Ligue 1: état d'urgence et mobilisation à Bordeaux

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par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - A l'image des supporters qui ont appelé à un rassemblement samedi dans le centre-ville, des joueurs sonnent la révolte à Bordeaux pour sauver les Girondins en position de relégable après quatorze journées.

Quelques heures avant de recevoir Caen, le principal club de supporters bordelais, les Ultras Marines et son millier de membres, comptent mobiliser au-delà des inconditionnels lors d'un rassemblement sur la place de la Victoire avant de poursuivre leur action de protestation dans le stade.

"Nous voulons du changement, ne laissez pas mourir les Girondins de Bordeaux!", tel est le message véhiculé dans leur appel par les Ultras, la principale association de supporters.

Pour son président, Laurent Perpigna, cela fait deux ans que ça dure, et les actions déjà menées comme interrompre l'entraînement, retarder l'entrée dans le kop, faire la grève des encouragements et des animations n'ont rien changé.

"Cette équipe n'a pas le niveau, elle n'est pas compétitive, et il est urgent que les dirigeants effectuent lors du mercato d'hiver le recrutement qui n'a pas été fait à l'intersaison", lance le responsable des Ultras.

Les dirigeants ont annoncé qu'ils recruteraient. Une enveloppe de l'ordre de 10 à 12 millions d'euros serait consacrée à cette opération.

Des noms circulent avec insistance, des Parisiens Mevlut Erding et Christophe Jallet, à l'ancien caennais aujourd'hui en Arabie saoudite Youssef El Arabi, en passant par le Brésilien Mariano, de Fluminense.

LA "HONTE" DE BEN KHALFALLAH

Du côté des joueurs, on a conscience de la gravité de la situation.

"Il faut se serrer les coudes, sortir le bleu de chauffe. Il faut avoir un esprit guerrier et ne rien lâcher", assure le milieu de terrain international tunisien Fahid Ben Khalfallah.

"Etre 18e ici à Bordeaux, franchement j'ai honte", ajoute-t-il.

Au vu de l'effectif, le plus ancien joueur du club, Marc Planus, pense que "ce sera compliqué" mais que Bordeaux finira par s'en sortir.

Chacun voit dans l'action des supporters la manifestation d'une déception et d'une colère légitimes mais le défenseur central reconnaît que "ce sont les joueurs qui ont mis le club en difficulté, pas l'actionnaire, ni le président, ni l'entraîneur".

Ben Khalfallah estime que "c'est normal que les gens soient déçus".

"On est à Bordeaux, dans un grand club. Les gens attendent autre chose. Il faut donner pour recevoir et pour l'instant on n'a pas donné grand-chose", dit l'ancien Valenciennois.

Marc Planus pense que lui et ses coéquipiers ont "utilisé pas mal de jokers et de crédit vis-à-vis" du public, mais rappelle que "l'intérêt général c'est qu'on s'en sorte".

Pour lui, les Bordelais ont "besoin de toutes les forces" et "un douzième homme c'est très important à domicile".

Pour remporter enfin leur première victoire à domicile de la saison, les Bordelais seront encore amoindris dans le secteur défensif.

Victime d'une élongation à Dijon, Matthieu Chalmé devrait être remplacé sur la droite de la défense par Lamine Sané, lequel devrait laisser sa place dans l'axe à Henrique, de retour de blessure, et préféré à Michaël Ciani, qui n'est plus que l'ombre de lui-même.

Edité par Pascal Liétout

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