Ligue 1: Bastia ou l'histoire d'une résurrection

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BASTIA, Haute-Corse (Reuters) - Champion de Ligue 2 au printemps un an après avoir écrasé le National, Bastia connaît depuis deux saisons une renaissance qui se confond avec celle de son homme clé, Jérôme Rothen, dont l'expérience sera capitale cette année en Ligue 1.

Le renouveau de Bastia, qui a connu deux montées successives, s'inscrit dans une période dorée pour la Corse.

L'AC Ajaccio, qui semblait condamné en milieu de saison dernière, s'est maintenu en Ligue 1 tandis que le Gazélec, l'autre club ajaccien, se hissait en Ligue 2.

A l'image du Stade de Reims, lui aussi de retour au plus haut niveau, le Sporting Club de Bastia, finaliste de la Coupe de l'UEFA en 1978, revient dans une division dont il a écrit de belles pages, après sept années de purgatoire.

Cette période aurait pu être bien plus noire pour les Corses. Il y a deux ans, la Direction nationale du contrôle de gestion les avaient rétrogradés en CFA (quatrième division) et il a fallu une subvention de 800.000 euros de la Collectivité territoriale de Corse pour sauver leur place en National.

Malgré ces vicissitudes, Bastia a survolé son championnat et retrouvé la Ligue 2 où le "peuple bleu" qui remplit les tribunes d'Armand-Cesari -10.000 spectateurs en moyenne par match- a de nouveau vu son équipe voler vers le titre de champion.

La résurrection est d'autant plus belle qu'elle se produit vingt ans après la catastrophe de Furiani, qui avait fait 18 morts et 2.400 blessés le 5 mai 1992 dans l'effondrement d'une tribune quelques minutes avant une demi-finale de Coupe de France contre Marseille.

"ENVIE"

Ce succès, le club le doit d'abord à son entraîneur Frédéric Hantz, ancien de Sochaux ou du Mans, qui a relancé sa carrière en se faisant très vite adopter par la ville et les siens. Sous sa conduite, Bastia, meilleure attaque de Ligue 2, a séduit.

Dans ce retour, le club a aussi pu compter sur un autre homme qui avait tout à refaire, Jérôme Rothen, couronné à 34 ans par le titre de meilleur joueur de la saison.

L'ancien international français (13 sélections) sortait de deux saisons noires au Paris Saint-Germain entre blessures et mise au ban par ses entraîneurs.

Resté sans club pendant sept mois, le finaliste de la Ligue des champions 2004 avec Monaco a donc pris le pari de renforcer Bastia où, n'ayant plus les jambes de ses vingt ans mais la même clairvoyance, il s'est recentré pour mener le jeu corse.

"C'est au-delà des mes espérances", disait-il après avoir validé la montée en Ligue 1 avec ce club dont l'une des forces sera, cette saison, la stabilité d'un groupe désireux de prolonger sa belle aventure.

"S'appuyer sur la même ossature est un avantage. Depuis deux ans, le Sporting surfe sur la vague du succès et a emmagasiné de la confiance (...) On a gardé la même envie et l'ambiance est toujours aussi bonne", souligne-t-il.

"On travaille dur, mais dans la bonne humeur. C'est le genre de choses qui te fait gagner six ou sept points. Et c'est ce qui te permet de te dire les choses en face quand tu as un petit coup de moins bien."

Joueur à l'expérience sans équivalent à Bastia, même s'il y côtoie d'autres vieux routiers de la Ligue 1 comme l'ancien Marseillais Toifilou Maoulida, Jérôme Rothen sait qu'il faut aborder la saison avec "humilité".

"Mais non sans ambition", ajoute-t-il.

"Nous ajusterons nos objectifs en fonction des premières journées de championnat. Pour l'instant, je ne m'inquiète pas. On a encore besoin de quatre ou cinq recrues, mais je sais qu'elles vont arriver et avec elles, on sera en mesure de tenir la route."

Ces propos précédaient de peu l'arrivée de l'attaquant brésilien Ilan, qui a fait le court voyage depuis Ajaccio.

A quelques jours de la reprise, Bastia a encore accéléré avec les arrivées de l'expérimenté et solide défenseur central Sylvain Marchal (ex-Saint-Etienne), de l'attaquant Anthony Modeste, prêté par Bordeaux, ainsi que du gardien Landry Bonnefoi.

Seule la suspension pour un match du stade Armand-Cesari semble pouvoir assombrir le tableau. Bastia pourrait avoir à se réfugier sur le continent pour accueillir Reims, un autre club qui revient de loin, lors de la deuxième journée.

Roger Nicoli, édité par Gregory Blachier

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