Ligue 1: à peine remonté, Troyes pense à s'installer

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TROYES, Aube (Reuters) - Cinq ans après l'avoir quittée, Troyes fait son retour dans l'élite du football français avec l'ambition d'y entamer un bail au long cours malgré des moyens limités.

Aux abois il y a trois ans, alors qu'il venait de tomber en National, Troyes s'est reconstruit sous la houlette du duo formé par le président Daniel Masoni et l'entraîneur Jean-Marc Furlan.

Le premier avait fait de la remontée en Ligue 1 son objectif dès sa prise de fonction, alors que le club entamait la saison en National après avoir frayé douze ans aux étages supérieurs.

"Je savais que ma mission -si on peut l'appeler comme ça-, était de ramener ce club, à plus ou moins court terme, au niveau de la Ligue 1", explique-t-il à l'heure où le voeu se réalise.

"Maintenant, c'est vrai que ça a été un peu plus vite que prévu."

S'il met ce retour au premier plan sur le compte d'un effort collectif, Daniel Masoni le doit en grande partie à Patrick Rémy -qui avait permis à l'Estac de ne pas végéter plus d'un an en National-, puis à Jean-Marc Furlan.

Révélé à Libourne Saint-Seurin au début des années 2000, ce fin connaisseur a repris les rênes d'un club où il avait officié pendant trois saisons, dont deux en Ligue 1, entre 2004 et 2007.

Pour son retour sur les lieux de ses premiers faits d'armes sur un banc professionnel, le technicien passé ces dernières années par Strasbourg et Nantes avec un succès pour le moins mitigé, a fait mieux que répondre aux attentes.

Outre qu'il a devancé le calendrier imaginé par son président, Jean-Marc Furlan a réussi à tirer le meilleur d'un groupe bâti avec un budget modeste -même pour la Ligue 2- et qui avait terminé son championnat à la 16e place en 2011.

"À ÉGALITÉ"

Troisième l'année dernière, Troyes a avancé masqué mais avec l'intime conviction de pouvoir accéder à son Graal, à en croire le technicien de 54 ans.

"On le voulait profondément", expliquait-il récemment.

"Au sein du vestiaire, depuis deux ans, on en parlait peu. Mais on avait le sentiment d'être plus forts que la plupart des équipes de Ligue 2."

"Il a fallu transmettre cette confiance au groupe. Maintenant qu'ils ont cette confiance, il faut leur transmettre l'idée qu'ils peuvent jouer en Ligue 1."

Cette conviction est partagée par son président qui, malgré un des plus petits budgets de Ligue 1 -un peu moins de 20 millions d'euros-, croit fermement au maintien.

"On a vu ce qu'il s'est passé la saison dernière avec les promus (deux sur trois, Evian et Ajaccio, se sont maintenus, ndlr)", observe-t-il.

"Il y a deux championnats à ce niveau-là. On fait partie du deuxième mais on est largement à égalité avec la majorité des équipes qui vont démarrer le championnat cette année."

Troyes débutera pourtant avec une équipe plus rompue aux joutes de la Ligue 2 qu'aux soirées de gala, d'autant qu'il n'a pu finaliser un recrutement que Daniel Masoni souhaite "malin".

Le club devra notamment renforcer son arrière-garde après avoir déjà perdu son latéral Djibril Sidibé, parti à Lille, tandis qu'un autre espoir, Fabrice N'Sakala, est très convoité.

Il pourra en revanche compter sur une arrivée de poids, celle de Benjamin Nivet au milieu du terrain, un secteur de jeu déjà attractif l'année dernière.

Le meneur de jeu de 35 ans est venu relever un dernier défi dans un club qu'il a fréquenté pendant plus de cinq saisons, entre 2002 et 2007, séduit par la perspective d'aider la jeune garde à s'aguerrir et de travailler à nouveau avec Furlan.

"Je voulais surtout prendre beaucoup de plaisir et relever un dernier challenge", dit-il. "Ça s'annonce compliqué mais pas insurmontable vu la qualité de l'effectif."

Comme son président et son entraîneur -et quand bien même ses propres saisons au plus haut niveau sont sans doute comptées-, Nivet espère inscrire l'Estac dans la durée en Ligue 1.

"Les premières années sont les plus importantes, sont primordiales pour, après, s'asseoir dans ce championnat et pouvoir espérer mieux."

Gregory Blachier, avec Dimitri Rahmelow

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