Ligue 1: au printemps, Nancy reverdit

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par Dimitri Rahmelow

NANCY (Reuters) - Nancy a pris 16 points depuis Noël et, s'il se prend à espérer un maintien qui paraissait inaccessible, l'actuel avant-dernier de Ligue 1 doit surtout son renouveau à un début de printemps particulièrement prolifique, comme l'année passée.

Les Lorrains ont engrangé neuf points sur les quatre matches du mois de mars: trois victoires contre Sochaux, Nice et Rennes pour un court revers sur le terrain du PSG. Un tableau de marche bien plus intéressant que lors des matches aller (11 points).

"Au classement de la phase retour, nous sommes sixièmes de Ligue 1", souligne le président Jacques Rousselot.

"On a retrouvé un football plein d'allégresse. L'ASNL est en vie. La chape de plomb s'est dissipée", ajoute-t-il, évoquant le départ de l'entraîneur Jean Fernandez.

"Mais ne crions pas 'cocorico'. On jouera les places des couillons avec six ou sept autres équipes."

L'euphorie pourrait s'emparer d'un club qui, l'an dernier déjà, s'était sauvé à l'arrivée des beaux jours avec quatre victoires contre Paris, Montpellier et Lyon notamment, et un nul contre Nice. De 18 points à la trêve, Nancy était passé à 36 fin mars.

Mais les situations diffèrent. La saison passée, Nancy était 18e à égalité avec le premier non-relégable à l'issue de la phase aller. Cette saison, il était dernier et avait huit points à reprendre à mi-parcours.

Il y a un an, Nancy avait recruté avec les arrivées de Yohan Mollo et de Sébastien Puygrenier, deux joueurs essentiels de ce bon parcours. Cette fois, il a préféré anticiper la descente en se séparant de plusieurs cadres: André Luiz, Massadio Haïdara et Yohan Mollo.

"Si ! Il y a eu une recrue. Notre coach, Patrick Gabriel. Avec lui, on gagne, tout le monde sait jouer au ballon alors que tout le monde disait qu'on ne savait que défendre et jouer en contres. Il a su tirer le meilleur de chacun", rectifie le défenseur Jordan Lotiès.

"ÇA VA ÊTRE LA GUERRE"

Le directeur du centre de formation a pris début janvier la place de Jean Fernandez, qui venait de démissionner. L'intérim qui ne devait durer que "quelques matches" s'est prolongé et pourrait finalement se poursuivre au-delà de l'été.

L'ancien milieu récupérateur a su redonner confiance à certains et les résultats ont fait le reste.

"Depuis qu'on a repris au mois de janvier, le coach nous dit qu'on n'a que 2% de chances de se maintenir. On joue donc sans pression. Nos deux derniers matches, et les six points pris contre Nice et Rennes, ont installé de la confiance", explique Jordan Lotiès.

Patrick Gabriel a aussi lancé quelques jeunes qu'il connaît bien comme le prometteur attaquant Florent Zitte et a appris à son équipe à s'adapter au jeu de l'adversaire, ce que Nancy ne semblait pas être en mesure de proposer en début de saison.

"Il y a eu un électrochoc, de la fraîcheur, certains joueurs se sont libérés. L'alchimie a pris", résume le latéral Yassine Jebbour, prêté par Rennes en janvier comme "joueur d'appoint" mais qui s'est imposé comme titulaire.

Pourtant, le Breton ne veut pas s'emballer au moment de dévoiler l'échéancier fixé par le vestiaire pour entrevoir une issue heureuse au soir du 26 mai à Brest, 18e et concurrent de bas de tableau.

"Il manque quatre victoires sur huit matches pour être maintenu. La série qui vient contre Troyes, Ajaccio et Evian ? Ça va être la guerre", prévient le jeune défenseur.

Si le maintien était passé l'an dernier par des performances face aux grosses écuries, le bonheur pourrait cette fois venir des confrontations contre les autres mal classés, dont Troyes, lanterne rouge avec 25 points et attendu samedi dans un stade Marcel-Picot à guichets fermés.

"Le match contre l'Estac ? Décisif ! C'est le match de la dernière chance pour eux", juge Jacques Rousselot. "Pas pour nous car nous ne sommes qu'à quatre points de la ligne de flottaison."

Edité par Gregory Blachier

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