Ligue 1: Alexandre Lacazette, symbole du Lyon Janus

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LYON AUX DEUX VISAGES
LYON AUX DEUX VISAGES

par André Assier

LYON (Reuters) - Buteur samedi lors de la victoire contre Lille (2-1) après avoir raté son penalty mercredi à Nicosie en Ligue des champions, Alexandre Lacazette incarne les deux visages de Lyon cette saison, décevant un jour, convaincant un autre.

Quel est le vrai niveau du septuple champion de France ? La question occupe tous les esprits des supporters lyonnais tant leurs protégés sont capables en une semaine de montrer tout et son contraire, une habitude étalée depuis le début de la saison au cours des 43 matches déjà disputés dans toutes les compétitions.

"Sur le plan personnel, j'étais sous pression avec l'échec de mercredi. Je voulais me racheter auprès du public, même si ça n'efface pas tout", confie le jeune attaquant lyonnais, qui a ouvert le score contre le champion en titre.

"Ça a été dur à vivre. C'est dur de tourner la page, mais j'essaie de faire au mieux pour oublier tout ça. Là, ça s'est bien passé. Dans le jeu, j'ai su me libérer", ajoute-t-il.

S'il n'efface pas tous les stigmates des récentes sorties de route, le succès face à Lille confirme que l'OL 2012 a décidément les traits d'une équipe atypique qui ira défier samedi prochain à Geoffroy-Guichard un voisin stéphanois en pleine réussite pour un 104e derby qui s'annonce bouillant.

En colère, les fans avaient résumé leur courroux dans une banderole sarcastique: "Onze quiches en Lorraine, revenus Apoel (ndlr, prononcer 'à poil') de Nicosie, c'est quoi votre prochain bide", interrogeait l'une d'elles déployée dans le stade avant le coup d'envoi.

Ils seront vite fixés. Face à Lille, les hommes de Rémi Garde ont été loin de l'attitude amorphe, apathique et désolante de Nicosie ponctuée d'une piteuse élimination face au petit poucet de la compétition (1-0, 4-3 tab).

LA LETTRE DU PRÉSIDENT

Rémi Garde pouvait avoir le sourire car les joueurs ont répondu à son attente: "Oui. En très grande partie. Je pense que ce qu'ils ont fait ce soir était très beau au niveau du jeu sur la première mi-temps. Et au niveau de l'état d'esprit, des ressources qu'ils sont allés chercher pour tenir le résultat."

Même si dans la foulée d'une entame réussie (2-1 à la mi-temps), il a fallu déployer une énergie folle pour conserver l'avantage, Lyon se dit soulagé. "Nous avions à coeur de faire quelque chose pour les supporters. C'était un match important, nous devions réagir à domicile", avoue Mouhamadou Dabo.

Six semaines après sa dernière et unique victoire en phase retour de Ligue 1 (3-1 contre Dijon), Lyon retrouve le sourire.

"Avec cette victoire nous gagnons un capital confiance, continue le latéral lyonnais. Cette semaine nous avons eu du mal à nous préparer, mais il fallait montrer que l'Olympique Lyonnais n'est pas mort."

Quel est donc le secret de cette renaissance qui replace l'OL à une portée du podium, à quatre longueurs à son visiteur du soir? Peut-être une lettre, celle écrite par Jean-Michel Aulas dans son avion personnel au retour de Nicosie dans la nuit de mercredi à jeudi.

Transmise individuellement vendredi après-midi aux joueurs dans leur casier au vestiaire, elle a touché au cour l'effectif.

"Le président est l'homme qui a fait grandir ce club, explique Michel Bastos. Et ses mots ont fait du bien aux joueurs. Il a dit et fait ce qu'il fallait. Et il est toujours derrière ses joueurs."

Ce discours, Rémi Garde l'a appuyé oralement dans une causerie qui a fait trembler les murs du centre d'entraînement de Tola Vologe, vendredi.

La suite, c'est le derby à Geoffroy-Guichard, où pour la première fois depuis longtemps, il sera question entre les deux clubs rivaux d'Europe, voire de billet pour la Ligue des champions.

Edité par Pascal Liétout

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