'an passé, et où la masse salariale est rigoureusement gérée - aucun salaire ne dépasse les 45.000 euros mensuels, quand d'autres clubs offrent à une majorité de joueurs des rémunérations à six chiffres.

Si la belle saison 2011-12 n'a pas fait tourner les têtes au club, les joueurs n'en sont pas moins ambitieux.

"Il faut essayer de faire au moins la même chose. Moi j'ai envie de faire mieux à chaque fois. Faire la même performance ce serait donc bien et faire encore mieux, très bien", lance ainsi Sidney Govou, sept fois champion de France avec Lyon.

Autre joueur d'expérience, Olivier Sorlin veut croire que ses partenaires auront bien appris leurs leçons :

"L'an dernier beaucoup de joueurs ne connaissaient pas la Ligue 1. Cette année, ce sera moins le cas, même si nous avons intégré quelques jeunes. Nous avons pris plus d'expérience."

Pour mettre en pratique l'apprentissage des derniers mois, Evian disposera d'un effectif stable, où le seul départ notable est celui de Jérôme Leroy, en fin de contrat.

Après avoir prospecté au nord l'an dernier - quatre joueurs danois d'Evian étaient à l'Euro -, le club s'est tourné vers l'Afrique et y a trouvé le milieu de terrain Djakaridja Koné, international burkinabé, et deux Tunisiens, Zouhaier Dhaouadi, milieu gauche, et Iheb Mbarki, défenseurs.

"Ce sont des renforts homéopathiques qui permettront au groupe d'être encore meilleur", souligne Patrick Trotignon, décidé à ne pas viser trop haut trop vite.

Edité par Gregory Blachier

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