Ligue 1: à Nice, le printemps des jeunes pousses avant l'heure

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par Etienne Ballerini

NICE (Reuters) - A l'image de Stéphane Bahoken, 20 ans et auteur d'un doublé face à Montpellier lors de la dernière journée de Ligue 1, les jeunes pousses de l'OGC Nice n'en finissent plus d'étonner.

Lancés dans le bain dans une période difficile, en raison des absences des cadres que sont Dario Cvitanich, Didier Digard, ou encore Xavier Pentecôte, les minots niçois ont tous relevé le défi de l'élite.

Le hasard ayant peu de place au haut niveau, c'est grâce aux moyens consacrés à la formation que Nice, cinquième au classement, peut compter aujourd'hui sur un vivier efficace.

Pour le directeur du centre de formation et entraîneur de la CFA2, Manuel Pirès, les récentes performances de ses pépites ont même dépassé ses espérances.

"Le projet du club qui était d'intégrer à l'issue de leur formation deux à trois jeunes dans l'équipe professionnelle est allé au-delà de nos espérances. Cette année, on a signé six 'contrats pro'", explique-t-il à Reuters.

Avant la formation, il existe un travail de fourmi à faire : la détection. Et là aussi, Nice a su soigner ces dernières années ses relations avec les clubs de la région, de Menton à Sanary-sur-Mer.

Le jeune attaquant Alexis Bosetti (19 ans), transfuge du Cavigal de Nice, illustre à merveille cette politique, tout comme le Franco-Camerounais Stéphane Bahoken, né à Grasse.

Les autres élus s'appellent Neal Maupay (16 ans et demi), Fabien Dao Castellana (20 ans), Moussa M'Bow (21 ans) et Mouez Hassen (18 ans).

Pour le président niçois Jean-Pierre Rivière, il s'agit d'une "richesse" sur lequel le club compte s'appuyer pour son projet de développement, en adéquation avec l'inauguration prochaine de son nouveau stade.

"LES PROTÉGER COMME LE FERAIT UN FAMILLE"

"Il faut avoir la vigilance financière (...) Dans ce contexte, les jeunes qui sont l'un des éléments de notre projet constituent un investissement sur plusieurs années. On va le développer, le perfectionner encore dans le nouveau centre de formation qui sera prêt dans deux ans", explique-t-il.

"Quand on a des jeunes de talent, il faut les faire travailler et oser s'appuyer sur eux. Ils ont répondu au-delà de ce que je pouvais imaginer et je dois dire que Claude Puel a un vrai talent pour ça ! Franchement, je ne pensais pas qu'il irait aussi vite, il est allé au-delà de ce que je pouvais imaginer, il n'a pas peur, il ne regarde pas leur âge !", souligne-t-il.

Pour Jean-Pierre Rivière, il demeure hors de question de laisser ses jeunes pousses perméables aux pressions extérieures, aux sollicitations multiples.

"On a un devoir moral, on doit les armer pour la vie, les accompagner. Ils sont jeunes et exposés, il faut les entourer et les protéger comme le ferait un famille. De nos jours les choses vont de plus en plus vite et la réussite d'un jour peut être remise en cause, il y a le danger de l'explosion", dit-il.

Pour l'entraîneur Claude Puel, qui porte une large part de responsabilité dans l'intégration réussie de ces jeunes joueurs, la seule solution pour qu'ils réussissent était de tout faire pour qu'ils soient prêts et de les plonger dans le grand bain le moment venu, sans forcément les ménager.

"Le haut niveau demande beaucoup d'investissement et de travail chaque jour et à chaque match (...) mais le fil est tellement ténu. La réussite, il faut la provoquer et non pas la subir", estime l'ancien entraîneur de Monaco et de Lille.

"Si à un moment donné de la saison on n'avait pas élargi, il n'y aurait pas eu ce répondant", souligne Claude Puel, qui a également attiré avec lui à Nice deux jeunes Lyonnais, Timothée Kolodziejczak et Jérémy Pied, mais aussi son fils Grégoire.

Edité par Olivier Guillemain et Gilles Trequesser

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