Ligue 1: Daniel, le Saint-Niculae de Nancy

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par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Si l'AS Nancy-Lorraine pointe au 13e rang de la Ligue 1 au moment d'accueillir Rennes, samedi, malgré un début de saison désastreux, elle le doit en grande partie à son attaquant Daniel Niculae.

Dernier avec cinq points et aucune victoire après dix journées, Nancy a depuis lors signé cinq succès en onze matches, dont plusieurs portent le sceau de l'international roumain de 29 ans, arrivé l'été dernier en prêt en provenance de Monaco.

Buteur décisif lors des succès contre Nice (1-0) - le premier de la saison -, Brest (2-1) ou à Auxerre (3-1), auteur de l'égalisation devant Ajaccio (2-2) et de deux passes décisives, Daniel Niculae pèse lourd dans le bilan comptable de son équipe.

Nancy, qui est parvenu à s'extirper de la zone de relégation mais ne compte que trois points d'avance sur le premier relégable, Auxerre, compte à nouveau sur lui face aux Bretons.

"Quand j'ai vu qu'il était en grande difficulté à Monaco, j'ai tout fait pour qu'il vienne. Et on ne le regrette pas. C'est une pièce-maîtresse", dit son entraîneur, Jean Fernandez, qui l'a côtoyé quatre saisons à l'AJ Auxerre avant que Daniel Niculae ne quitte l'Yonne pour le Rocher à l'été 2010.

Si ce timide semble avoir parfois le mal du pays - sa voiture est toujours immatriculée en Roumanie -, il ne regrette pas d'avoir rallié la Lorraine après une saison très compliquée conclue par la relégation de Monaco.

"Il y avait la place de rester en Ligue 1", assure-t-il. "J'avais dit à la trêve qu'il ne fallait pas continuer comme ça. On s'est réveillé trop tard. Les dirigeants ont mal géré avec le départ de Guy Lacombe. S'il ne partait pas, on ne descendait pas."

L'homme aux 35 sélections espère à demi-mot ne pas retourner en Principauté tant le bonheur retrouvé à Nancy contraste avec ses 17 titularisations seulement l'an passé pour quatre buts marqués.

"Je retournerai là-bas l'été prochain, il me reste un an de contrat, on verra. J'ai signé ici avec beaucoup d'envie. J'espère qu'il y a de la place pour faire beaucoup mieux", poursuit l'attaquant formé au Rapid Bucarest, club populaire de la capitale roumaine.

"ENCORE PERFECTIBLE"

Face à Rennes, le jeune papa d'une petite fille née à l'intersaison tentera de renouveler sa performance du week-end dernier à Auxerre où il a marqué les deux derniers buts de son équipe dans une rencontre crispante du bas de tableau.

"Sa présence est rassurante", avoue le milieu de terrain Thomas Mangani, qui l'a connu à Monaco et le côtoie tant sur le pré qu'en dehors des terrains.

"C'est un attaquant vraiment très complet. Il a le pied gauche, le pied droit, il a la tête, il part en profondeur, il ne rechigne pas aux tâches défensives, il sait garder la balle. C'est un mec discret, disponible avec qui on peut parler, rigoler. C'est un bosseur."

Son mentor Jean Fernandez le juge pourtant perfectible, notamment sur le plan technique et dans la finition.

"On s'est, certes, rendu compte lors du match contre Rennes (défaite 3-0 en coupe de France) que son absence est préjudiciable. Il est capable de choses extraordinaires mais aussi de rater une passe facile. Il manque un peu d'efficacité devant le but", explique le technicien.

Daniel Niculae, "bien partout dans son corps et dans sa tête", ne s'est pas fixé d'objectif précis, mais s'imagine bien jouer, un jour, dans un "grand club". Au grand damn de son entraîneur, qui le conserverait bien quelques saisons à Nancy.

"Ce serait sympa de pouvoir le garder", plaide Jean Fernandez.

Reste donc au Roumain à convaincre dirigeants, supporters et coéquipiers en offrant à Nancy le maintien en Ligue 1 et se muer ainsi en Saint-Niculae de l'ASNL.

Edité par Grégory Blachier et Gilles Trequesser

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