Ligue 1: Ali Ahamada, trou d'air à Toulouse

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PHASE DÉLICATE POUR LE JEUNE GARDIEN TOULOUSAIN ALI AHAMADA
PHASE DÉLICATE POUR LE JEUNE GARDIEN TOULOUSAIN ALI AHAMADA

par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Ali Ahamada était sur un petit nuage, mis sur orbite par le bon début de saison du Toulouse FC en Ligue 1 et un but mémorable inscrit contre Rennes. Puis le gardien toulousain est retombé brusquement sur terre à l'automne.

Le portier de l'équipe de France Espoirs a enchaîné les désillusions depuis la mi-octobre, entre la non-qualification des Bleuets pour l'Euro et l'affaissement de son club, qui trébuché au moment de prendre les rênes du championnat et reste sur trois défaites d'affilée en Ligue 1.

A Nice le week-end dernier (1-0), le Franco-Comorien de 21 ans a même été relégué sur le banc au profit d'Olivier Blondel, 33 ans, une situation qui pourrait se reproduire dimanche pour la réception du leader Lyon au Stadium (17h00).

"Olivier jouera parce qu'il mérite de continuer. Je vais au bout de mon raisonnement", souligne l'entraîneur Alain Casanova, qui ne prendra toutefois aucun risque, Blondel ayant ressenti une petite douleur musculaire après le match contre les Aiglons.

Titulaire dans les cages toulousaines depuis avril 2011, portier de la meilleure défense de Ligue 1 l'an dernier - à égalité avec le champion Montpellier -, Ali Ahamada est passé en très peu de temps du sourire au masque.

HÉROS INATTENDU

Fin septembre, sur un ultime coup-franc contre Rennes, le gardien montait dans la surface adverse et signait l'égalisation de Toulouse d'une tête vers l'arrière pas très orthodoxe (2-2).

Peu habitué à jouer les buteurs, le héros inattendu bondissait au-dessus des barrières publicitaires pour partager sa joie avec les supporters du Stadium, estomaqués par ce but, le premier d'un gardien dans le cours du jeu en Ligue 1 depuis Grégory Wimbée en 1996.

Puis, il s'est incliné cinq fois lors de l'élimination des Espoirs contre les Norvégiens en barrage qualificatif pour l'Euro (1-0 à l'aller, 5-3 au retour), mi-octobre.

Et il a été pris, comme tous les Bleuets, dans la polémique née de l'escapade en boîte de nuit de cinq de ses coéquipiers trois jours avant le match retour décisif.

Ses performances s'en sont ressenties, notamment lors de la défaite contre Ajaccio il y a deux semaines, avec quatre buts encaissés à domicile (4-2) dont trois sur lesquels il n'est pas irréprochable.

"Il s'est passé pas mal de choses en deux-trois mois dans sa vie", résume Alain Casanova.

"Entre le but marqué contre Rennes qui a fait le tour du monde, l'élimination avec les Espoirs en prenant cinq buts en Norvège, la virée nocturne avec des rebondissements, des matches un peu moins forts qu'il avait faits auparavant... Il faut peut-être prendre un peu de recul, digérer un peu et revenir encore plus fort."

"ÇA LUI A MIS UNE CLAQUE"

Le technicien toulousain, lui-même ancien gardien de but, veut croire que cette mauvaise passe endurcira son jeune joueur.

"Pourquoi faudrait-il prendre des gants avec lui ? Je pense qu'il est assez réaliste et objectif pour savoir qu'il était moins bien" lors des derniers matches, souligne-t-il.

"Ça ne change rien par rapport à ce qu'on peut avoir comme opinion de lui. C'est un grand gardien et ce sera un très grand gardien. Vous vous rendez compte le parcours qu'il a fait jusqu'à maintenant ? Il est remarquable."

Sourire avenant et voix douce, le natif de Martigues a rejoint le centre de formation du TFC en 2009. Deux ans plus tard, il devenait titulaire en équipe première, un poste qu'il n'a plus lâché jusqu'à ce trou d'air d'automne.

Pour autant, Ali Ahamada ne laisse rien transparaître de sa frustration d'être remplaçant, assurent ses coéquipiers.

"Il ne nous le montre pas mais je pense qu'il l'a mal vécu", juge Etienne Capoue.

"Il a toujours été dans un cocon ici et je pense que ça lui a mis une claque d'être remplaçant. Il se remet en question, je pense qu'il se dit que le foot, ce n'est pas acquis et qu'il faut travailler tous les jours."

Atterrir pour mieux rebondir, en somme.

Edité par Grégory Blachier

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