Ligue 1: Auxerre a bu le calice jusqu'à la lie

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Ligue 1: Auxerre a bu le calice jusqu'à la lie
Ligue 1: Auxerre a bu le calice jusqu'à la lie

par Gregory Blachier

AUXERRE, Yonne (Reuters) - Talent, unité, humilité, il a manqué beaucoup de choses à l'AJ Auxerre qui évoluera l'année prochaine en Ligue 2 à l'issue d'une saison noire conclue dimanche par une soirée cauchemardesque devant son public.

Reléguée dès l'avant-dernière journée et finalement dernière de Ligue 1, l'AJA a subi la colère de certains supporters qui ont provoqué à deux reprises l'interruption du match face à Montpellier, ajoutant la confusion à la déconfiture.

Après avoir connu les fastes de la Ligue des champions, Auxerre avait entamé l'exercice miné par les intrigues politiques et l'histoire a tourné à la tragédie sportive.

Gérard Bourgoin était revenu aux affaires l'été dernier en gagnant une bataille rangée avec le président Alain Dujon.

Très vite, la désunion en coulisses a plombé le club quand il aurait fallu que les différends soient mis de côté, ce que soulignait dimanche soir l'entraîneur, Jean-Guy Wallemme.

"J'ai dit qu'il y avait besoin d'unité dans ce club à tous les étages et ce sera la condition (...) pour que le club rebondisse et reparte vers des choses plus intéressantes", a-t-il dit après la défaite face à Montpellier, sacré champion de France au terme du match (1-2). "C'est ce qui sera le plus dur à construire à mon avis", a-t-il ajouté.

Le spectacle donné par une frange du public auxerrois - chants hostiles, jets de balles de tennis et de fumigènes sur la pelouse - l'a en outre pourtant profondément agacé.

"C'est de la bêtise... C'est pire que de la bêtise, je ne peux pas l'expliquer", a-t-il dit. "On peut comprendre la déception mais on ne peut pas cautionner ce qui s'est passé. Ça peut avoir des répercussions par rapport à la saison prochaine. Les soi-disant amoureux du club le desservent."

S'il a souligné que ces débordements ne "l'amène pas à avoir une image positive du club", laissant entendre qu'ils pourraient l'inciter à partir, Jean-Guy Wallemme a finalement accepté lundi, à l'issue d'une réunion sur la politique sportive du club, de poursuivre sa mission la saison prochaine.

MAUVAISE ANALYSE

Les supporters, qui ont franchi les limites au point d'être évacués par les CRS afin que le match puisse aller à son terme, n'en étaient pas à leur coup d'essai, ayant déjà manifesté avec véhémence leur mécontentement cette saison.

Leur comportement pourrait valoir à l'AJA des sanctions de la part de la Ligue de football professionnel, dont un ou plusieurs matches à huis clos qui ne faciliteront pas l'opération reconquête.

Pour la première fois depuis son irruption en Ligue 1 en 1981, l'AJA jouera à l'étage inférieur et Jean-Guy Wallemme, arrivé en mars pour remplacer Laurent Fournier sur le banc, n'a rien pu y changer.

"Quand on descend, il manque beaucoup de choses", a-t-il dit. "Il y a certainement un manque de talent, un manque d'équilibre dans l'équipe, un peu de malchance par rapport à certaines blessures de cadres qui amenaient une plus-value."

En août, Gérard Bourgoin vantait la qualité de son groupe et voyait ses hommes lutter pour accrocher une place européenne, malgré les départs de Benoît Pedretti et Ireneusz Jelen à Lille.

En leur présence, même si les blessures ont fait de Jelen un intermittent, l'AJA avait arraché son maintien à la 38e journée l'an passé.

Les dirigeants avaient invoqué la présence du club en Ligue des champions, après un exercice 2009-10 achevé à la troisième place, pour expliquer ces travers domestiques.

Mais pour Jean-Guy Wallemme, Auxerre s'est laissé griser par cette aventure européenne.

"Le club n'a peut-être pas fait la bonne analyse sur les quelques années qu'il a vécues", a-t-il plaidé. "Un élève, s'il a un 18 et un 7 ou un 8 à l'école, il ne retient que son 18. J'ai l'impression que ça a été ça la Champions League."

Edité par Gilles Trequesser

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