Ligue 1: À Rennes, les saisons se suivent et se ressemblent

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LE STADE RENNAIS EN PLEIN TROU D'AIR
LE STADE RENNAIS EN PLEIN TROU D'AIR

par Pierre-Henri Allain

PARIS (Reuters) - Encore plein d'ambitions début 2013, le Stade Rennais a de nouveau sombré lors d'une fin de saison calamiteuse où se sont additionnées une défaite en finale de la Coupe de la Ligue et une interminable série noire en championnat.

Selon un scénario désormais familier, le club de l'homme d'affaires François-Henri Pinault pointait à la 4e place en janvier et pouvait légitimement prétendre à une aventure européenne.

Il se retrouve aujourd'hui en milieu de tableau, 10e à quatre journées de la fin du championnat, la faute à une série récente de neuf matches sans victoire en L1, dont sept défaites.

Cette dégringolade n'a été interrompue que samedi dernier par un succès à Brest (2-0).

S'y est ajoutée la défaite au Stade de France (1-0) face à Saint-Etienne qui a de nouveau éloigné le Stade Rennais du trophée après lequel il court depuis 42 ans et sa victoire en Coupe de France en 1971.

Déjà, en 2009, le club avait échoué face à Guingamp en finale de la Coupe de France puis, en 2012, était venue une piteuse élimination par Quevilly en demi-finale.

Cet air de déjà-vu se répète saison après saison malgré d'indéniables atouts puisque Rennes a terminé régulièrement dans la première partie du championnat ces dernières années.

Il ne manque pas d'interroger supporters et dirigeants mais personne ne semble détenir la réponse.

"Pourquoi on a ces trous d'air ? Je n'ai pas d'explications", lâchait récemment l'entraîneur Frédéric Antonetti qui est sur le départ après "deux mois et demi catastrophiques" et quatre saisons où il n'aura pas réussi à faire "franchir le cap" tant attendu à son équipe.

Principales pistes évoquées par le coach corse pour expliquer les dernières contre-performances: des marges de man?uvre limitées en raison d'une infirmerie bien remplie et un "manque d'efficacité" patent dans les vingt derniers mètres.

UN SEUL ÊTRE VOUS MANQUE...

Il est vrai que le décrochage des Rouge et Noir a coïncidé avec la blessure, à la mi-février, de Romain Alessandrini, éloignant pour plusieurs mois des terrains une des révélations de ce championnat et l'un des meilleurs buteurs du club avec dix réalisations.

L'absence d'un seul homme ne saurait cependant expliquer l'effondrement qui s'est produit dans la seconde partie de la saison. Le départ en Russie du milieu de terrain Yann M'Vila a également pesé et des recrutements peu convaincants ne l'ont pas comblé.

Face aux maux récurrents du club, Frédéric Antonetti tente de relativiser en invoquant la théorie du verre à moitié plein ou à moitié vide.

"On est jamais loin d'y arriver mais on y arrive pas", a-t-il résumé récemment tout en jugeant le club jamais bien loin du succès et "sur le bon chemin".

L'entraîneur corse a fait également allusion à plusieurs reprises à l'humilité dont devrait se prévaloir le club phare de la Bretagne qui, selon lui, n'a pas vraiment les moyens de jouer les rôles de premier plan.

"Il faut assumer ce qu'est le Stade Rennais", soulignait-il encore le jour de l'annonce de son départ, fin avril, estimant que les moyens financiers restaient en deçà des ambitions affichées.

Les cordons de la bourse du septième budget de L1 ont été encore resserrés au cours de la saison par la famille Pinault et le Stade Rennais a rétrogradé derrière des équipes moins bien dotées comme Nice ou Lorient.

Lors du match retour contre le Paris Saint-Germain début avril, au Stade de la route de Lorient, Antonetti avait donné sa vision des Rouge et Noir : un "club formateur", dans une "ville moyenne" devant se résoudre à laisser filer ses meilleurs éléments après quelques dizaines de matches.

Le successeur de Guy Lacombe n'aura en tout cas manifestement pas réussi à transmettre à ses protégés cette "culture de la gagne" qui lui tenait à c?ur.

A l'heure des bilans et quitte à se séparer de Frédéric Antonetti, la question du remplacement du directeur sportif Pierre Dréossi, en poste depuis juin 2002, est aussi revenue au goût du jour.

Certains estiment qu'un appel d'air serait le bienvenu pour insuffler une nouvelle dynamique au club mais rien n'a encore été décidé en ce sens.

Edité par Jean-Paul Couret et Olivier Guillemain

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