Ligue 1: Christophe Galtier, l'homme du renouveau des Verts

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CHRISTOPHE GALTIER, L'HOMME DU RENOUVEAU DE SAINT-ÉTIENNE
CHRISTOPHE GALTIER, L'HOMME DU RENOUVEAU DE SAINT-ÉTIENNE

par André Assier

SAINT-ETIENNE, Loire (Reuters) - Sur le devant de la scène à Saint-Etienne depuis décembre 2009, Christophe Galtier, homme à poigne derrière un masque séducteur, s'est affirmé comme l'entraîneur du renouveau.

Après le limogeage d'Alain Perrin, dont il était l'adjoint, il ne devait qu'assurer l'intérim avant l'arrivée de Luis Fernandez, candidat favori du co-président Bernard Caïazzo.

Mais le refus de l'ancien Parisien et la réduction du train de vie du club ont joué en sa faveur, et Christophe Galtier est aujourd'hui lié à l'ASSE jusqu'en 2014.

Après avoir maintenu les Verts en Ligue 1 en 2009, il a commencé à poser sa patte sur l'effectif.

En ont résulté deux saisons bien meilleures, achevées à la dixième place puis à la septième, mais aussi quelques matches marquants comme cette victoire dans le 100e derby contre Lyon - une première depuis 1994 - qui ont ranimé des souvenirs dans ce club un peu endormi depuis son dixième titre de champion de France, en 1981.

"Je sais dans quel club je suis et je sais ce qu'il représente", dit le Marseillais, plutôt fier.

"Nous sommes partis sur un cycle et un nouveau projet en juillet 2011. Et cette saison me donne des envies de réussir."

"J'espère rester longtemps", ajoute-t-il dans un entretien à Reuters. "Oui, ici, c'est fort car il y a un gros engouement et cela met beaucoup de pression, mais c'est merveilleux."

"Imaginez que l'hymne du Sporting Lisbonne, où nous sommes allés jouer en match amical, c'est 'Allez les Verts' en Portugais (ce sont aussi les couleurs du Sporting, ndlr). Cela montre ce qu'est ce club."

L'histoire a aussi un poids, avec lequel Christophe Galtier a dû apprendre à composer.

"J'ai surtout appris que c'est fatigant et qu'il n'y a jamais de relâche. Il faut avoir beaucoup d'énergie et il faut être prêt physiquement", explique-t-il.

Les résultats obtenus les deux dernières saisons suscitent des attentes encore plus fortes, dont l'entraîneur a conscience.

"Quand on finit septième, pour progresser, cela va être difficile, mais j'ai cette réelle envie que le club progresse et se stabilise dans le premier tiers de la Ligue 1", dit-il.

"IL FAIT L'UNANIMITÉ"

La devise de cet ancien défenseur - "le plaisir, tu ne l'as pas dans la défaite" - colle avec cette ambition née lorsqu'il était l'adjoint d'Alain Perrin, avec lequel il a connu Al-Aïn, Portsmouth, Sochaux, Lyon et enfin Saint-Etienne.

"Lors de son éviction, Alain m'a dit que c'était le moment pour moi. Sans son aval, je n'aurais jamais pris la fonction", souligne-t-il.

Lorsqu'il foulait les pelouses, Galtier était un joueur de devoir, qui oeuvrait dans l'ombre. Maintenant qu'il choisit ses hommes, il veut des joueurs qui partagent cette philosophie.

"Le recrutement, c'est avec un grand P que je le fais", explique-t-il. "J'ai toujours en tête 'P' comme partenaire et 'P' comme professionnel. Oui, je suis intransigeant et dur quand il y a un manque d'investissement."

Le co-président Roland Romeyer, qui le côtoie chaque jour, complète: "Avec Christophe, nous avons un patron qui sait manager et qui est très franc."

Bernard Caïazzo est tout aussi élogieux : "Depuis qu'il a pris les commandes de l'équipe en décembre 2009, Christophe Galtier fait l'unanimité par son caractère, son état d'esprit et sa façon de travailler."

Désormais en possession de son diplôme d'entraîneur après deux années de cours du soir et de stages à Clairefontaine, Christophe Galtier sait aussi ouvrir le club pour mieux séduire.

"Nous avons un devoir envers les gens, celui d'être souriant et accueillant", expose-t-il.

"Lors du stage d'avant-saison à Aix-Les-Bains, j'ai affiché un document dans les causeries où il est question d'être accessible et ouvert. Les gens ont besoin de contacts et les joueurs ont besoin de contact avec l'extérieur."

Il se veut aussi proche de son groupe, ce que lui autorise sa relative jeunesse - il aura 46 ans en août - et son passé d'ancien joueur à Marseille, Lille, Nîmes ou Angers.

"Au plus profond de moi, j'aime les joueurs. Pas mes joueurs, mais les joueurs en général", affirme-t-il.

Il l'a montré en couvant Dimitri Payet lors de son éclosion à l'automne 2010 ou, aujourd'hui, Pierre-Emerick Aubameyang.

"Oui, j'aime les joueurs", assène-t-il. "Du coup, je sais aussi être tolérant et je sais pardonner. (...) On peut parfois être déçu par un joueur, mais à partir du moment où on est honnête avec lui, comme je le suis, on a moins de chances de se faire avoir."

Edité par Gregory Blachier

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