Ligue 1: Bordeaux-PSG, image d'un championnat à deux vitesses

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BORDEAUX-PSG, UNE LIGUE 1 À DEUX VITESSES
BORDEAUX-PSG, UNE LIGUE 1 À DEUX VITESSES

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - La venue du PSG à Bordeaux vendredi symbolise à elle seule les nouvelles donnes d'une Ligue 1 à deux vitesses, illustrée par les 400 millions d'euros de budget de l'un face aux 60-65 millions de l'autre, pourtant champion de France il y a quatre ans.

Avec l'arrivée des financiers qataris dans la capitale en 2011, le PSG est monté d'un cran jusqu'au titre de champion 2013 et à un parcours correct en Ligue des champions, stoppé par le Barça en quart de finale la saison dernière.

L'arrivé de capitaux russes à Monaco devrait avoir le même effet. Le club de la Principauté est remonté en Ligue 1 et avec une équipe totalement remaniée a attaqué la saison avec brio au point d'être déjà leader après quatre journées.

Pour le président bordelais Jean-Louis Triaud "il n'y a désormais que le PSG et Monaco qui peuvent être champions, et dix-huit clubs derrière".

"La Ligue 1 est devenue comme les grands championnats européens, l'Espagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre", affirme-t-il.

Si l'on en croit Triaud, le compteur bordelais devrait donc rester à six titres de champion de France.

"Chacun peut comprendre qu'avec 60 à 65 millions d'euros de budget on ne peut pas rivaliser avec les 400 millions du PSG. Sur un match on peut battre le PSG ou Monaco mais sur une saison on ne peut rivaliser", surenchérit le dirigeant bordelais.

Ce serait donc une page qui se tournerait et une nouvelle philosophie à laquelle des clubs de la taille des Girondins de Bordeaux devraient s'habituer, celle de s'engager dans une compétition en sachant désormais qu'on ne peut la gagner.

"Il y a quand même de jolis matches à jouer, et des accessits comme la 3e place qualificative pour le tour préliminaire de la Ligue des champions, sans oublier la Ligue Europa", poursuit Triaud.

"Il y a aussi des coupes nationales à gagner car dans ces compétitions des concours de circonstances peuvent jouer en faveur d'équipes réputées plus faibles".

L'entraîneur Francis Gillot partage l'avis de son président.

"Il faut prendre conscience que, quoi qu'on en dise, le PSG et Monaco seront aux deux premières places en fin de saison. Il faudra se contenter des miettes. Le titre de champion c'était il y a cinq ans, il faut tourner la page. Il faut être conscient que même si on injecte 10-20 millions d'euros ça ne suffira pas", souligne-t-il.

SITUATION TENDUE

Les supporters ont du mal à admettre que leur club est rentré définitivement dans le rang.

Si M6 met la main à la poche, le propriétaire du club ne veut pas se transformer en mécène.

Depuis plusieurs saisons maintenant la situation financière est tendue. Depuis le titre les déficits cumulés ont atteint près de 40 millions d'euros et la saison dernière s'est achevé sur un chiffre de -7 millions d'euros.

Pour réduire ses pertes, Bordeaux, qui avait construit une équipe pour jouer la Ligue des champions, se sépare peu à peu de ses plus gros salaires.

Le départ en prêt du capitaine Jaroslav Plasil quelques heures avant la fin du mercato est entré dans ce registre mais a fait déborder le vase des supporters qui craignent pour l'avenir.

Une pétition a même été lancée le 3 septembre dernier sur un site spécialisé. Elle a reçu depuis près de 4.000 signatures. Dans celle-ci sont dénoncés à la fois "une image médiatique qui se dégrade", le manque d'envie des joueurs mais surtout la gestion du club.

"Tous les professionnels du microcosme du football ont noté des défaillances plus que dommageables pour l'équilibre financier et sportif du club : des recrutements farfelus de joueurs, un manque de vision sur leur valeur sportive et marchande, induisant un manque à gagner à la revente (voire avec une moins-value ou même un départ pour 'zéro euros')", indique la pétition.

Jean-Louis Triaud estime que les Girondins de Bordeaux ne peuvent échapper à la crise économique qui frappe les clubs français.

La fréquentation des tribunes de Chaban-Delmas s'en ressent. Cette saison, le club a perdu un millier d'abonnés (8.000 contre 9.000) et le nombre total de spectateurs a baissé de 10.000 par match en moyenne depuis quatre ans (29.267 en 2009-2010, contre 19.403 la saison dernière, soit la 6e affluence de Ligue 1.

Pour Bordeaux il faut encore faire le dos rond durant une à deux saisons et tenter de remonter la pente.

Lorsque le club aura été délesté de ses derniers gros salaires, et à la condition que les résultats aient permis de ne pas creuser le déficit voire de le combler, des jours meilleurs sont envisageables avec la livraison du nouveau stade de 43.000 places pour la saison 2015-2016 et des possibilités bien plus importantes en termes de qualité d'accueil et de réceptif.

A moins qu'un milliardaire veuille racheter le club et en faire un nouveau PSG ou un autre Monaco.

Edité par Julien Prétot

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